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Enrayer l'abstention, un travail de fond...

22 Juin 2021 , Rédigé par Christian Eckert

L'énorme taux d’abstention constaté au premier tour des élections départementales et régionales interpelle. Il doit nous faire réfléchir et plus encore agir. Ceux qui pensent qu’autoriser le vote par correspondance ou instaurer le vote électronique suffira à régler le problème commettent une grave erreur. C’est comme ceux qui cassent le thermomètre en espérant faire ainsi baisser la fièvre !

Ce taux d’abstention est en fait le signe indiscutable d’un malaise bien plus profond : la distance, le fossé pour ne pas dire l’abîme entre les citoyens et les élus, quand ce n’est pas entre le peuple et les élites …

Osons plusieurs explications :

  1. Les élus seraient « tous pourris », corrompus et profiteraient de leurs situations pour eux-mêmes ou leurs proches. Je pourrais remplir un livre pour citer exemples et contrexemples, faire de multiples comparaisons, calculer des ratios… Ce serait vain… Ce qui est sûr, c’est que, à tort ou à raison, ce sentiment existe très majoritairement chez les gens. Il faut donc prendre quelques mesures simples et fortes. J’en avance 3, même si d’autres peuvent y concourir :
  • Rendre inéligibles les personnes n’ayant pas un casier judiciaire vierge.
  • Plafonner le cumul des indemnités de chaque élu au montant de l’indemnité parlementaire.
  • Raccourcir la durée des procédures judiciaires visant des élus à une durée qui évite de faire croire à leur impunité.
  1. Les élus auraient tous échoué, quel que soit leur bord politique, et seraient pour le moins des incapables ou au pire, des traitres à leurs propres engagements. Là aussi, on pourrait argumenter et en discuter des heures avec peu de chance de convaincre ce jugement fortement ancré dans l’opinion. Là encore, risquons trois suggestions souvent faciles à énoncer mais pas toujours aisées à mettre en œuvre :
  • Il faut faire de la pédagogie, développer les contacts entre les élus et les citoyens, par des réunions de quartiers, des comptes-rendus de mandat quitte à les rendre obligatoires et périodiques. Elles pourraient permettre d’expliquer les « changements de pied » ou les impossibilités à faire, souvent découlant de facteurs externes.
  • On doit simplifier le mille-feuilles territorial, par un mouvement de décentralisation audacieux qui rapproche la décision des citoyens-électeurs-usagers-contribuables.
  • Les conventions citoyennes ne doivent pas remplacer les assemblées délibérantes, quitte à ouvrir régulièrement ces dernières à des sessions élargies qui acceptent l’écoute réciproque mais laissent aux élus la décision et la responsabilité.
  1. Le Parlement serait peu représentatif et son pouvoir trop limité. Alors pourquoi choisir des députés dont on ne voit pas le travail et que l’on trouve inutiles. Ayant fréquenté l’Assemblée Nationale tantôt comme député, tantôt comme membre du Gouvernement, je confesse ici partager à regret cette analyse, même si j’ai beaucoup apprécié la richesse intellectuelle de cette assemblée. Par symétrie, trois idées non exhaustives pour améliorer les choses :
  • Il faut fluidifier le travail législatif et, même si je sais l’idée peu partagée, supprimer le Sénat qui n’influe en fait que très peu dans l’élaboration des lois et dont les travaux font perdre un temps fou à la décision et nuisent à sa clarté.
  • Sans rentrer dans le détail des procédures ici, les pouvoirs du Parlement doivent lui permettre de fixer lui-même son ordre du jour, de mettre fin aux injonctions gouvernementales et lui donner un vrai pouvoir d’initiative législatif.
  • Le scrutin proportionnel pourrait sans doute obliger à plus de raison et susciter plus de constructions communes et partagées, dans le sens de l’intérêt général trop souvent oublié.

Bien d’autres sujets pourraient ici être mis en réflexion comme le quinquennat, les compétences multiples de chaque assemblée locales, l'obtention à 16 ans du droit de vote, la limitation du nombre de mandats consécutifs, le vote obligatoire et même l’existence d’un Premier Ministre…

Toujours est-il que le soupçon et la défiance du pays envers ses élus commande de se ressaisir. Comment croire que la démocratie n’est pas le seul moyen de donner au peuple le formidable pouvoir d’organiser lui même sa vie collective ?

Le dégagisme ambiant trouve des explications, mais j’ai beaucoup aimé la métaphore suivante que je livre à notre réflexion :

« Les fourmis, par haine pour le cafard, votèrent pour l'insecticide : ils moururent tous! Même le grillon qui s'était abstenu… »

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Le temps (judiciaire) dure longtemps...

12 Juin 2021 , Rédigé par Christian Eckert

La complexité des sujets politiques et sociétaux n’est guère compatible avec les modes de communications actuels : le format court, qu’il soit écrit, audio ou vidéo, en est devenu le standard. Sauf à utiliser la langue de bois (qui n’a de langue que le nom), une expression brève devient vite réductrice, provocante et caricaturale. Il me revient qu’un de mes échanges, enregistré avec Elise Lucet pendant plus de deux heures, a donné lieu à la seule diffusion d’une dizaine de secondes dont la forme et le fond étaient à l’opposé de mes positions…

 

Tout ça pour dire que mon propos de jour ne doit évidemment pas être lu comme achevé et soldant le sujet abordé, celui de la justice. D’autant plus que je n’y revendique aucune compétence ou expérience fortes.

 

L’envie de m’exprimer est sans doute liée aux actualités, que ce soient la fameuse manifestation où la police a instruit le procès de la justice, ou plus récemment la gifle au Président dont l’auteur a été condamné en un temps record.

 

La question des effectifs, des locaux et des crédits est évidemment centrale. L’ancien Secrétaire d’Etat au Budget pourrait la développer et aurait peine à se justifier, même si l’Ecole, l’Armée, la Culture, la Police, l’Ecologie, le Logement, la Recherche, l’Hôpital, les Transports, les Douanes… pourraient aussi donner lieu aux mêmes controverses sur les moyens.

 

Mais au-delà, la gestion du temps judiciaire est pour moi un sujet en soi : comment expliquer les délais stratosphériques pour traiter des affaires dont l’issue subordonne à la fois l’avenir des personnes mises en causes et le regard du peuple sur les pratiques incriminées.

 

Une altercation datant de décembre 2017 entre Boris Faure et un député ayant donné lieu à des graves blessures n’a toujours pas été jugée. La gifle au Président, qu’il a lui-même relativisée, aura mis 3 000 fois moins de temps à être sanctionnée. Dois-je raconter les affaires Tapie ou Balkany ? Comment comprendre que les affaires d’emplois détournés du MODEM ou du FN restent « la patte en l’air » pendant que nombre des personnes en cause plastronnent, qui Haut-Commissaire, qui Sous-Gouverneur à la Banque de France, qui en belle position sur les listes aux Régionales. Comment parler sereinement à nos concitoyens de vie politique assainie lorsqu’un candidat, son parti et une kyrielle de leurs amis dépensent à l’insu de leur plein gré le double du plafond légal d’une campagne électorale (de 2012) dont le (probable premier) procès se déroule 9 ans plus tard...

 

Je n’ignore pas la nécessité impérieuse d’instructions soignées. Je connais et approuve le droit à l’appel. Je sais qu’une justice expéditive est extrêmement dangereuse. Mais reconnaissons que les moyens de retarder sans causes réelles l’avancée des procédures sont utilisés exagérément. Les protections indispensables à tout justiciable pour des questions de liberté individuelle sont trop souvent devenues des motifs pour fragiliser l’intérêt public.

 

Je sais qu’on est là sur une ligne de crête, entre deux risques graves qui peuvent entrer en conflit. Mais si le Garde des Sceaux et le Parlement pouvaient améliorer, fluidifier et raccourcir les procédures pour éviter ces pratiques choquantes, ce serait déjà un pas vers la réconciliation du pays avec l’institution judiciaire aujourd’hui en difficulté.

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Diaboliser le RN n'est pas le combattre...

11 Juin 2021 , Rédigé par Christian Eckert

Maire 27 ans, Conseiller Régional 12 ans, Député 7 ans, Secrétaire d’Etat 4 ans et ayant exercé quelques autres responsabilités dans différentes structures intercommunales, je n’ai aujourd’hui plus aucune fonction élective. Les élections législatives de 2017 ont brutalement mis fin à ce parcours linéaire qui m’a tellement appris.

 

Je pense toujours que la vie politique est importante, que l’Homme est avant tout un être social et que la société où il évolue doit être structurée par des choix collectifs et démocratiques. De formation scientifique, je crois aux vertus du progrès, sait qu’il peut aussi générer des dangers et continue à transmettre avec humilité les connaissances et les expériences que j’ai eu la chance acquérir.

 

A passé 65 ans, je m’efforce de ne pas tomber dans le travers fréquent des « ex… » : celui qui consiste à systématiquement regretter le « bon vieux temps », à considérer que tout était mieux avant, qu’après eux tout va et ira de mal en pis, que les jeunes d’aujourd’hui sont nuls et réduisent à néant tout ce qu’eux-mêmes ont eu tant de mal à merveilleusement bâtir !

 

Pour cela, je dois me focaliser sur les éléments positifs et il y en a : le Monde, malgré quelques polémiques finalement secondaires, semble en passe de juguler une pandémie d’une gravité inédite depuis longtemps. Avec encore trop d’exceptions locales, nous pourrions connaître un siècle sans conflit mondial. Les terriens, sans doute tardivement et encore trop modestement, prennent en compte les risques environnementaux qui menacent leur planète aux ressources limitées. Autant de progrès essentiels – on pourrait même dire vitaux - dont nous devons nous réjouir, tous pays confondus et toutes générations mélangées, avec l’ambition de les poursuivre et les amplifier.

 

Et pourtant…

 

Il faut aussi dénoncer l’appauvrissement de notre vie publique, politique voire intellectuelle. Je me garderai bien d’en désigner les plus responsables : on cite fréquemment les élus, les hauts fonctionnaires, les réseaux sociaux, les journalistes et les médias. Mais après tout, notre « performance » collective n’est que la somme de nos actes individuels, chacun en ses grades et qualités.

 

Les signes d’une dérive sont malheureusement nombreux : les phrases débridées, violentes et provocatrices des gouvernants à tous les niveaux, les hauts lieux de la République transformés en studio d’enregistrement de concours d’anecdotes, les difficultés d’une justice que certains voudraient résoudre en supprimant son indépendance et plus récemment la gifle reçue par un Président qui annonce bizarrement une nouvelle fois vouloir prendre le pouls des français…

 

La progression du Rassemblement National en est bien sûr le symbole. Ayant à peu près réussi à se « dédiaboliser », celui-ci est aussi parvenu à incarner le refus des pouvoirs en place. Plus grave, les digues se fissurent et nombre d’élus de droite sautent ou s’apprêtent à sauter le pas. Beaucoup d’acteurs publics – y compris à Gauche – utilisent de plus en plus la même outrance verbale que les frontistes.

 

Il est crétin d’affirmer qu’un succès du RN serait « une marque satanique ». Dans l’histoire, on qualifiait souvent de satanique ce que l’on n’arrivait pas à expliquer et qu’il fallait éliminer sans réfléchir. Le propre de l’homme est pourtant sa capacité à réfléchir. Retrouver la dignité des propos, rassembler les communautés humaines sur des projets communs plutôt que de les opposer, oser débattre des idées plutôt que de les promouvoir par la communication, respecter les choix démocratiques et remettre l’éthique au cœur de la vie publique.

 

Notre pays et le Monde ont d’innombrables choix à faire : le partage des richesses produites, l’avenir de la protection sociale en particulier de la santé, le vieillissement de la population et la prise en compte de la dépendance, le renouvellement des sources d’énergie, les difficultés de peuples à se nourrir et à vivre chez eux, la fréquence des échanges mondiaux et le nomadisme industriel, la violence et l’intolérance des pratiques religieuses…

 

Parlons de cela, disputons-nous, confrontons nos idées… Et oublions d’invoquer SATAN. C’est quand même très léger pour combattre un parti porteur des valeurs les plus sombres de notre histoire.

 

Faute de quoi, la gifle que minimise le Président pourrait se transformer en une grosse claque électorale.

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Le G7 marque un essai qui doit être transformé...

6 Juin 2021 , Rédigé par Christian Eckert

 L’accord signé à l’issue du dernier G7 est incontestablement un pas essentiel pour mettre fin à l’évitement fiscal pratiqué par de nombreuses entreprises, particulièrement les multinationales et les sociétés de la filière numérique.
Sur le plan politique, j’ai souvent regretté notre incapacité à mettre fin à ces aberrations souvent constatées mais rarement corrigées. Secrétaire d’Etat durant 3 ans, je n’ai guère fait avancer les choses. Agir sur les sujets d’optimisation et de fraude fiscales ne peut se faire qu’avec les pays concernés. Pour le moins, il aurait fallu une décision entre les pays de l’Union Européenne. Régulièrement, les membres de la Commission (dont un français aujourd’hui revenu officier à la Cour des Comptes...) nous disaient travailler le sujet et annonçaient des directives « imminentes » qui allaient faire avancer les choses. Rien n’est venu. L’unanimité indispensable aux décisions fiscales en Europe en est sans doute la cause principale. Mais l’énergie mise en oeuvre ne m’a pas toujours semblé à la hauteur de l’énorme enjeu de ce sujet : énorme eu égard aux montants concernés, énorme aussi pour la crédibilité de l’Union vis à vis de ses citoyens-contribuables. Lors des dernières élections européennes, j’avais d’ailleurs fait des propositions sur ce même blog (on peut les relire ici). J’avais proposé en vain que le principe d’un impôt minimal sur les sociétés en Europe soit mis comme première proposition de la liste européenne de mes amis de Gauche. Beaucoup revendiquent aujourd’hui la paternité de l’accord du G7, mais il me parait évident que le déblocage est surtout dû au nouveau président américain Joe Biden. L’essentiel reste qu’un grand pas a été franchi et qu’il faut le saluer.


Pour autant, aussi importante que soit cette étape, cette résolution dont la presse la presse dit avec raison que « chaque mot a été pesé au trébuchet » perdra beaucoup d’efficacité si d’autres décisions n’interviennent pas dans la foulée :

  • L’impulsion donnée au G7 doit impérativement être validée par d’autres instances: D’abord dans un périmètre mondial plus large en commençant par le G20 où la position de la Chine sera déterminante. Mais aussi dans le périmètre plus restreint de l’Union Européenne. Certes les représentants européens au G7 ont été en phase. Mais le passé a montré la capacité de quelques pays de l’Union à freiner voire à bloquer les avancées vers l’équité et la justice fiscale dont les entorses président à leur croissance.
  • Le niveau de 15% retenu comme plancher est évidemment insuffisant. Joe Biden avait lui-même parlé de niveaux plus élevés. Son recul est attribué à sa nécessité d’obtenir l’adhésion de son Congrès. La France dit attendre un plancher plus élevé. L’avenir réservera sans doute des tergiversations sur ce point et il faut espérer que l’audace soit au rendez-vous.
  • Le dispositif préconisé est largement préférable au statut-quo mais il n’est pas le meilleur : Calculer le bénéfice global d’une multinationale en le consolidant et le répartir ensuite proportionnellement au chiffre d’affaire réalisé par chaque pays aurait donné des assiettes bien plus cohérentes. Les flux sans causes réelles entre filiales et les facturations fantaisistes destinées à localiser les bénéfices à souhait seront toujours possibles. Cela risque de déplacer des bases taxables et fausser la bonne répartition des impôts.
  • Enfin la pratique de rulings couplés à des mouvements soigneusement calibrés permettra encore de déplacer, certes moins qu’avant, des Milliards d’impôts sans raison. Ces détestables méthodes utilisées y compris par des pays de l’Union Européenne doivent cesser pour toutes les entreprises. L’accord du G7 ne visent que les grosses entreprises. Mais il existe aussi, particulièrement près des frontières, des pratiques qui heurtent la conscience de celles et ceux qui respectent leurs obligations.
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A la gauche et ses alliés du Grand Est...

7 Mai 2021 , Rédigé par Christian Eckert

Au lieu de vous déchirer pour figurer sur une liste sans vos idées, battez-vous pour une liste qui porte vos idées sans y figurer !

 

Mon départ du Parti Socialiste fait suite à des réflexions personnelles qu’il est inutile d’exprimer en détail ici.

Mais il est aussi lié à la préparation des élections de juin :

Mon nom avait été évoqué à l’automne dernier pour conduire la liste Régionale au titre du Parti Socialiste. Les socialistes mosellans en avaient clairement exprimé le souhait auprès de moi. A 65 ans et après un long parcours, j’hésitais fortement.

Après la réunion des premiers fédéraux socialistes d’octobre où cette option a pu être évoquée, il m’a été rapporté que cette idée n’avait pour le moins pas retenu l’attention. Puisqu’à l’évidence je ne rassemblais pas et que mon envie de me battre en interne pour ça n’était pas suffisante, je faisais alors connaître clairement mon désintérêt pour la chose. Je peux aussi comprendre que ma participation aux Gouvernements de François Hollande ne collait guère à l’image de la reconstruction du PS en cours. C’est injuste pour de multiples raisons, surtout quand on sait combien mon esprit de solidarité m’a conduit souvent à me taire. C’est néanmoins une réalité pour les électeurs. Encore aurait-on pu m’en parler et prendre parfois un peu plus mon avis.

Pour en plus tenir compte de notre effacement dès le premier tour des départementales face à nos « amis » de la gauche radicale dans une grande partie du Pays-Haut Meurthe et mosellan, j’insistais sur le besoin d’une place éligible aux Régionales pour ce secteur. Daniel Matergia faisait consensus pour cela.

Depuis, nationalement, régionalement, localement, les évènements se sont enchainés – ou pas - et appartiennent au passé que la petite histoire analysera un jour.

Il faut faire l’union. Pour avoir des élus, pas forcément pour gagner en 2021. Soit.

Je me suis effacé parce que j’ai eu le sentiment de ne pas rassembler. Que d’autres y réfléchissent ! Je ne supportais pas (les mosellans non plus) qu’Aurélie Filippetti soit tête de liste départementale chez nous. Elle a de même fait part de son opposition à certaines candidatures socialistes. Chacun a ses raisons.

Alors chiche ! Rebattons les cartes, ensemble !

Puisque tous affirment ne pas militer pour obtenir un poste, qu’ils le prouvent. Faisons une liste commune sans les personnalités clivantes : au lieu de proposer à Aurélie Filippetti de conduire la liste 54 ou 57, proposons-lui de ne pas être candidate, et d’intégrer dans une liste commune celles et ceux qui l’ont rejointe. Faisons de même au PS avec Bertrand Masson et avec Pernelle Richardot. Les places ainsi libérées le seront pour des personnes jeunes, nouvelles, sans tenir compte des étiquettes stéréotypées.

Un engagement total de tout le monde derrière une liste de gauche et écologiste épurée des « notables » de tout bord, cela aurait de l’allure. Surtout si les « personnalités », souvent déjà en fonction, sont plus sur les tracts, les réseaux et le terrain que sur la liste ! Quand on voit la droite réunir sur ses listes tous les cumulards du Grand-Est, on se dit qu’on pourrait proposer une belle image de modernisation et d’aération de la vie politique !

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Le pays des lumières devient celui des lucioles...

7 Avril 2021 , Rédigé par Christian Eckert

La France a été le pays des lumières… Serait-elle devenue les pays des lucioles ?

Il y a quelques jours, les U.S.A., pays (ultra)libéral au point d’avoir élu Donald Trump à sa tête, nous faisait la leçon : Joe Biden élabore un (méga)plan d’investissement dont le financement est assuré par une hausse d’un tiers (excusez du peu) du taux de l’impôt sur les sociétés. Dans notre pays Emmanuel Macron a pour sa part préparé un plan de relance en y affichant fièrement (comme une dépense) 20 Milliards de... réduction d’impôts pour les entreprises… Cherchez l’erreur…

Mieux encore : La ministre américaine des Finances, Janet Yellen, propose une taxation minimale pour les entreprises à l'échelle mondiale, quel que soit leur pays d'implantation ! On se frotte les yeux alors même que les pays de l’Union Européenne s’écharpent depuis des années pour laisser le dumping être en son sein le moteur de l’optimisation fiscale des entreprises. Les plus libéraux ne sont peut-être pas ceux que l’on pense !

Au moment des dernières élections européennes (juin 2018), j’avais dans un post de blog (cliquez ici pour le relire) avancé trois idées pour relancer l’Union Européenne. La seconde consistait à « …ajouter une mesure forte en obligeant à un taux minimal de l’impôt sur les sociétés. Si la taxation des GAFA ne trouve pas de solution avec la proposition actuellement étudiée, un IS minimal (autour de 15%) apportera une partie de la réponse à condition de définir en plus la notion d’établissement stable… ». Cette proposition (comme les deux autres) a suscité l'indifférence générale, y compris dans mon propre camp... Ce dont je n’osais rêver, même à l’intérieur des seules frontières européennes, les États-Unis le proposent à l’échelle mondiale.

Le monde à l’envers… Pour cette fois, tant mieux !

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Dette COVID, quelques remarques pour comprendre moins mal....

4 Avril 2021 , Rédigé par Christian Eckert

La dette dite « COVID » alimente quelque peu le débat politique. Certains affirment que cela sera un enjeu de la prochaine campagne présidentielle… Ou pas…

La question n’est pas de savoir si le « Quoi qu’il en coûte » était nécessaire, ni de pointer les excès ou les manquements inhérents à des dispositifs élaborés en urgence et qui doivent uniformément s’appliquer à des situations spécifiques et hétérogènes… Mon point de vue est d’ailleurs d’en approuver les grandes lignes. Ma seule vraie réserve est de regretter que pour des grandes entreprises (de type Air France…), les prises de participation n’aient pas été privilégiées par rapport aux P.G.E. (Prêts Garantis par l’Etat). Cela aurait permis de mieux imposer des contreparties.

Toujours est-il que la dette a très fortement gonflé, en volume comme en pourcentage d’un P.I.B. naturellement lui-même en chute libre. Cette situation nouvelle imposera, lorsque la crise sera jugulée, une approche responsable et volontariste.

Comme souvent, quand les choses sont compliquées, il faut chercher quelques éléments simples pour tenter de comprendre les vrais enjeux.

 

Il faudra être attentif au recensement des montants à inclure dans la vraie dette « COVID » :

La gestion de notre pays (avec des nuances inutiles à développer ici) génère depuis des années une dette croissante avec le temps. La plupart des Gouvernements ont inscrit la maîtrise voire la réduction de la dette comme objectif et tous ont échoué (là encore avec des nuances). Les français ont conscience du risque que crée une dette trop lourde. Ils considèrent souvent que le renoncement aux dépenses récurrentes et que le consentement à de nouveaux prélèvements sont individuellement pour d’autres qu’eux-mêmes et collectivement pour plus tard. La tentation du Gouvernement est donc de « profiter » de la dette « COVID » pour mettre sur le dos du virus ce qui relève de décisions sans rapport direct avec la crise sanitaire. S’il est incontestable que le virus est la cause de pertes de recettes fiscales ou sociales, il n’est pas admissible d’y inclure – et ce n’est qu’un exemple - les pertes de recettes structurelles liées à l’abandon à hauteur de 10 Milliards PAR AN, d’impôts dits de production pour les entreprises (essentiellement les plus grosses). De même, le Gouvernement a inclus dans des transferts à la CADES, des déficits prévisionnels de comptes sociaux, à des niveaux estimatifs qu’il conviendra de comparer le moment venu à la réalité d’exécution. On atteint vite des sommes gigantesques faute de précision ou suite à des amalgames intellectuellement malhonnêtes.

La question du cantonnement de la dette est un faux-débat :

Mettre dans une structure de type CADES les dettes COVID ne change pas grand-chose à la question. Comme le passé éclaire l’avenir, il faut remarquer que les transferts de dette dans un compartiment censé étanche ont fluctué avec le temps. De même, les recettes affectées à ce réceptacle pour rembourser son contenu ont été ajustées au fil de l’eau. Les Gouvernement ont changé les « règles intangibles » censées conduire à l’extinction des dettes dans des délais eux-mêmes variables. Bref, ce qu’un Gouvernement avait voulu figer, un autre a pu légitimement le modifier. La crise sanitaire majeure d’aujourd’hui ou tout autre événement exceptionnel autorisent heureusement de déroger à des planifications de longue durée. L’avantage d’un cantonnement (sous la réserve faite plus haut) a un avantage psychologique : il permet une lecture plus objective des questions de finances publique en distinguant le structurel du conjoncturel. Mais pour autant, les comptes publics sont intangibles et quels que soient les lignes, affectations ou compartiments, le pied de colonne reste le même et ne trompe personne.

La dette perpétuelle est une pratique curieuse et en fait déjà largement pratiquée :

On ignore souvent qu’une majorité des emprunts conclus pour couvrir notre dette publique sont des emprunts dits « in fine » : on ne paye annuellement que les intérêts. Le capital lui, est exigible en totalité à la fin de la durée de l’emprunt souscrit. Comme notre pays reste largement déficitaire, il lui est impossible de rembourser ce capital. Il le fait en souscrivant un nouvel emprunt de même montant et… On repart pour un tour. Ainsi, tous les ans, notre pays emprunte pour couvrir son déficit et EN PLUS, il réemprunte pour rembourser le capital des emprunts arrivant à échéance. C’est en fait une dette qui est déjà et demeurera perpétuelle, sauf si nos budgets devenaient excédentaires ! Cette idée de dette perpétuelle (déjà largement en vigueur) a de plus l’inconvénient moral de donner aux prêteurs des rentes perpétuelles… Certes l’arrivée de taux négatifs intervertit actuellement le bénéficiaire comptable, mais le taux consenti – fût-il négatif – n’est certainement pas perdant pour le prêteur ! L’idée de rente perpétuelle interpelle également sur la nature du prêteur, sa nationalité, son caractère public, parapublic ou privé…

Les pertes engendrées par des annulations de dettes toucheraient aussi concrètement les français :

Il n’est pas simple d’identifier ceux à qui la France doit au final payer ses dettes. Les dettes se vendent, s’échangent, se rachètent, se titrisent, se donnent en garantie, s’agglomèrent… au gré des marchés financiers d’une inventivité extrêmes. Pour autant, directement ou par ricochet, les assurances-vie ont largement investi dans les emprunts D’État. L’Assurance-vie française représente des encours arrivant aux trois quarts de la dette publique française. L’annulation de tout ou partie de la dette de la France impacterait significativement les encours des épargnants français. L’Assurance-vie souffre déjà des faibles taux. Elle a des réserves qui cachent encore ces difficultés. Mais l’annulation de titres détenues sur la France entrainerait des pertes considérables pour elle. En aval, les épargnants français (qui ne sont pas tous des nantis loin s’en faut) se verraient sans doute lourdement pénalisés. Ce serait sans doute plus injuste qu’un remboursement classique, assuré par une recette ciblée (comme par exemple une taxation des grosses successions).

Les banques centrales peuvent pour autant être sollicitées :

La Banque Centrale Européenne détient une part de nos dettes suite à ses rachats destinés à faciliter leur gestion. Une neutralisation de cette fraction (autour de 15 à 20 %) parait possible par une gestion dans la durée, sans présenter d’inconvénients pour les épargnants. Outre une gestion dans le temps, un autre avantage serait de pouvoir afficher une forme de mutualisation au niveau européen. Souvent rejetée, aujourd’hui remise à l’ordre du jour, cette mutualisation pourrait sur ce sujet commun à tous les pays, redore le blason de l’Europe sérieusement écorné par sa gestion de la crise sanitaire. L’absence statutaire de compétences juridiques en matière de santé a entrainé la faiblesse des compétences humaines dans la gestion des vaccins dans une intention louable. En matière de finances, pareil paradoxe semble inimaginable. Encore faudra-t-il affirmer la volonté politique.

Ces quelques réflexions sont volontairement dépouillées de considérations trop techniques et dépourvues des chiffrages habituels qui ne parlent pas à nos concitoyens tant ils portent sur des volumes à des années lumières de leur quotidien. Elles peuvent pour autant éviter de laisser dire n’importe quoi sur le sujet. Dans l’idéal, elles pourraient aussi constituer le socle d’un consensus qui ne règle pas tout mais qui circonscrit la question.

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Préférence sexuelle en politique... Atout ou handicap ?

18 Mars 2021 , Rédigé par Christian Eckert

Être un homme en politique est réputé être un atout…

C’est devenu aujourd’hui tout le contraire !

Mon parcours politique personnel étant plus près de son terme que de son envol, ce constat ne concerne pas le « 7 fois grand père » qui se permet d’en parler ici…

Ainsi l’heureuse libération de la parole concernant le harcèlement sexuel (dont les victimes sont le plus souvent des femmes) a contraint les males les plus excités à contrôler leurs pulsions…

De même les propos misogynes sont devenus beaucoup plus rares et tant mieux. Leur utilisation pénalise derechef ceux qui pourraient l’oublier.

Mais comment un homme peut-il alors porter un commentaire sur une collègue féminine, qu’elle soit sa concurrente ou sa partenaire, sans courir le risque de se voir accuser de la regarder avec un œil situé plus sous la ceinture qu’au milieu du visage ? Un homme qui encense une femme est un dragueur et lorsqu’il la dénigre il est un macho…

Dans le monde politique, certaines femmes jouent de ce registre. J’en ai côtoyé quelques-unes : pour obtenir une décision en leur faveur, il est arrivé que des postulantes développent comme principal et parfois seul argument : « si vous ne voulez pas de moi, c’est parce que je suis une femmes ». J’ai connu des raisonnements intellectuellement plus forts, même s’il faut reconnaître que les hommes sont très et trop largement surreprésentés dans le personnel politique.

Mais les excès sont détestables. Se victimiser systématiquement en incriminant son sexe, son origine, sa religion ou sa nationalité dessert les légitimes combats pour l’égalité et contre les discriminations. De même, vouloir avoir raison en s’appuyant uniquement sur ces mêmes critères ne trouve aucune légitimité pour le vieux cartésien que je suis.

Concernant les futures élections départementales, je soutiens sans réserve une femme, Valérie Beausert-Leick, pour présider le département de Meurthe-et-Moselle. Pas pour ses beaux yeux ou ses chromosomes, mais simplement parce que je la connais, parce qu’elle a des convictions que je partage et qu’elle a fait ses preuves dans la durée sur un territoire où elle a milité et agi.

Pour les prochaines présidentielles, ma préférence va à deux femmes, Christiane Taubira ou Anne Hidalgo. Pas pour leur sourire ou leurs chromosomes, mais simplement parce que je les connais, elles ont de la culture politique, partagent mes valeurs, ont fait leur preuve et sont engagées dans la durée sur des terres où elles ont agi.

Mais, sans être macho, il y a et aura sans doute des élections où mon choix pourra ne pas être forcément féminin… Avec des arguments que certain(e)s pourront trouver trop rationnels. Et chacun restera libre...

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Un territoire oublié : Le Pays-Haut en Meurthe-et-Moselle.

7 Mars 2021 , Rédigé par Christian Eckert

Ce week-end, il n’est question partout que de vaccination… Tant mieux ! Même si je ne suis pas spécialiste, je fais confiance à la médecine et j’entends très majoritairement de la part des praticiens des appels pressants à ce que le vaccin soit généralisé. On discute du type, de la fréquence, des publics prioritaires, du caractère obligatoire.... C’est normal. Mon point de vue personnel n’ajouterait rien au débat…

 

Je viens d’avoir 65 ans. Agrégé de Mathématiques, je n’ai pas attendu que Benjamin Castaldi m’indique un site Internet pour calculer mon IMC… Ma silhouette suffit d’ailleurs à indiquer sans autre examen médical et sans calculette que je peux sans contestation revendiquer un facteur de comorbidité !

 

J’habite dans le nord de la Meurthe et Moselle, territoire décrit comme très affecté ces derniers jours, le plus touché de la Meurthe-et-Moselle qui est classée dans les 23 départements sous surveillance renforcée, au sein de la Région Grand-Est que tout le monde sait être l’une de plus contaminée depuis le début de la pandémie.

 

Olivier Véran ayant annoncé il y quelques jours qu’un des vaccins est désormais administrable aux personnes ayant mon profil, j’ai cherché depuis cette annonce faite au journal télévisé à me faire vacciner.

 

La presse locale avait annoncé l’ouverture de « vaccinodromes » avec photos des autorités à l’appui. J’ai lu depuis que ces lieux sont très souvent fermés faute de doses. Doctolib ne connait pas les villes du Pays-Haut. J’ai appris que le Maire de Nancy (où on vaccine à tour de bras…) demandait au Préfet d’envoyer 8 000 doses de Moderna dans le Pays-Haut. J’ai lu que les militaires (il était temps !) et les pompiers (il fallait y penser !) étaient parfois engagés ! Pas chez nous...

 

Tuyauté par une amie, j’ai tapé « Metz » sur doctolib vendredi. J’ai eu un rendez-vous dès le lendemein samedi dans la journée. Au Palais des Sports de Metz, hier samedi, j’ai trouvé une affluence tranquille, des formalités simples, des sourires accueillants, des horaires respectés… J’ai eu ma première dose d’AstraZeneca. 24 heures plus tard, je suis en pleine forme…

 

Ce dimanche matin, j’ai pianoté sur internet : il reste des places (donc des doses) pour cette après-midi à Metz. Le Pays-Haut n’apparait nulle part. Le Nord de la Meurthe-et-Moselle peut voir son taux d’incidence exploser. Quelques élus de chez-nous ont grogné… D’autres pas…

 

Les télés se gargarisent des records de vaccination ce week-end et les membres du Gouvernement visitent les « vaccinodromes » devant les caméras. Dans le Pays-Haut, on a simplement rendu obligatoire le port des masques partout et interdit l’alcool sur la voie publique… Pitoyable…

De toute façon, cette opération de communication passée, les vaccins restent indisponibles et les vaccinations restent rarissimes dans les territoires...

 

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Darmanin feint de reculer mais seules les libertés reculent !

20 Novembre 2020 , Rédigé par Christian Eckert

Quelques rappels techniques, juridiques mais aussi politiques s’imposent concernant le texte plus liberticide que sécuritaire examiné en ce moment par le parlement .

  • il s’agit d’une PROPOSITION de loi et non d’un PROJET de loi. Une proposition de loi est présentée par des parlementaires. Un projet de loi est proposé par le Gouvernement. Une des différences est que les projets de loi doivent être accompagnés d’une étude d’impact et au préalable être examinées par le Conseil d’Etat. Rien de cela pour les propositions de loi. Passer par des parlementaires permet de ne pas décrire précisément les effets de la loi si elle est adoptée. Cela évite aussi que le Conseil d’Etat ne pointe les incohérences juridiques et constitutionnelles que pourraient présenter le texte. Cet avis est d’ailleurs, depuis le quinquennat précédent, rendu public… En passant par une proposition de loi, le Gouvernement évite ces écueils.
  • La modification proposée en dernière minute sous la pression par le Gouvernement consiste à utiliser une méthode connue et dangereuse : Le Gouvernement a réécrit le texte en parlant de « but MANIFESTE » de nuire… et il présente le rajout du mot « manifeste » comme un rempart aux abus… Cela n’a pas de sens : la constitution impose au législateur de veiller à l’intelligibilité de la loi. En l’occurrence, le mot « manifeste » est subjectif et pourrait provoquer la censure constitutionnelle au titre de l’illisibilité de la loi. L’interprétation par les juges du mot « manifeste » ne saurait être uniforme et traduire la volonté floue du législateur…
  • Les propos de François de Rugy sont aussi pour le moins écœurants : en gros, il demande à la presse d’accepter de restreindre sa liberté d’informer en leur rappelant que la presse est subventionnée… Cela s’apparente à une menace ou un chantage : Fermez-la ou on vous coupe les vivres… Il est vrai que chez ces gens-là, tout s’achète, même les principes les plus fondamentaux… Son exemple en est une preuve.

Si les dérives droitières et ultra-libérales en matière économique et fiscale du Président Macron étaient largement prévisibles – en tout cas pour moi - , ses actes incroyables en matière de libertés publiques sont une surprise pour beaucoup. Notre pays a été celui des lumières. A nous de ne pas les laisser s’éteindre.

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