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Blog de Christian Eckert

Articles récents

Rendre Hommage, c'est suivre le chemin !

8 Décembre 2013 , Rédigé par Christian Eckert

Mon billet d'avant hier a provoqué bien des réactions... Tant mieux, le débat est sain...

 

L'ampleur des réactions, leur nombre, leur pertinence parfois, leur violence d'autres fois, m'ont pourtant surpris.

 

J'ai reçu directement ou indirectement de très nombreux messages. 90% d'encouragement ou de remerciement...

 

Aucune gloire à en tirer. Simplement,

 

- à ceux qui ont cru que je voulais faire ma pub ou faire de la récupération politique,

- à ceux qui ont cru que j'aurai pu avoir la vanité de me comparer à Nelson Mandela,

- à ceux qui m'ont fait remarquer que la Gauche n'avait pas le monopole du coeur,

 

je veux tout simplement dire que Nelson Mandela est parti au moment où je voyais les députés d'opposition défiler à la tribune de notre Assemblée Nationale (pas le comptoir du café du commerce), traiter ce gouvernement de laxiste parce qu'il soigne et héberge sans distinguer autrement que par les besoins. Comme si l'origine, la race, la religion, la nationalité, la couleur de peau, ou tout autre critère permettraient de trier des êtres humains entre eux pour les aider...

 

Parmi les nombreux commentaires reçus, l'un d'entre eux résume ma pensée : 

 

" Rendre hommage, c'est suivre le chemin ! "

 

Mon but était effectivement de souligner que beaucoup de ceux qui rendaient hommage à Nelson Mandela, avaient des actes contraires aux valeurs qu'il défendait.

 

Toute autre comparaison serait évidemment prétentieuse et incongrue.

 

 

 

 

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Les hommages hypocrites à Nelson Mandela...

6 Décembre 2013 , Rédigé par Christian Eckert


Nelson Mandela est mort. Le monde pleure sa mort, son peuple chante sa vie.

En son hommage, j’ai choisi de vous raconter un affreux conte de Noël :

Je suis Maire depuis 1987 d’une petite commune de Lorraine, au cœur du pays des mines de fer. Il y a 50 ans exactement, malgré l’occupation durant 79 jours du fond de la mine par les mineurs licenciés, l’exploitation a été fermée, provoquant la ruine sociale de la ville et de ses habitants.

Les cités minières à l’image des corons du Nord sont à l’abandon. La rue la plus dégradée, la rue d’Alsace, héberge dans des minuscules appartements des familles très pauvres pendant de longues années.

Dans les années 90, y vit un couple des plus modestes. Le père, Charly, travaille dur pour un salaire de misère. Je le côtoie dans le vieux bistrot de la grand-mère de ma femme, où il aime venir se réchauffer et boire un ou deux canons, parfois même un peu plus.... Ses deux garçons vont à l’école du village avec mes filles. Tout le monde s’émerveille de leur politesse, leur sérieux et leur propreté.

Une dizaine d’années plus tard, l’épouse de Charly me demande un rendez-vous en Mairie autour du 20 Décembre. Elle arrive, manifestement gênée, s’excuse trois fois de me déranger, et finit par me dire qu’elle attend l’arrivée d’un de ses fils militaire pour sa permission de Noël et qu’elle n’a pas le moindre sou pour garnir la table familiale durant les fêtes. L’autre garçon l’a promue grand-mère d’une petite fille, et la famille aimerait réveillonner comme tout le monde… Je la rassure, lui délivre un bon d’achat d’alimentation du CCAS.

 

Au passage, elle me confie qu’elle est un peu souffrante et n’a même plus le moindre sou pour acheter ses médicaments, « pour la circulation du sang ». Je la dispute un peu : Notre département, administré par mon ami Michel Dinet, est alors un des seuls en France à avoir mis en place à titre expérimental, ce qui deviendra plus tard la couverture maladie universelle (CMU). Je lui recommande de venir voir notre assistante sociale rapidement, pour faire le dossier, et qu’elle n’aura alors plus à avancer l’argent pour se soigner.


Elle me quitte alors, son bon alimentaire soigneusement plié entre les mains, non sans avoir redit ses regrets d’avoir osé déranger « Monsieur le Maire » pour si peu…

Elle n’est jamais revenue voir l’assistante sociale… Le lendemain du réveillon, le commandant des pompiers de ma ville, m’appelle pour me dire que la nuit précédente, les pompiers sont allés rue d’Alsace d’urgence. L’épouse de Charly était morte brutalement, sa petite fille dans les bras, la nuit du réveillon : « La circulation du sang »…sans les médicaments…

Cet affreux conte de Noël n’est pas inventé. Il fait partie de ce qui me pousse à faire de la politique à Gauche.

En ces temps de débat budgétaire, j’ai entendu presque tous les députés de droite dénoncer les dérapages budgétaires de l’Aide Médicale d’Etat (AME), des crédits de l’hébergement d’urgence ou encore les travers du RSA… Pensez donc : ces pauvres, pas toujours français, parfois en situation irrégulière, venus parfois en risquant de se noyer, et qui profitent des soins gratuits ou presque, offerts par un pays qui peine à rester la cinquième puissance industrielle du monde.

Les mêmes me reprochent d’abaisser à 700 000 Euros (vous avez bien lu), le seuil à partir duquel on pourrait utiliser un tout petit peu moins facilement les conditions hyper-avantageuses des placements sur une assurance vie…

Les mêmes, et j’en ai honte pour eux, vont se bousculer devant les caméras pour vanter les qualités exceptionnelles de Nelson Mandela.

Quand j’ai pointé le comportement de Valérie Pécresse avant-hier sur ce blog, ont déferlé sur mon compte twitter plein de messages dont je vous donne un exemple :

Ce que @CECKERT56 n'a pas dit hier 450M€ de suppressions de crédits investissement (RFF) & universités pour
financer dérapage AME/étranger

C'est effectivement ce qu'avait dit Valérie Pécresse.

Toute la journée, ces députés qui stigmatisent les « dépenses de guichet », vont se battre pour défendre les niches fiscales dont Charly n’a pas plus connu l’existence que celle de la CMU qui aurait peut-être permis à son épouse de voir grandir sa petite fille. Mais ils passeront pour faire acte de repentance  par la salle des quatre colonnes, pour dire leur admiration "sans limite" de l’action "sensationnelle" de Madiba !

Moi, je ne dirai rien de Nelson Mandela.

 

J’assumerai toute la journée dans l'hémicycle désert, l’augmentation des crédits de l’AME et de l’hébergement d’urgence, tout comme le plafonnement des niches fiscales. En hommage à Nelson Mandela et à la famille de Charly.

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Valérie Pécresse fait acte de contrition...

5 Décembre 2013 , Rédigé par Christian Eckert

Mon précédent post a fait un peu parler.

 

Dans l'hémicycle, une de ses collègues a fait "un rappel au règlement", protestant contre mes écrits soit-disant machistes...

 

J'ai bien relu, je ne trouve aucun propos sexiste dans ma prose, sinon d'avoir signalé que Madame Pécresse est revenue à sa place chercher son sac à main avant de nous quitter, ce qui j'espère n'a indigné personne.

 

Aucun lecteur ne peut ignorer que le sac à main est un accessoire fréquent chez nos collègues féminines, tout comme la cravatte chez nous autres représentant le sexe masculin, n'est pas un symbole affichant une volonté exagérée de domination machiste.

 

Mais dans une chronologie ressemblant à celle de mardi, ce mercredi a été pour Madame Pécresse l'occasion d'un acte de repentance salutaire. Elle nous a d'abord rejoint plus tôt, avant la pause du dîner pour une grosse vingtaine de minutes.

 

Ce premier geste a été suivi de son retour à la reprise de 21h30, ponctué cette fois d'une longue intervention (cette fois plutôt charpentée et habile je dois le reconnaître) pour participer au débat sur la TVA des centres équestres. En tout deux grosses heures de présence jusqu'à environ 23h15, puisque le débat s'est poursuivi sans elle jusqu'à 1h30 du matin.

 

Comme quoi la transparence des comportements peut contribuer à les faire changer. Et comme quoi, même sans pouvoir absoudre, je peux aussi le signaler avec objectivité.

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A l'Assemblée, la technique de Lourdes : "faire des apparitions..."

4 Décembre 2013 , Rédigé par Christian Eckert

La présence des députés en séance fait toujours parler. C'est normal. Les gens qui nous observent sont choqués de voir des hémicycles vides, des votes acquis avec des nombres ridicules de votants...

 

Récit de la seconde partie de la journée d'hier :

 

Dans l'hémicycle, nous siégeons à partir 15h. De 15h à 16h ont lieu les questions d'actualité, retransmises en direct sur France 3 et LCP jusqu'à 16h. L'hémicycle est bien garni et bruyant, chacun cherche à passer à l'écran, les questions sont formatées, les réponses aussi. Les gens adorent.

 

A 16 heures, des votes solennels ont lieu, le premier sur le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS), le second sur la Loi de Programmation Militaire (LPM). Pour voter, il faut appuyer personnellement sur un bouton situé à sa place nominale, chaque député ne pouvant détenir (par voie électronique), qu'une seule procuration d'un collègue absent. Après de courtes explications de vote (une par groupe), les députés affluent pour voter rapidement.

 

Cela s'achève vers 17h30, et la séance consacrée à la Loi de Finances Rectificative peut débuter, après une courte suspension de séance de quelques minutes.

 

S'expriment alors les Ministres pour présenter les choses. Pierre Moscovici et Bernard Cazeneuve décrivent le texte, sans limite de temps de parole.

 

Comme Rapporteur Général, j'ai droit alors à 10 mn, puis le Président Carrez de la Commission des Finances en fait autant.

 

Sont ensuite défendues deux motions dites de procédure, destinées à l'opposition. Si elles sont adoptées par le vote qui les suit, le texte est renvoyé.

 

Tout cela s'achève vers 20h15 sans encombre, les SMS prévenant les troupes du moment du vote, pour s'assurer d'être majoritaire.

 

Pause dîner, la séance est suspendue jusqu'à 21h30.

 

A la reprise, la discussion générale (DG) peut commencer pour 1h30. Les intervenants se répartissent, proportionnellement à la taille de leur groupe, des tranches de 5 ou 10 mn. La liste et l'ordre des intervenants sont connus.

 

Quelques députés socialistes sont là, AUCUN député de droite. A la fin de l'intervention du premier orateur, Valérie Pécresse entre en scène à 21h40. Elle monte à la tribune, égrène quelques généralités, liste les chiffres des déficits et du chômage de plusieurs pays européens... Affligeant... A la fin de son intervention, UN député de droite arrive, inscrit plus loin dans la DG... Il a juste le temps de s'asseoir pour applaudir seul l'ex-ministre du Budget sans avoir entendu le contenu du propos de sa collègue.

 

Celle-ci quitte la tribune, va prendre son sac à main à sa place, et quitte aussitôt l'hémicycle. Il est 21h50. Elle nous fait un au-revoir gracieux de la main en clignant des yeux, dépose délicatement un bisou sur sa main et souffle dans notre direction en souriant triomphalement... Au moins, elle assume !

 

Dix grosses minutes, et Madame la députée pourra se prévaloir de son propos sur les plateaux télé, dans les dîners en ville, sur son blog et avec un peu de chance, être citée dans une dépèche AFP.

 

Nous ne la reverrons plus de la nuit. Dommage. Elle aurait pu s'opposer à des amendements, donner son point de vue sur la réforme technique de l'Assurance Vie ou encore proposer des modifications budgétaires durant la séance de travail achevée vers 1h30 du matin...

 

J'appelle cela la technique de Lourdes : "Faire des apparitions".

 

La technique de Lourdes a un avantage majeur : Comme les pains, les apparitions peuvent se multiplier plusieurs fois par jour, dans des endroits différents ! Bien organisées, les apparitions peuvent donner l'impression d'une activité énorme.

 


Hélas Valérie Pécresse est loin d'être un cas isolé. Il y en a sur tous les bancs...

 

L'image des parlementaires se dégrade... Le populisme se répand... A nous de veiller à notre comportement.

 

Les transmissions sur Internet ou sur LCP des longues séances de travail permettent de plus en plus aux citoyens de trier le bon grain de l'ivraie. Les sites relatant l'activité des députés aussi.

 

Lourdes, multiplication des pains, bon grain de l'ivraie, gardons quand même la foi... en la démocratie !

 

On verra cet après-midi et cette nuit si Valérie Pécresse vient racheter ses fautes !

 


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Retraites "chapeau" : bilan et perspectives...

30 Novembre 2013 , Rédigé par Christian Eckert

La retraite chapeau de Monsieur Varin, PDG de Peugeot, a choqué une nouvelle fois bon nombre d’entre nous. Le Président du Groupe des députés socialistes m’a demandé d’alimenter la réflexion commune. Ce travail technique sera achevé dans une dizaine de jours. Avec mes collègues, nous déciderons alors de la suite…

Qu’est ce exactement qu’une retraite chapeau et qui en bénéficie ? :

Une retraite dite chapeau est en fait une retraite supplémentaire différée, ce terme regroupant plusieurs situations juridiques… En simplifiant très largement, l’entreprise s’engage à verser des revenus lors du départ à la retraite du bénéficiaire, afin de compenser les pertes de revenus du bénéficiaire. Elle peut le faire en provisionnant dans ses comptes les montants nécessaires, (auquel cas ces provisions diminuent son impôt sur les sociétés), elle peut aussi confier ce rôle à un assureur extérieur…

Les bénéficiaires les plus connus sont les dirigeants des grandes entreprises privées, à l’image du PDG de Peugeot. Mais il y a de très nombreux bénéficiaires de retraites chapeau « modestes », car dans de grandes entreprises, pour compenser les pertes de salaire liées au mode de calcul sur les « 25 meilleures années », les accords d’entreprises ont prévu des retraites de ce type pour de très nombreux salariés. C’est par exemple le cas des anciens salariés de la sidérurgie en Lorraine. Il semble que les bénéficiaires de ces prestations soient entre 1 et 2 Millions de retraités.

Qu’est ce qui a été fait jusqu’alors, pour moraliser ces dispositifs :

Le droit actuel surtaxe les retraites chapeau à hauteur de 14% au-delà de 1 000 Euros par mois. Les plus modestes ne le sont qu’à 7%. En fait, en incluant les impôts et les contributions sociales, les retraites chapeau supérieures à 24 000 Euros par mois  sont imposées à 68%. Une tentative récente pour aller plus loin a été invalidée par le Conseil Constitutionnel qui a estimé qu’au delà de ce seuil, l’impôt serait confiscatoire.

Le Parlement est en train d’examiner la mise en place pour deux ans, de la taxe à 75% versée par les entreprises sur les rémunérations supérieures à 1 Million d’Euros par an pour un de leurs salariés.  Il est à remarquer que le texte à ce stade, inclut bien les retraites chapeau dans le calcul de l’assiette taxable.

Le Gouvernement de Jean Marc Ayrault a donné l’exemple en plafonnant les rémunérations dans les grandes entreprises publiques. Elles le sont à hauteur de 450 000 Euros par an. Cela peut paraître beaucoup, mais c’est à l’évidence beaucoup moins que dans le secteur privé.

Devant les affaires qui se sont développées depuis quelques années, et devant le caractére choquant des rémunérations extravagantes en période de crise, alors même que des efforts sont demandés aux salariés, le MEDEF et l’AFEP ont élaboré une charte des bonnes pratiques en juin dernier. Il existe un Haut comité de suivi… Force est de constater que ceci ne fonctionne pas.

Dans le cas de Peugeot, le cautionnement par l’Etat du prêt de 7 Milliards nécessaire à la survie de Banque Peugeot, a donné lieu à la signature d’une convention que j’avais en son temps demandée. Sans trahir la confidentialité de ce document, je puis indiquer que les rémunérations variables, stock options et autres attributions gratuites d’actions sont pour l’heure soumises à agrément de l’Etat. Cette disposition ne concerne pas Monsieur Varin dont le contrat est antérieur.

Que peut-on faire de plus et dans quelles conditions ? ;

Par principe, il faut éviter les lois de circonstance qui ne répondent souvent qu’à quelques cas, entretiennent la confusion, et engendrent souvent la déception.

Il faut aussi veiller aux principes constitutionnels portant sur les libertés et sur les niveaux d’impositions jugés confiscatoires.

Quelques pistes parmi celles que j’explore pour proposer des choix à mes collègues : Elles peuvent évoquer le plafonnement à défaut de l’interdiction ; elles peuvent conditionner les versements aux résultats économiques ou sociaux des entreprises ; elles peuvent contraindre à généraliser les retraites chapeau à tous les salariés ; elles peuvent dissuader en taxant plus les entreprises ou en réintégrant leurs provisions dans l’assiette de l’IS ; elles peuvent aussi réduire le montant du CICE versé de tout ou partie des retraites chapeau versées.

Pour chacune de ces options, il faudra en vérifier la constitutionnalité, la faisabilité technique et bien sûr l’opportunité politique. Nul doute que les futures assises de la fiscalité  des entreprises évoqueront ce sujet, en tirant les conclusions de ce dernier avatar. En tout cas, la remise à plat demandée par Jean Marc Ayrault le fera… J’y veillerai.

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Fiscalité : premières questions...

26 Novembre 2013 , Rédigé par Christian Eckert

Le débat fait rage, et tant mieux ! Le Premier Ministre a sans nul doute pris une initiative salutaire en annonçant mardi dernier une nouvelle étape dans notre travail législatif sur la fiscalité.


Salutaire car la violence, la caricature, le corporatisme, la mauvaise foi s’installaient dans le débat public, au risque de mettre en péril un des piliers du pacte républicain à savoir le consentement à l’impôt.


Pourquoi maintenant, certains disent même pourquoi aussi tard ?


 Il faut rappeler-ce que nous n’avons pas assez fait- la situation d’il y a 18 mois : la France était sous la pression des marchés financiers sur l’Euro et sous la pression de l’Union Européenne qui l’appelaient à réduire d’urgence ses déficits publics pour ensuite contenir l’augmentation de la dette du pays. Soyons fiers du chemin accompli : les déficits se sont réduits de 30% en deux ans, la France, et donc ses entreprises et ses habitants empruntent à des taux historiquement faibles sans que le socle du modèle social et sociétal français n’ait été mis à mal, à la différence d’autres pays. Nous l’avons fait en réalisant des économies sans renoncer aux priorités que sont l’éducation, la justice et la sécurité. Nous avons aussi demandé des efforts contributifs principalement à ceux qui en avaient la capacité, peut-être un peu plus largement que ce que nous avons prévu. Mais les urgences imposées par l’héritage de la crise et des dix ans de gestion de la droite ont imposé ces réponses d’ailleurs reconnues par la Commission Européenne qui nous a accordé les délais indispensables pour aller plus loin mais moins vite vers un redressement possible sans renoncement à nos valeurs.


Nouvelle étape car en 18 mois des pas importants ont été faits :


La récente évolution fiscale a toujours été guidée par le principe de justice. Rétablir l’impôt sur la fortune, créer une tranche d’impôts à 45% pour les revenus supérieurs à 150 000 € par part, taxer à 75% les très hauts revenus, imposer les principaux revenus du capital comme ceux du travail, plafonner les niches fiscales à 10 000€ par ménage, autant de mesures qui n’ont pas affecté le budget de la plupart des lecteurs de ce blog ! Le premier acte de notre législature a été d’annuler les 13 Milliards de hausses de TVA prévus par nos prédécesseurs et pesant sur les ménages, qui devaient compenser 13 Milliards d’allègement de cotisations sociales des entreprises. Nous avons de notre côté prévu 6.5 Milliards de hausse de TVA entrant en vigueur en 2014 servant à réduire de 20 Milliards les impôts des entreprises. Nous avons aussi assumé des décisions antérieures à notre arrivée : gel du barème de l’impôt sur le revenu, suppression progressive de la demi-part ditE des "veuves", sans compter quelques lourds contentieux perdus à Bruxelles pesant pour plusieurs Milliards dans nos comptes…


Quelles options sont aujourd’hui sur la table :


Affirmer que l’impôt doit être plus juste, plus progressif, plus simple et plus stable peut rassembler tout le monde, mais ne suffit pas. Nous devons nous engager dans ce débat avec ces objectifs, mais aussi ne pas oublier de nous poser d’autres questions : Quels transferts entre la fiscalité portant sur les ménages et les impôts pesant sur les entreprises ? Quel rythme de réduction de la dépense sans mettre en danger les services publics et sans plonger le pays en récession ? Quels moyens de recouvrer l’impôt en évitant l’optimisation et la fraude tout en respectant la vie privée ? Quel calendrier de mise en œuvre en restant lisible, tout en évitant les transferts brutaux qui pourraient déstabiliser ?


L’impôt sur le revenu (IR)et la CSG :


C’est un point important, mais c’est loin d’être le seul. Et pourtant… J’ai testé auprès de quelques amis : « Savez-vous combien vous payez d’impôts sur le revenu ? ». J’ai eu 100% de réponses positives. « Savez-vous combien vous payez de CSG ? ». J’ai eu 100% de réponses négatives. Moi-même, pourtant censé être au fait de ces questions, ai dû éplucher mes papiers personnels durant ce week-end pour en avoir une idée… Pourtant, la CSG représente aujourd’hui environ 90 Milliards de recettes alors que l’impôt sur le revenu ne produit qu’environ 75 Milliards ! L’IR est progressif, la première tranche est imposée à 0%, la seconde à 5,5%, … , la dernière à 45%. La CSG est proportionnelle pour les revenus salariés et les fait tous contribuer à hauteur de 7,5% (en simplifiant). L’IR tient compte de la composition du foyer fiscal, la CSG est individualisée… Sachant que globalement les français paient aujourd’hui plus de CSG que d’IR -ce qui n’était pas le cas lors de la création de la CSG-, je plaide pour un rapprochement de ces deux impôts.

 

Bien d’autres questions se posent et se poseront durant la période à venir : fiscalité de la transmission, place de la TVA, fiscalité locale, taxes affectées… Essayons de les aborder avec le souci de « l’intérêt général, qui est plus que la somme des intérêts particuliers » (JJ ROUSSEAU : Du Contrat Social - 1762- )

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Europe, l'ambition fait défaut...

23 Novembre 2013 , Rédigé par Christian Eckert

Malheureusement, la nouvelle est passée inaperçue... Et pourtant !

 

"Les Echos", journal économique sérieux et faisant référence dans le monde politico-économique, en a pourtant parlé le 30 octobre dernier. Le lien est ici.

Chacun pourra vérifier qu'après un travail de plusieurs années, avec un budget de 89 300 Euros, un rapport de 122 pages disserte sur la taille des chasses d'eau, la forme des abattants, le nombre d'urinoirs par pays de l'Union... Le but de ce travail essentiel est de rédiger une directive, pour mettre en place un label permettant aux usagers de savoir si l'endroit de leur soulagement est respectueux de l'environnement. Le progrès fait rage !

Avant cela, de nombreux et sérieux travaux ont évoqué les dangers et les avantages des carottes biscornues, des concombres courbes et du diamètre optimal des choux de Bruxelles... Il semble aux dernières nouvelles que l'idée de réglementer ces paramètres fondamentaux de notre confort quotidien ait été abandonnée. Une brise de liberté dans un vent de folie.

Car si nous avons pour l'heure échappé à la normalisation des légumes et des lieux d'aisance, nous sommes par contre bien encadrés sur des sujets importants.

Je lisais à l'instant que le Sénat venait de voter le maintien des taux de TVA réduits sur les activités des centres équestres...

 

Premièrement, le Sénat peut adopter sans crainte toute proposition d'amendement dans un texte ! Au final, ils votent contre le texte, qui revient donc devant l'Assemblée Nationale dans l'Etat où il l'a quittée. Le défoulement et la démagogie sont à leur paroxisme, ce qui contribue allègrement au discrédit des parlementaires !

Deuxièmement, un singulier attelage de deux sénateurs (Jean Vincent Placé et Chantal Juanno) cosignent cette proposition dont il faut connaître le contexte : La France a été condamnée par l'Union Européenne pour manquement sur manquement aux règles communautaires de TVA. Le début de la procédure date de 2009 et tous les Gouvernements ont résisté le plus longtemps possible. Maintenir cette position coûtera des dizaines de Millions d'Euros d'amende. D'autres cas similaires coutent encore quelques MILLIARDS à notre pays. C'est irresponsable de faire voter au Parlement une proposition que chacun sait hors des règles communautaires.

Pour
autant, l'exemple des centres équestres - mais on pourrait en dire autant de certains services à la personne et de quelques autres sujets - démontre l'absurdité de certains textes et règlements communautaires.

 

L'Europe est technocratique, l'Europe est sans dialogue social, l'Europe est soucieuse de libre circulation de main d'oeuvre et de capitaux, l'Europe est pourtant sans transparence  bancaire ni harmonisation fiscale, bref, l'Europe reste sans ambition ni projet.

Si l'Union a su opportunément impulser en son temps un projet comme Airbus, elle est aujourd'hui incapable de fédérer ses moyens à oeuvrer sur l'énergie, sa nature, son évolution, son stockage ou son acheminement.


Elle est incapable de choisir les options à retenir ensemble pour les infrastr
uctures des transports de demain. La question de l'écotaxe n'aurait-elle pas trouvé une meilleure échelle de réflexion au niveau des flux européens ?

Elle est prompte à verser des larmes devant les naufrages des boat-people et infichue de décider d'une politique coordonnée des flux migratoires.

Elle s'est formée sur les cendres de terribles conflits, pour é
viter leur répétition, mais n'arrive jamais à décider de la moindre action commune face aux extrémismes qui minent certaines régions du Monde en menaçant de s'étendre.

Je souhaite que mon Pays, que mon Parti, porte quelques uns de ces débats lors des prochaines élections Européennes, avec les valeurs humanistes qui  nous caractérisent...

 

Ou alors, on peut essayer de normaliser les pommes de douche !

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Parler et faire parler...

23 Novembre 2013 , Rédigé par Christian Eckert

Patrick Roger est un journaliste qui connait bien l'Assemblée. Souvent, tard dans la soirée voire dans la nuit, il est seul dans les tribunes à suivre les débats "en live". Le vrai travail parlementaire se mesure là....

 

Beaucoup d'autres se contentent de fréquenter la salle des 4 colonnes les mardi et mercredi autour de la séance des questions d'actualité...

Patrick Roger m'avait dit récemment suivre avec intérêt ce blog. Il en a fait un article sans concession, fort bien écrit et plutôt flatteur, dans "Le Monde Magazine" de ce samedi.

Le lien est                                      ici

 

Comme quoi, parler (ou plutôt écrire) peut faire parler (et même écrire)...

 

Si cela pouvait en plus faire réfléchir et agir... 

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Coiffer un bonnet rouge, c'est choisir son modèle social !

12 Novembre 2013 , Rédigé par Christian Eckert

Depuis 18 mois, le travail de notre majorité n’est évalué qu’au travers des efforts demandés pour réduire les déficits. Il est de temps en temps nécessaire de rappeler aussi ce que nous avons mis en place pour les conduire une politique de solidarité en rupture complète avec nos prédécesseurs :


  •      Relèvement de 25% de l’ARS en 2012 puis +1,2% en 2013 

 

  •      Revalorisation de l’allocation de soutien familial de 25% sur 5 ans 

 

  •      Revalorisation du complément familial de 50 % sur 5 ans 

 

  •      Création de 275 000 solutions d'accueil pour la petite enfance par l’augmentation du fonds national d’action sociale (FNAS) de la branche famille, qui progressera de 7,5 % par an, pour atteindre plus de 6,5 Md€ en 2017, soit 2 Md€ de plus qu’en 2012 

 

  •      Création de 55 000 bourses annuelles de 1 000 euros pour les étudiants dont les revenus des parents sont inférieurs à 33 K€ / an 

 

  •      Création d’un nouvel échelon de bourse (l'échelon 7) pour les étudiants dont les revenus des parents sont inférieurs à 7,5 K€ / an 

 

  •      Modification des rythmes scolaires 

 

  •      Contrats aidés et contrats de génération 

 

  •      Création d’un contrat d’insertion pour les jeunes sans qualification 

 

  •      Création d’une aide forfaitaire de 5 000 euros à l’embauche de jeunes résidents de ZUS 

 

  •      Relèvement du SMIC et du traitement minimum des fonctionnaires 

 

  •      Revalorisation des rémunérations des agents de catégorie C et création d’un 8e échelon 

 

  •      Revalorisation du RSA socle de 10% sur 5 ans (en plus de l’indexation annuelle sur l’inflation) 

 

  •      Hausse de 8,5 % de l'Allocation pour adulte handicapé (AAH) 

 

  •      Généralisation du tiers-payant 

 

  •      Relèvement de 8,3 % du plafond des ressources prises en compte pour bénéficier de la Couverture maladie universelle complémentaire et de l'Aide à la complémentaire santé 

 

  •      Compté pénibilitépour les entreprises (une dépense de 2,5Mds€ en 2020 pour 800M€ de recettes seulement) 

 

  •      Création de 4 500 places d’accueil en hébergement d’urgence (en plus des moyens supplémentaires accordés à l’automne 2012) 

 

  •      Garantie universelle des risques locatifs 

 

  •      Lancement de la caution locative étudiante 

 

  •      Création d’un RSA jeune (18-25 ans) 

 

 

Cette liste est reprise d’un document de l’UMP qui dénonce comme un gaspillage ces 20 mesures de solidarités que nous avons mis en œuvre !

 

Qui plus est, il faut aussi rappeler que dès notre arrivée, nous avons supprimé la hausse de la TVA votée par nos prédécesseurs, qui devait sous forme d’une TVA dite sociale, ponctionner de 13 Milliards d’Euros le pouvoir d’achat de tous les français pour diminuer d’autant les contributions sociales des entreprises.


Ces 13 Milliards d’allègements de cotisations sociales des entreprises, ont été remplacés par 20 Milliards de réduction d’impôts (CICE) des entreprises, destinés à favoriser leur développement,  financés cette fois pour moitié par des économies de dépenses de l’Etat !


Le déficit public qui dépassait les 100 Milliards en 2011, sera ramené autour de 70 Milliards en 2014. Il est faux de penser que la politique menée est sans résultats budgétaires.


Bien sûr l’emploi reste un souci majeur, mais dans ce domaine, la France ne se refera pas une santé en 18 mois après des années de perte de compétitivité.


Enfin, l’enjeu est de conserver à la France son modèle social :


  • Chez nous, on soigne tout le monde avec un reste à charge limité au maximum. On entre à l’hôpital avec une carte Vitale et pas avec une carte de crédit personnelle.

 

  • Chez nous, l’école est gratuite, laïque et républicaine. Veut-on la réserver aux enfants et adolescents dont les parents peuvent en assurer le coût ?

 

  • Chez nous, la retraite est assurée par répartition. Elle n’est pas réservée à ceux qui ont eu les moyens de capitaliser toute leur vie durant.

 

  • Chez nous, tout le monde bénéficie des prestations familiales, des aides au logement, des indemnisations du chômage.

 

 

 

C’est l’existence même de ce modèle, issu de notre histoire, que nous avons choisi de préserver.


Cela passe par des contributions sociales ou des impôts ; cela peut et doit aussi évoluer, suivre les évolutions de la société : Aujourd’hui, on vit plus longtemps, et ne pas l’intégrer dans une réforme des retraites serait irresponsable. Aujourd’hui, il y a plus de personnes âgées à soigner et à prendre en charge. Les progrès bienvenus de la médecine ont en outre renchéri le coût unitaire des soins. L’ignorer feraient s’aggraver les déficits des régimes de santé et mettrait en cause leur existence.


La droite et l’extrême-droite ont régulièrement proposé un choix différent : Laisser à chacun couvrir par ses propres ressources la couverture des besoins personnels issus des accidents de la vie.


A chacun de choisir avant de coiffer son bonnet rouge, et de voter aux élections.

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Voyage, Voyage... Guillaune Pepy réagit à son tour....

6 Novembre 2013 , Rédigé par Christian Eckert

 

Mon, petit coup de gueule sur les files d'attente

de la gare TGV de Roissy

(à revoir ici)

a fait réagir le Président de SNCF;

 

Il reconnait et s'engage : à suivre...

 

 

SNCF page 1

 

 

 

SNCF page 2

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