DSK : lynchage médiatique avant procès !
L’affaire DSK est évidemment un coup de tonnerre pour la vie économique mondiale, la vie politique française, mais aussi et surtout la vie de cet homme et de sa famille.
Je n’ai pas d’affinités particulières avec DSK. Je l’ai croisé quelques fois :
· Il y a longtemps, alors qu’il était Ministre de l’Industrie : La SOVAB à Batilly, c’était lui ! Presque trente ans plus tard, c’est toujours avec 3000 emplois le plus gros employeur de notre département !
· Dans quelques congrès ou réunions publiques : il avait le discours clair, structuré et rigoureux. Presque trop pour des auditoires cherchant plus l’envolée lyrique que l’analyse critique !
· Plus récemment pendant quelques semaines : il était député en 2007 à mon arrivée à l’Assemblée. Téléphone portable vissé à l’oreille, peu présent aux réunions de groupe ou en séance, il a rapidement « fait le saut » jusqu’à Washington, ce que de nombreux députés n’ont pas apprécié.
Force est pourtant de souligner son rôle et ses qualités :
· Son travail au FMI, parfois brocardé par la gauche de la gauche, a permis de préserver l’essentiel. Même en Grèce - d’où j’écris ces quelques lignes - on reconnait que le directeur du FMI n’a pas été le plus dur parmi ceux qui ont mis au point les plans de sauvetage successifs.
· Son charisme a fait de lui le favori et le préféré des français pour battre Sarkozy en 2012. C’est une performance exceptionnelle en étant si loin de la France, dans un rôle difficile, à un an des présidentielles.
· La campagne qui s’amorçait aurait sûrement permis de confirmer qu’il avait une grande capacité à concilier une vision mondialisée de l’économie et une approche concrète des questions sociales auxquelles les socialistes restent viscéralement attachés.
Les circonstances de l’affaire du Sofitel interpellent et nous interdisent tout jugement sur le fond :
A plusieurs milliers de km, avec le décalage horaire, avec les différences de nos systèmes judiciaires, à travers le seul prisme des journalistes sur place, s’appuyant sur les déclarations de procureurs ou d’avocats forcément partisans, sous le coup d’émotions non déconnectées de nos opinions politiques, les commentaires formels criant au complot avéré ou au crime indiscutable sont pour le moins déplacés. Laissons policiers, avocats et juges aller au bout de leurs investigations… On aurait dit cela en France, où les procédures d’enquêtes sont (avant les idées d’un certain Sarkozy) contradictoires et se font sous la houlette d’un juge d’instruction (encore) indépendant.
Le traitement de l’homme est scandaleux et brutal. Il aurait été possible de protéger l’image et de rappeler la présomption d’innocence d’un homme de stature mondiale, sans pour autant entraver le travail de la police. La mise en scène de sa sortie du commissariat de Manhattan comme celle de son audition devant la juge sont de nature à le condamner devant l’opinion publique avant l’heure ! En France, il est interdit de publier des photos d’un prévenu menotté et de filmer une audience dans un tribunal. Diffuser ces images dans notre pays à un public qui n’en a que la vision des séries télévisées, est aussi irresponsable qu’irréversible. Un homme public doit-il avoir un traitement particulier ? Sur le plan judiciaire, bien sûr que non ! Sur la protection de son image, bien sûr que oui ! Les photos de DSK menotté et encadré par des flics en uniforme, pèseront désormais, combien même serait-il innocenté par la suite, sur toute candidature aux élections présidentielles en France, même si c’est celle d’un autre socialiste !
Le PS a produit son projet collectivement, avec DSK au FMI. Le PS doit répondre à l’attente des français pour battre Nicolas Sarkozy. Martine Aubry a su fédérer lors de l’élaboration du programme. Elle a toute légitimité a organiser les primaires qui désigneront notre candidat(e), et je souhaite qu’elle y participe personnellement.
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