De retour de vacances à Marrakech, je retrouve l'Assemblée Nationale ce mardi. La réunion du groupe de ce matin a fait un point politique, après un 1° mai en que la droite minimise un peu vite à mon sens...

Avant de partir, j'ai eu le plaisir de lire dans le Républicain Lorrain le "classement des députés", un peu incomplet à mon sens, mais qui me fait la part belle. Les parlementaires sont des hommes publics, qui doivent encaisser des critiques, pas toujours fondées. Ils le savent et doivent l'accepter. Alors pourquoi ne pas se réjouir lorsque les critiques sont positives ? J'ai en tout cas le sentiment de faire mon boulot, ce qui d'ailleurs ne me gène pas énormément, vu le plaisir que j'y trouve... Avoir la chance de participer à des débats riches et passionnants à Paris, en cotoyant des femmes et des hommes partageant des passions, des connaissances, des idées et des convictions, ne m'empêche pas de retrouver avec bonheur les gens de chez moi, qui façonnent leur territoire, qui vivent leurs propres difficultés et leurs propres plaisirs.

Ce lundi, j'ai travaillé beaucoup sur le terrain : Région, Hôpital de Longwy, projet sur Trieux, question de l'eau à Tucquegnieux....
Ce matin, le retour à Paris est tout en contraste : Mégalomania du Président, partage d'expériences avec les collègues, préparation du travail législatif, courriers, débats politiques avec Martine Aubry, séance dans l'hémicycle sur la loi Hadopi prévu en nocturne.
Les vacances sont (presque) oubliées. Elles m'ont requinquées... Pas vrai ?

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Un petit regret, je n'y étais pas ! j'étais rentré jeudi, de bon matin, car beaucoup de rendez-vous m'attendaient ici, à Longwy.

Mais j'avais déjà vécu cela, car il n'est pas exceptionnel que -via des appels SMS par exemple-, nous essayions de faire un "coup" en rassemblant le maximum de députés présents pour se retrouver un instant majoritaires dans l'hémicycle.

Cela, nous l'avons souvent tenté, mais rarement réussi. Car lorsque la droite, qui compte aussi bien que nous, réalise le danger, elle gagne du temps, fait suspendre la séance, et rameute ses troupes. La technique parlementaire donne plein d'outils pour le faire.

Mais, lorqu'il s'agit d'un texte où la droite est mal à l'aise, cela ne fonctionne pas : deux précédents notables : le premier sur les OGM, et le second sur le travail du dimanche. Dans ce dernier cas, ils ont suspendu l'examen du texte car ils ont senti qu'ils seraient battus !

Aujourd'hui, ils pleurenichent, crient à la manoeuvre, et tentent de minimiser la chose !

Les députés socialistes seraient coupables d'avoir été là pour voter, plus nombreux que ceux de droite ! Quelle inepsie !! On croit rêver.

La droite compte au total près de 50% de députés de plus que nous. Ils sont majoritaires quand ils veulent !

Ils oublient de dire que parmi les présents chez eux jeudi dernier, au moins trois ont voté contre : 2 nouveaux centres et Marc Le Fur !!! J'ai visionné la vidéo !!!

Les autres ne sont pas venus car ils ont été assaillis, tout comme moi, des centaines de mails qui montraient l'impopularité de la mesure. Ils se rendent compte que le Président les rend impopulaires de façon chronique !

Cela renforce notre détermination. Je suis heureux du résultat. Il faudra confirmer, mais les français savent que les parlementaires socialistes sont combattifs et résistent tant qu'ils peuvent.





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Ce mardi, le mépris du Parlement m'a frappé... Encore plus que d'habitude :
  • Avec Bruno Leroux et Hervé Féron, nous avons évoqué le redécoupage électoral en Meurthe-et-Moselle. La droite a décidé de "flinguer" Hervé, en mettant son canton dans la circonscription de Lunéville, et en réservant des circonscriptions sur mesure aux députés de droite. Moi, on me rajouterait Briey, canton de Gauche (il y a Joeuf). La circonscription sera renforcée à gauche, même si le PC restera pour moi un concurrent au premier tour. Pasque n'est plus là, le charcutage demeure.
  • A la réunion de groupe de 11 heures, nous avons examiné le projet de nouveau règlement de fonctionnement de l'Assemblée, qui, comme nous le prévoyions, mettra en place le "temps guillotine" qui restreindra considérablement notre capacité d'opposaition. Les prétendus droits nouveaux du Parlement sont vraiment de la poudre aux yeux !
  • Durant les questions d'actualité, le cynisme des ministres a été scandaleux. En réponse à une question de notre collègue et amie Corinne Ehrel, la Ministre de l'écologie a dit : "Nous n'avons pas besoin de vous pour savoir qu'il existe des inégalités sociales" ! Comme si la droite n'était pas au pouvoir depuis 7 ans et que Madame Lagarde n'avait pas vanté les vertus des places boursières et de la libre finance mondiale ! Cette sous ministe a répondu en 40 secondes, à côté de la question.
Toute la question reste de savoir comment réagir, car résister ne suffit plus. Les élections Européennes à venir ne seront pas porteuse pour nous. En réunion avec quelques collègues durant l'après-midi, nous avons dressé un constat bien morose de la situation. La tension monte dans le Pays, et la droite guette le moment de provoquer les traditionnels réflexes sécuritaires.

Hier pourtant, Manuel Valls a reçu Eric Besson dans sa ville. Que fait-il encore au groupe socialiste ?

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Ce n'était pas un poisson d'avril ! Ma permanence avait été contactée par mail, 6 jours avant, et malgré ma réponse positive, les nouvelles tardaient à arriver. J'étais pourtant bel et bien invité à Strasbourg vendredi dernier.

L'invitation concernait la visite de Barack Obama au Rhénus de Strasbourg, à un meeting où un peu plus de 3 000 personnes, essentiellement des jeunes, lycéens et étudiants,
étaient conviées à entendre le Président des États Unis et à lui poser des (rares) questions.

Parti en train de bon matin, le rendez-vous était fixé dans un multiplex en périphérie où un taxi me conduisit en espérant éviter les zones "interdites". J'arrivai en avance, et commençai les files d'attentes précédant les convois en bus qui nous emmenèrent sur le site.

Évidemment beaucoup de forces de police, et des hélicoptères de taille impressionnante, stationnés partout ou en vol dans un ciel encombré.

Un filtrage systématique, sévère mais courtois, effectué par un service d'ordre "comme à la télé", colosses aux costumes stéréotypés, le plus souvent américains.

On me conduisit à une tribune d'invités où je retrouvai Nathalie Griesbeck, députée européenne, une des rares personnes que je connaissais. Impossible d'acheter un casse-croûte ou une boisson, la file d'attente étant démesurée.

Peu après 14 heures, avec une bonne demie-heure de retard, le Président arrive avec sa Michèle de femme, tout sourire et poignée de main facile. Je suis dans les gradins, à une bonne cinquantaine de mètres, pas mal placé mais mon bras n'est pas assez long....pour un contact direct !

Discours en anglais, aucune traduction, je comprends assez bien mais décroche souvent car la concentration est difficile. Le propos est généreux, mais me parait un peu général : siècle à construire, paix, amour, écologie, engagement de tous, solidarité... Un public chaleureux, même si le nom de Sarkozy inspire quelques (légers) mouvements d'humeur.

Une forêt de doigts demande à poser des questions, il y en aura cinq, le plus souvent posées par des américains résidant en Europe. L'homme est détendu, ne parait pas pressé, et captive l'attention. Le moment est pour moi historique et savouré comme tel.

Plus d'une heure de présence, un dernier tour de piste pour serrer des mains, et le show s'achève. Même trajet de retour, mais pas de taxi et une longue marche à pied pour rejoindre la gare. Le sandwich et le bretzel de chez Paul font du bien, je n'avais rien pris depuis la veille et il était 16 heures. J'ai des réserves diront certains...

J'attrape un train et Laurence au passage à Metz et me voilà revenu à Trieux. J'ai bel et bien vu le Président des USA, un grand souvenir.

Une seule question subsiste : pourquoi ai-je été invité ? Je n'ai croisé que de rares parlementaires, tous alsaciens, et mes amis députés lorrains n'avaient pas reçu d'invitations. Mes origines (lointaines) alsaciennes y seraient-elles pour quelque chose ?

Bof, ce qui est pris est pris... J'y étais, j'en suis un peu fier et surtout très heureux.

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Responsable en septembre dernier pour le Parti Socialiste du projet de loi relatif à la « dynamisation des revenus du travail », j'avais déjà alerté le gouvernement sur les rémunérations aussi variables que déraisonnables des primes de bienvenues (golden hello), des stocks options (primes de présence), des parachutes dorés (primes de départ) ou des retraites chapeau (primes d'après-départ).


J'avais demandé à l'époque, à travers des amendements, que la loi interdise, limite, fiscalise ou assujettisse à contributions sociales ces primes démesurées. Mais le Ministre des Affaires Sociales de l'époque, Xavier Bertrand, avait repoussé l'ensemble de mes propositions, s'en remettant à la charte de bonne conduite du Médéf et de l'Association française des entreprises privées (l'Afep)...


On voit aujourd'hui le résultat! En ces temps de crise et alors que des scandales éclatent chaque jour, le gouvernement tente tant bien que mal de corriger le tir en créant un décret au rabais, qui ne concerne que quelques personnes et que certains types de rémunération et qui est limité dans le temps. Ce décret riquiqui autorise les abus et les écarts de rémunérations actuels.


Le choix du gouvernement d'éviter l'examen d'une loi au Parlement est symptomatique de la bombe à retardement qu'il porte à bout de bras.


Le décret ne concerne en rien les entreprises aidées par les Régions, les Départements, l'Europe ou les autres collectivités territoriales, qui gèrent aussi des fonds publics.


La Lorraine en sait quelque chose, avec les exemples de Daewoo ou de Mittal pour ne citer que ceux là !


La crise d'aujourd'hui nécessite des efforts de tous, et renforce notre exigence de justice, de transparence et d'équité. Elle rend aujourd'hui nécessaire la rupture avec des pratiques qui certes ne concernent pas tous les dirigeants d'entreprises, mais qui sont légitimement jugées insupportables par les jeunes sans emplois, les salariés licenciés, les personnes contraintes au chômage partiel, les retraités, qui tirent tous le diable par la queue.



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