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Blog de Christian Eckert

Luc Chatel pose une vraie question, et apporte une médiocre réponse

30 Janvier 2011 , Rédigé par Christian Eckert

L'apprentissage scientifique, et en particulier celui des mathématiques, est en perte de vitesse. Luc Chatel a raison de poser le problème car notre pays a encore dans le domaine scientifique une vraie réputation mais on en ressent l'effritement, malgré la récente médaille Fields obtenue encore récemment par un mathématicien français.

 

Il faut tout d'abord savoir que la dernière réforme du lycée a supprimé 1 heure de Maths, 1,5 heure de Physique et 1 heure de SVT en classe de première. Elle n'a rajouté en revanche qu'une demi-heure de Maths en Terminale. Il est curieux que le Ministre réalise aujourd'hui qu'il faut réhabiliter des matières dont il vient de massacrer les heures d'enseignement !

 

Il faut aussi dire à ce Ministre que l'on ne cesse de taper sur les Maths qui seraient trop sélectives, engendreraient l'orientation par défaut... Il est temps de réaliser que les Mathématiques et le calcul restent des outils essentiels pour être en mesure de raisonner, de comprendre la science, la finance, et bien des domaines de la vie professionnelle comme de la vie privée.

 

Il faut dire aussi que les mathématiciens issus de nos grandes écoles (Normale Sup, Polytechnique...) et qui autefois s'orientaient vers des métiers scientifiques, consacrent aujourd'hui le plus souvent leur carrière à la banque ou la finance, inventant le meilleur algorithme qui fera gagner 0.01% de plus sur les Milliards qui tournent en boucle autour du monde.

 

Il faut enfin dire que les outils modernes, calculatrices ou ordinateurs, utilisés à tort et à travers à l'école, ont donné aux élèves plus de mauvaises habitudes que de savoir-faire supplémentaire. J'avais pour ma part l'habitude de choisir des épreuves où les calculs pouvaient se faire de tête, et où j'interdisais l'usage des calculatrices devenues pour les élèves plus des supplétifs que des auxilliaires au travail intellectuel.

 

Tiens, cinq petits problèmes pour tester vos réflexes :

 

1-Le pétrole augmente en décembre de 10%.

Il baisse de 15% en janvier et augmente de 5% en février.

En trois mois, le pétrole a-t-il baissé, augmenté ou est-il inchangé ?


2-L'Etat rembourse aux communes 16,39% du montant TTC de leurs investissements eux-mêmes assujettis à une TVA de 19,6%. Peut-on dire que l'Etat tient sa parole d'exonérer de TVA les investissements des communes ?

 

3-Dans un tuyau de diamètre 200mm, il passe deux fois plus d'eau que dans un tuyau de diamètre 100mm. Vrai ou faux ?

 

4-Vaut-il mieux placer de l'argent à 5% par an sur 15 ans ou souscrire à un plan qui dit "je double votre capital si vous me le laissez 15 ans" ?

 

5-En fonction des quatre réponses précédentes, peut-on affirmer "on peut faire dire n'importe quoi aux chiffres" ?

 

Réponses dans un prochain article, mais n'hésitez pas à faire des commentaires....Et des propositions de réponse ! (calculettes autorisées...)

 

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Evaluations : Du CM2 à l'Assemblée...

26 Janvier 2011 , Rédigé par Christian Eckert

 

 

 

Tous les mercredi, le Canard enchaîné fait l'objet à l'Assemblée Nationale d'une lecture attentive.

 

Je m'adonne moi-même à ce sport matinal hebdomadaire, en savourant avec mon premier café cette lecture édifiante, en particulier de la page deux, qui relate les « potins » dont j'ai parfois eu à connaître les détails, et dont je peux souvent mesurer la précision et la pertinence.

 

Mais le même jour à la même heure, depuis mon bureau parisien, grâce à la magie d'internet, je peux consulter les « murmures politiques » de notre quotidien régional le Républicain Lorrain.

 

Là encore c'est à la page deux, un peu sur le même modèle que le célèbre palmipède. Sur un ton humoristique et avec un soupçon d'impertinence de bon aloi, on y trouve quelques perles qui informent presque toujours, ironisent souvent et brocardent quelquefois les attitudes et les propos des élus locaux et nationaux.

 

Si les coins-coins du Canard n'ont que très rarement concerné le député de Longwy, les murmures du Répu font régulièrement siffler ses oreilles attentives.

 

Ainsi, ce dernier mercredi, l'ex-suppléante de l'ex-député UMP y souligne avec humour mon appétence aux évaluations de l'activité des parlementaires, qui révèlent probablement un changement notable des statistiques de l'actuel représentant de notre circonscription par rapport à son respectable prédécesseur.

 

Stigmatisant un peu ma fierté supputée (et en cela je plaide coupable), elle s'interroge ensuite sur mon appréciation des actuelles évaluations des élèves de CM2. Elle trouvera ici la position de l'enseignant que j'ai longtemps été, même si j'ai sévi à des niveaux différents :

 

L'évaluation de nos élèves est nécessaire et utile, et ma réponse ne souffre d'aucune ambiguïté. Comment un enseignant peut-il savoir s'il a réussi dans sa mission de transmission des connaissances s'il n'a pas contrôlé, de façon écrite ou orale, de façon annoncée ou impromptue, la capacité de ses élèves à restituer ou à utiliser ce que ses professeurs ont tenté de leur apprendre ?

 

Outre son rôle de bilan pour l'élève, le contrôle des connaissances peut conduire aussi l'enseignant à recommencer une leçon, à la compléter ou à la transformer, pour améliorer ses pratiques, sur le champ ou l'année suivante, afin d'obtenir les meilleurs résultats possibles.

 

C'est pourquoi les évaluations doivent être fréquentes et régulières, pour ne pas dire banales et acceptées. Les mauvais résultats d'un contrôle sont autant l'échec des élèves que de leur maître. Les remédiations s'imposent alors à tous !

 

Ce qui est choquant dans les pratiques actuelles, c'est de donner à ces évaluations de CM2 une simultanéité nationale, un contenu uniforme et une solennité exagérée.

 

Pourquoi en même temps dans tous le pays alors que le rythme de la progression dans chaque classe doit être adaptée aux capacités des élèves et aux pratiques de chaque professeur ?

 

Pourquoi le même contenu partout qui conduit parfois à tester des élèves de façon crétine sur des sujet qu'ils n'ont jamais abordé ? Chaque professeur fixe légitimement lui-même la chronologie des leçons en fonction de son expérience pédagogique. Il n'y a pas de méthode universelle que l'on peut plaquer indifféremment sur n'importe quelle classe.

 

Enfin la solennité et l'importance des évaluations érigées en juges de paix est un drame psychologique dans les familles, surtout pour des jeunes élèves et des parents toujours hyperattentifs -et cela se comprend- aux résultats de leurs enfants.

 

Combien de cauchemars nocturnes, de disputes familiales, de crises d'anxiété et d'insomnies ont généré cette médiatisation outrancière des évaluations par nos Ministres avides de nouveautés médiatisables ?

 

À moins que le but ne soit plus pernicieux, et ne vise qu'à culpabiliser élèves et professeurs, à comparer des choux et des carottes où pire encore à aggraver cette curieuse politique de déflation massive des effectifs qui dégrade jour après jour le service public de l'éducation.

 

En fait, les députés comme les élèves reçoivent à chaque rentrée, qu'elle soit parlementaire ou scolaire, leur cartable rempli d'outils de travail. Ils doivent régulièrement rendre compte de leur efforts. Ils sont soumis périodiquement à des examens de passage, à l'issu desquels ils sont parfois admis ou non à passer en classe supérieure. À chacun d'en accepter les règles et de savoir qu'un échec n'est jamais qu'une occasion de se remettre en cause et de fournir les efforts nécessaires à le transformer en réussite à plus ou moins brève échéance.

 

Pour avoir longuement enseigné en classe de Terminale, je sais qu'on a souvent tendance à considérer que la réussite au bac est attribuée au bon travail de l'élève, alors que l'échec au bac est souvent imputé à la médiocrité des enseignants. La réalité n'est certainement pas aussi simple !

 

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2011 nous engagera pour....2012 !

26 Janvier 2011 , Rédigé par Christian Eckert

 

Ce titre, certes un peu facile, est néanmoins approprié à la situation d'aujourd'hui.

 

Le Président de la République a le culot de rappeler les valeurs du Conseil National de la Résistance, alors que son Gouvernement détruit pied à pied ce qui a été construit à partir de principes jusque là incontestés :

 

Au nom de l'obligation de réforme, on assiste à la « démission » de l'État Républicain dans les domaines de l'Éducation Nationale, de la Sécurité Sociale, du droit du travail, du droit au travail, de la liberté de la Presse, de l'indépendance de la Justice, du droit au Logement, du droit à la Santé...

 

Jamais les inégalités salariales, les inégalités fiscales et les injustices sociales n'ont été aussi marquées dans notre pays jusque là qualifié de modèle social, tout en restant la cinquième puissance économique mondiale.

 

Je me souviens souvent de sa campagne et de son début de mandat, où le système financier mondialisé était montré comme le moyen infaillible qui devait permettre à la France de faire progresser le bonheur des français et leur pouvoir d'achat.

 

Aujourd'hui, le rôle des États souverains (?) se résume à faire payer aux salariés le prix du sauvetage des banques qui les dominent.

 

Si près des trois quarts des français rejettent cette Présidence là, le devoir des socialistes et de leurs élus est de proposer, en responsabilité, une alternative crédible et responsable :

 

  • Retrouver le sens de l'État Républicain, en donnant aux services publics les moyens de servir les citoyens en pleine égalité quel que soit l'endroit où l'on vive, que ce soit pour les transports, la Poste, l'école, l'hôpital, l'accès à la justice, la sécurité publique ou le logement social.

 

  • Réhabiliter l'impôt en le rendant juste et simple. La CSG et l'impôt sur les revenus doivent être fusionnés, avec un taux progressif qui s'applique à tous les revenus, sans niches et autres boucliers qui ne servent qu'aux plus riches et aux plus malins.

 

  • Revaloriser la valeur du travail, en imposant des salaires décents, dans des conditions sécurisées permettant en 35 heures de gagner de quoi vivre décemment. Le partage des fruits de la croissance doit être équitablement répartis entre les salariés et les actionnaires, et ces revenus doivent être assujettis à l'impôt de la même façon.

 

  • Renforcer la diversification des sources d'énergie en dynamisant les filières d'énergie renouvelable, notamment la biomasse et l'hydrogène, tout en poursuivant la recherche d'une consommation maîtrisée, en développant les nouvelles techniques de l'éco-construction source d'emplois nouveaux.

 

  • Retrouver le sens de la solidarité, particulièrement envers les personnes âgées dépendantes. La création d'une véritable cinquième branche de nos régimes sociaux est la garantie d'un service d'intérêt général qui évitera de livrer à la finance un pan entier de ce secteur appelé à se développer.

 

  • Redonner vie et corps à la coopération européenne, en instituant par exemple à nos frontières des espaces où la fiscalité serait harmonisée comme les droits sociaux des travailleurs frontaliers, heureusement nombreux sur nos territoires.

 

 

 

Cette année 2012 sera pour nous l'occasion de préciser ces éléments de projet, de les faire partager et d'en trouver sereinement et démocratiquement celle ou celui qui en sera le porteur.

 

Si nous y parvenons, 2011 aura effectivement été une année utile, dans une perspective de 2012 qui pourra alors être une année de rupture avec une politique nationale largement rejetée.

 

Ces éléments naturellement très « politiques » seront importants pour la vie de chacune et chacun d'entre nous. Ils ne seront pas les seuls. Pour que l'année 2011 vous soit douce et agréable, mon équipe parlementaire et moi-même vous souhaitons bonheur, santé et réussite, tant sur le plan personnel que dans les diverses responsabilités auxquelles vous consacrez votre action.

 

 

 

 

 

 

 

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Pour les voeux, rendez vous à Herserange...

25 Janvier 2011 , Rédigé par Christian Eckert

C'est devenu une tradition !

 

Comme tous les ans fin janvier, mon équipe parlementaire et moi-même vous invitons à partager le verre de l'amitié à l'occasion de la nouvelle année.

 

Rendez vous à Herserange

Jeudi 27 janvier à 18 heures,

 

salle Francis Lhotellier

(ancienne patinoire)

rue de Lorraine

 

  Petits fours et dicours assurés ! 

tenue de soirée non obligatoire !

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"La séance continue" sur LCP

18 Janvier 2011 , Rédigé par Christian Eckert

 

 

 

 

Aujourd'hui mardi à 16h

 

en direct sur LCP

 

 

Je serai l'un des quatre députés à réagir en direct à la séance des questions d'actualité.

 

 


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La vraie vie...

14 Janvier 2011 , Rédigé par Christian Eckert

De retour de Paris, en passant par Nancy pour rencontrer le nouveau Préfet de Région, je reçois ce matin à Trieux un ancien mineur de fer.

 

Stanislaw est venu de la commune voisine de Tucquegnieux. Agé, handicapé par un accident du travail (Il se déplace difficilement avec ses cannes), un peu intimidé, il m'expose sa situation : son épouse (75ans), est atteinte de la maladie d'Alzeimer. Elle est totalement dépendante. Un handicap de 80% a été reconnu (encore a-t-il fallu faire appel d'un premier refus où personne n'était venu voir la patiente !).

 

Le médecin (du régime minier) a intelligemment suggéré de soulager cet homme une journée par semaine, en prescrivant un accueil de la dame un jour par semaine dans une unité de soins de Jarny, située à 30 km du domicile. La demande préalable pour le transport avait été faite auprès de la Caisse d'assurance maladie en temps et en heure. Celle-ci avait répondu que ce type de prise en charge ne nécessitait pas d'accord préalable.

 

Stanislaw en a déduit que la prise en charge serait automatique, eu égard au fait que la maladie d'Alzeimer est reconnue comme affection de longue durée (A.L.D.). Un véhicule sanitaire conduit donc l'épouse un jour par semaine à Jarny, donnant ainsi un jour de répis et de repos à son mari.

 

Las, l'ambulancier n'est pas payé. La réponse est ferme : les hospitalisations de jour ne permettent comme prise en charge qu'un ridicule forfait de 8,85 Euros par jour. L'addition représent à ce jour près de 1500 Euros...

 

Pire, Stanislaw a été hospitalisé l'été dernier. Pendant ce temps, l'épouse a été accueillie à Jarny. Une facture de près de 600 Euros est restée à charge du couple pour 8 jours d'accueil !

 

Cet homme est angoissé. Par les dépenses, certes, mais surtout par l'avenir : "Ma femme ne peut pas rester seule, et si je dois aller à l'hopital, comme l'autre fois, qu'est-ce qu'on en fait ?". Un enfant est en Savoie, l'autre travaille à Metz et habite à 20 km.

 

Je repense à la réponse de la veille, à l'Assemblée, de Xavier Bertrand à ma question sur le Régime de sécurité sociale des mineurs : "On applique le 2.2.b. (c'est le cas de ce couple) et on rembourse moins les transports ! Mais à part cela, on rembourse à 100% " !

 

La vraie vie, c'est celle de Stanislaw !

 

Bien sûr, j'interviendrai auprès de la Caisse. Bien sûr, j'obtiendrai une réponse. Sans doute administrative. Au mieux, un secours exceptionnel au titre des oeuvres sociales...

 

Mais l'angoisse de ce retraité, pas pour lui même, pas pour ses sous, mais pour sa femme (Qu'est-ce qu'on en fait si je dois aller à l'hôpital ?) m'obsède depuis ce matin.

 

Xavier Bertrand m'a répondu que je cherchais à faire un effet de manche ! Que répondrait-il à Stanislaw ?

 

Madame Lagarde ne cesse d'applaudir une sortie de crise issue de son imagination !

 

La cinquième puissance économique du Monde, que fera-t-elle de la femme de Stanislaw s'il doit retourner à l'hôpital ?

 

La gauche devra répondre à Stanislaw en 2012.

 

 

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Régime social des mineurs : Ma question au Ministre

12 Janvier 2011 , Rédigé par Christian Eckert

 

 

 

SÉANCE DU 12 JANVIER 2011

 

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Journée d'un député ordinaire...

12 Janvier 2011 , Rédigé par Christian Eckert

 

Un mercredi à l'Assemblée Nationale, c'est une journée bien remplie. Je me souviens avoir écrit un article sur ce blog, intitulé « À quoi sert le Parlement ? » Un jour comme aujourd'hui m'incite à réfléchir un peu différemment .

 

Qu'on en juge par les faits au vu du compte-rendu de ce jour :

  • 8h : Arrivée au bureau, où attend le courrier, abondant et divers : des voeux, des rapports, des convocations, deux poubelles remplies... Il est bon de consulter sur internet le Journal de chez nous. Les aventures d'hier y sont relatées avec un brin d'humour. Le Canard enchaîné est également un moment rituel de plaisir comme tous les mercredi...

  • 9h. : Réunion d'un groupe de travail de députés P.S. autour de Jérome Cahuzac sur la crise de l'Euro. Nous recevons un économiste (Jacques Delpla) qui a fait un gros travail sur le sujet. Analyse des causes, discussion sur les risques très probables de rechute et examen de ses propositions sur les solutions possibles. Notre groupe de travail doit faire ses propositions d'ici quelques semaines. J'interroge sur le rôle de la B.C.E. dans le dispositif imaginé par notre invité.

  • 10h : Réunion de la Commission des Finances de l'Assemblée sur la question de la centralisation à la Caisse des Dépôts de l'argent collecté sur les livrets A et les L.D.D. aujourd'hui étendus à toutes les banques. Nous auditionnons Augustin de Romanet, Directeur de la C.D.C.. L'argent collectés par les banques ne « remonte » pas assez à la Caisse, contrairement à la loi. Les banques se goinfrent encore un peu plus, au détriment du logement social dont le financement devrait être couvert par l'argent du livret A. Un décret en préparation semble ne pas corriger le tir. La droite est divisée et le Rapporteur Général du Budget, Gilles Carrez, semble de façon inhabituelle pour lui, lâcher les députés au profit des Banques...

  • 11h : Réunion, du groupe des députés P.S. où on confirme ma question au Gouvernement pour l'après-midi, reportée hier faute de temps. Le groupe reçoit ensuite Axel Kahn et deux autres sommités de la recherche bio-éthique, afin de réfléchir sur un texte à venir concernant les lois bio-éthiques. Séance de travail exceptionnelle, On évoque avec beaucoup de sérieux, des questions éthiques sur les embryons, les mères porteuses, l'anonymat du don de gamètes, les neuro-sciences... J'ai rarement vu autant de hauteur de vue, de science, d'analyse morale et philosophique, sur ces sujets traités trop souvent façon « café du Commerce ». Les échanges sont contradictoires, respectueux, argumentés et impressionnants.

  • 13h : Déjeuner à la Questure autour de Laurent Fabius, avec des sénateurs, des députés et des élus proches de lui. On évoque la situation du Parti, les primaires, le calendrier, le projet, les élections cantonales et sénatoriales à venir... D.S.K. viendra - viendra pas, que faire dans les deux cas... Laurent a des contacts avec lui mais ne dévoile pas tout... On finit par évoquer l'actualité nationale. J'interviens pour parler de la réforme de l'I.S.F. et du bouclier fiscal, ainsi que de la crise passée, présente et à venir de l'Euro...

  • 14h30 : Réunion rapide pour rencontrer le Président d'une section de la Cour des Comptes avec ma collègue Chantal Brunel. Nous sommes co-rapporteurs du Budget travail-emploi et la Cour, à la demande de la Commission des Finances, démarre une mission sur les emplois-aidés. Nous précisons aux représentants de la Cour et de l'I.N.S.E.E. ce que nous attendons d'eux. Je quitte avant la fin, car à

  • 15h : Séance des Questions au Gouvernement télévisée en direct ! La droite est prévenue à cause de son report, de ma question sur le Régime Social des Mineurs. Elle fait poser avant moi par Anne Grommerch la même question sur le rapport Bur qui valide les coups de canifs donnés à la gratuité des soins par ce Gouvernement depuis un an. Du coup, mon texte préparé hier est durci et modifié au pied-levé.... Xavier Bertrand répond comme il se doit par l'ironie méprisante qui le caractérise...

  • 16h : Retour au bureau quitté depuis 9 heures, et écriture de cet article.

  • 17h30 : Le Président Sarkozy présente ses voeux aux Parlementaires. Pas question de faire tapisserie à l'Élysée, autour de ce Président si peu respectueux des bonnes manières.

 

Quelques coups de fil en retard, un peu de courrier... Après le dîner à la buvette de l'Assemblée, j'irai faire un tour en séance à partir de 21h30 pour épauler les collègues sur le texte traitant du « défenseur des droits », prétexte à supprimer la HALDE et le défenseur des enfants.

 

Demain est prévue dès 9h une série d'auditions sur les conflits d'intérêts par le groupe de travail où Gaétan Gorce et moi représentons notre groupe. Le nouveau Préfet de Meurthe-et-Moselle ayant convié les Parlementaires à un premier contact à 12h30, je zapperai et prendrai un train pour Nancy... Ma voiture est à Metz depuis mardi matin !

 

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35 heures, Valls à l'envers !!!

4 Janvier 2011 , Rédigé par Christian Eckert

Ci-dessous, une mise au point édifiante (que je partage entièrement) relevant les erreurs d'analyse sur les 35 heures commises par Manuel Valls (article paru dans Médiapart). C'est un peu long mais tellement clair ! :

 

 

Pierre-Alain Muet, député PS de Lyon, ancien président délégué du Conseil d'analyse économique, répond à Manuel Valls, pour qui il faut désormais «déverrouiller les 35 heures». Et rappelle que la durée hebdomadaire du travail est plus élevée en France (38 h) qu'en Allemagne (35,7 h).

35 heures: le temps de travail en... Allemagne

En ces temps où la droite ne jure que par l'exemple allemand, et où certains à gauche cherchent l'originalité en reprenant la critique sarkozyste des 35 heures, il n'est pas inutile des rappeler les faits. La durée hebdomadaire moyenne du travail a toujours été plus élevée en France qu'en Allemagne et dans les pays européens plus développés. En 2009, dernière année disponible dans les statistiques de l'OCDE (1), la durée hebdomadaire moyenne du travail de l'ensemble des actifs s'élevait à 38 heures dans notre pays, nettement supérieure à celle de nos voisins, Allemands (35,7 h), Suédois (36,3 h), Britanniques (36,6 h), Suisses (35,1 h), Norvégiens (33,9 h), Danois (33,7 h), et a fortiori Hollandais qui, champions du temps partiel choisi, ont une durée hebdomadaire moyenne de 30,6 heures. 

Et même lorsqu'on prend en compte les congés annuels, censés être beaucoup plus élevés chez nous qu'ailleurs, le Français travaille toujours plus que l'Allemand : 1550 heures en moyenne en 2009 contre 1390 de l'autre côté du Rhin. Les 35 heures des années 2000-2002 n'ont fait en leur temps que rapprocher la France de l'Allemagne. Ce sont en effet les seules années où les durées du travail ont été voisines en France et en Allemagne (36,5 heures en moyenne dans les deux pays en 2001-2002). La durée du travail a continué à diminuer en Allemagne après 2002, alors qu'elle augmentait à nouveau en France.   

Il est vrai que le maintien de l'arme de destruction massive de l'emploi qu'est la politique de subvention aux heures supplémentaires en pleine explosion du chômage restera un cas d'école pour l'enseignement des décisions absurdes de politique économique. Favoriser la réduction du temps de travail ou au contraire les heures supplémentaires n'est pas une question idéologique, mais une question de  situation  conjoncturelle. Quand une économie est au plein emploi avec des fortes pénuries  de main-d'œuvre, comme l'était la France dans les années 50, le recours aux heures supplémentaires est évidemment pertinent. Dans une situation de chômage massif comme c'était le cas  dans les années qui ont précédé la mise en oeuvre des 35 heures ou à nouveau aujourd'hui, c'est naturellement la réduction du temps de travail la solution adéquate.  

L'Allemagne, qui aborde avec pragmatisme la question du temps de travail, a massivement réduit le temps de travail et stimulé très fortement le chômage partiel - dont la dénomination pertinente est le terme allemand Kurzarbeit (travail réduit). La France, au contraire, s'est payé le luxe, dans cette crise, de subventionner à la fois les heures supplémentaires en même temps qu'elle subventionnait (un peu) son contraire: le chômage partiel ! Résultat: nos deux pays, qui avaient exactement le même taux de chômage à l'été 2008 (7,5 %), ont divergé, notre chômage a explosé (9,8 % fin 2010), alors que l'Allemagne, pourtant plus touchée que la France par la crise en raison de son ouverture aux échanges internationaux, a réussi à réduire le sien (6,7 %). Et comme les salariés sont restés liés à l'entreprise au lieu de se retrouver au chômage, l'Allemagne a pu, en 2010, retrouver une croissance forte. 

Mais le débat récurrent sur les 35 heures montre que le thème du « travailler plus pour gagner plus » sur lequel Sarkozy a construit sa campagne était une totale mystification.  

Outre que la durée du travail a toujours été plus élevée dans notre pays que chez nos principaux partenaires, toutes les affirmations proférées à longueur de discours sur ce thème par Nicolas Sarkozy sont des contre-vérités.  

«Les pays qui ont le plus réduit le chômage sont ceux qui ont augmenté le temps de travail», disait encore le président en juillet. C'est exactement l'inverse. Les pays qui ont le plus réduit leur temps de travail sont ceux qui ont le taux de chômage le plus faible : les Pays-Bas (4,4 %), la Norvège (3,5 %), l'Allemagne (6,7 %), le Danemark et la Suède (7,8 %), alors que le taux de chômage harmonisé est de 9,8 % en France (2).  

«Les 35 heures ont détruit la compétitivité.» Elle s'est au contraire améliorée de 1997 à 2002. Pendant toutes ces années  la France avait un excédent extérieur compris entre 20 et 30 milliards d'euros. Depuis 2003, le solde extérieur n'a cessé de fondre, pour se transformer en un déficit croissant à partir de 2005, atteignant plus de 40 milliards en 2009. 

«Les 35 heures n'ont pas créé d'emplois et ont nui à la croissance.» Toutes les études concluent à un impact des 35 heures compris entre 300.000 et 400.000 emplois. Pendant toute cette période (de 1997 à 2002), la croissance française a été très supérieure à la croissance européenne, et 2 millions d'emplois ont été créés (un record pour une économie qui, en un siècle, de 1896 à 1997, n'avait créé que 3 millions d'emplois). C'est aussi la seule période depuis vingt-cinq ans où notre pays a réduit fortement ses déficits, diminué sa dette et engrangé des excédents extérieurs record. Dans tous ces domaines, c'est l'inverse qui s'est produit depuis 2002 et plus encore depuis 2007. 

Mais ce discours  sur le «travailler plus» est aussi une erreur historique car toute l'histoire du développement économique depuis la révolution industrielle est une augmentation continue de la productivité du travail conjuguée à une baisse tout aussi continue de la durée annuelle du travail. On produit en une heure de travail 20 fois plus qu'en 1870 et on travaille 2 fois moins longtemps. Ce qui caractérise le développement économique dans tous les pays, c'est en effet le temps libéré et le développement des loisirs et  du secteur non marchand. La dispersion des durées hebdomadaires du travail en Europe l'atteste : c'est dans les pays les plus développés que la durée hebdomadaire du travail est la plus faible et dans les moins développés qu'elle est la plus longue (plus de 40 heures dans l'Est de l'Europe et plus de 50 heures en Turquie).  

Il est temps de sortir de ce débat idéologique pour engager  une vraie réflexion sur l'organisation des différents temps de la vie. La tendance séculaire à la réduction de la durée annuelle du travail est appelée à se poursuivre. Et la vraie question dans notre pays n'est pas la durée hebdomadaire du travail mais la répartition du travail entre ceux qui ont un emploi et ceux qui en sont exclus, ainsi que sa répartition au cours du cycle de vie. Le travail est concentré dans notre pays entre 25 et 55 ans, alors que l'augmentation de la durée de vie appellerait une interpénétration plus forte des différents temps de la vie et non comme aujourd'hui leur succession brutale.  

Plutôt que de perpétuer le débat idéologique qui a ponctué toutes les avancées sur la réduction du temps de travail depuis la loi de 1841 limitant le travail des enfants, il serait préférable de donner toute sa place  à la négociation sociale. Car c'est elle qui permettra d'avancer réellement vers le temps choisi et de résoudre, par exemple, cette particularité française qu'une part importante des salariés à temps partiel  le sont contre leur gré, alors qu'un nombre aussi élevé de salariés à temps plein souhaiteraient  travailler à temps partiel choisi.  

(1) On trouvera les statistiques correspondantes dans les publications de l'OCDE :
 http://stats.oecd.org/Index.aspx?DatasetCode=ANHRS (durée annuelle, et sur la page suivante, durée hebdomadaire) 
(2)  Taux de chômage harmonisés :
http://epp.eurostat.ec.europa.eu/tgm/table.do?tab=table&plugin=1&language=fr&pcode=teilm020

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