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Blog de Christian Eckert

Articles récents

Le Parlement ne compte plus !

10 Mai 2010 , Rédigé par Christian Eckert

Surréaliste, écoeurant...

 

Ce que nous avons vécu sur le texte Grenelle 2 est assez incroyable !

 

Un texte de plus de 200 articles, qui se voulait un monument législatif, le Gouvernement et la Conférence des Présidents lui accorde royalement 30 heures de débat, dont 11h30 pour notre groupe !

 

D'abord, ce texte est étudié en séance au moment de la crise financière et personne ne s'y intéresse.

 

Ensuite, son examen a lieu les 6 et 7 mai, veille d'un jour férié, et les Parlementaires sont pressés de retourner commémorer l'armistice dans leurs circonscriptions.

 

Ayant avec Jean Yves et Michel déposé des amendements importants sur la gestion de l'Après-Mine, je suis allé à Paris le 6 au soir, et ai attendu... en vain, l'examen de ces amendements :

 

Dans la soiré du vendredi 7, la Conférence des Présidents (majorité de droite) a décidé de finir le texte dans la nuit du 7 au 8 mai... Nous avons donc attendu jusqu'à 3h20 du matin de ce jour férié pour voir notre temps de parole épuisé, malgré la bienveillance des socialistes restés là qui nous gardaient un peu de temps en réserve...

 

Aucun député de droite lorrain n'était présent ! Ils font les jolis coeurs en Lorraine mais ne suivent pas leurs engagements à Paris !

 

Une nuit quasi-blanche pour rien. Pas grave pour nous, c'est notre job. Mais nul pour les sinistrés qui seront déçus par le résultat. Le travail fait a montré que la méthode (intervenir sur ce texte là) était la bonne. La volonté politique du Gouvernement aurait pu être différente. L'engagement de la droite lorraine, pourtant sollicitée par le Collectif des communes minières, aura été inexistant.

 

C'est dans ce genre de situation qu'on voit le rôle du Parlement. Avec le nouveau règlement, ce rôle est devenu assez insignifiant !

 

 

 

 

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Le temps programmé des débats !!!

7 Mai 2010 , Rédigé par Christian Eckert

Je vais encore me plaindre !

 

Avec mes collègues Jean Yves Le Déaut et Michel Liebgott, nous avons préparé des amendements au texte Grenelle 2 pour améliorer le sort des victimes d'affaissements miniers, notamment ceux de notre bassin de Piennes Landres.

 

Les règles de l'élaboration des lois nous obligent à présenter ce type de dispositions seulement lors de l'examen de textes traitant de thèmes en rapport avec le sujet.

 

Il nous est apparu, comme le texte Grenelle possède un chapitre traitant des risques industriels, qu'il y avait là une "fenètre de tir" !

 

L'Assemblée étudie en ce moment le texte Grenelle, et nos amendements ont été placés par le service de la séance après l'article 82.

 

Depuis la réforme du réglement, le temps d'examen des textes est limité. Pour ce texte, le temps est de 30 heures dont environ 11h30 pour notre groupe, avec un décompte complexe et peu prévisible.

 

Le moment de l'examen de nos amendements dépend donc de l'avancement des débats. Je suis donc revenu ce vendredi à Paris pour ne pas manquer de défendre nos propositions. Depuis le début, le débat s'enlise sur tous les sujets : les énergies renouvelables, la politique agricole...

 

A cette heure (15 heures), nous ignorons si la séance aura lieu cette nuit (veille du 8 mai), ou s'il sera repris lundi... Nous n'en sommes qu'à l'article 45.

 

Pire encore, si le temps de parole de notre groupe est insuffisant, il n'est pas impossible que nos amendements soient examinés sans débat, en catimini donc, et que je sois venu pour rien... ou presque.

 

Fichu règlement, fichue organisation...

 

Je reste donc à Paris, me prépare à une nuit blanche, ou à un retour impromptu lundi...

 

Je louperai sûrement les cérémonies du 8 mai à Trieux.

 

En tout cas, j'aurai fait le job !

 


 


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Les Banques ont encore gagné !

5 Mai 2010 , Rédigé par Christian Eckert

 

Tard dans la nuit de lundi à mardi, je suis intervenu pour expliquer le vote des socialistes sur le plan d'aide à la Grèce.

Ci-dessous, mon intervention :

 

M. le président. Dans les explications de vote sur l’ensemble du projet de loi de finances rectificative, la parole est à M. Christian Eckert, pour le groupe SRC.

M. Christian Eckert. Le groupe SRC votera ce collectif budgétaire. Je voudrais cependant, mes chers collègues, vous mettre en garde contre un triomphalisme que j’ai cru percevoir, notamment dans les propos de M. Jérôme Chartier. Présenter ce texte comme une grande victoire de la France, voire du Président de la République, me paraît très largement excessif. Je préfère l’humilité de M. François Baroin ou de Mme Lagarde, qui n’en font pas une victoire.

Quel sont nos regrets ?

Premièrement, nous regrettons la lenteur de ce plan. Vous nous avez dit : « Nous y sommes arrivés » – ou presque. Mais n’oublions pas que les ordinateurs des traders fonctionnent au millionième de seconde alors qu’il nous a fallu plusieurs mois pour parvenir à ce plan de sauvetage.

Deuxièmement, notre regret a trait aux taux. Et l’on peut avoir le sentiment, ne vous en déplaise, que des bénéfices seront réalisés sur la misère d’un peuple, aux côtés duquel nous souhaitons nous engager.

Troisièmement, madame la ministre, vous dites réfléchir, vous prétendez même avoir écrit des courriers pour obtenir des codes de bonne conduite. Vos prises de position sur la régulation, sur les agences de notation, sur les CDS, que vous ne souhaitez pas interdire mais que vous souhaitez voir organiser dans un marché ordonné, nous montrent que la régulation n’est pas encore effective.

Notons aussi que c’est finalement l’Allemagne qui a imposé sa loi et ses règles. Pour ce qui est des diktats des marchés, notre collègue Perruchot a indiqué à quatre reprises que les marchés exigeaient telle ou telle mesure, telle ou telle démarche.

C’est donc aussi une victoire des marchés.

Dernier élément, qui me paraît le plus important : les banques – le débat l’a montré – s’en sortent finalement bien. Une fois de plus, les risques supportés par les États vont se substituer, et probablement dans la durée, aux risques actuellement supportés par les banques. Nous regrettons d’autant plus votre absence de volonté de taxer le système bancaire. Nous vous l’avions proposé ; vous avez refusé de nous suivre.

Les États vont se substituer aux banques, pour ce qui est du fonctionnement de l’économie et de l’organisation de la finance internationale. Il nous semble que la contrepartie serait d’avancer sur la question de la taxation des bénéfices des banques. Des pistes existent, elles ont été explorées, mais vous les avez malheureusement abandonnées.

Le groupe socialiste restera vigilant quant à la mise en œuvre des mesures de régulation et au suivi, dont M. le président de la commission des finances a souligné la nécessité.

Nous voterons néanmoins ce texte, mais sans triomphalisme. Restons humbles ! Il ne s’agit pas d’une grande victoire ni de la France, ni du Président de la République, ni de l’Europe. Il s’agit d’éteindre un incendie qui menace de s’étendre à l’ensemble de notre Communauté. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)

 

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Le "Grenelle 2" à l'Assemblée

3 Mai 2010 , Rédigé par Christian Eckert

 

Cette semaine, nous examinerons le projet de loi du « Grenelle 2 » à l’Assemblée nationale.

Par rapport au « Grenelle 1 », ce texte marque un recul incontestable du gouvernement.
Je me souviens que le candidat Sarkozy répétait sans cesse que le développement durable, c’était « une urgence, une nécessité », on a même entendu parler d'un « New Deal écologique »!

Les associations, les syndicats, les entreprises, l'Etat et les collectivités territoriales ont travaillé main dans la main pendant quatre mois. Ce travail a donné naissance à la loi d’intention du « Grenelle 1 », dont nous avons voté les grands principes à la quasi-unanimité. Mais ce n'étaient que des principes, et la loi du « Grenelle 2 » devait assurer leur financement.
Mais voilà, Nicolas Sarkozy a lancé le chantier d’une « taxe carbone » injuste socialement et inefficace écologiquement, puis il a reculé et abandonné l'idée de fiscalité écologique. Puis il y a eu l'échec de Copenhague et un plan de relance qui n’a pas pris en compte la nécessité du développement durable. Et voilà que l'Etat refuse de s’attaquer aux entreprises polluantes, dérégule le secteur de l’énergie, privatise la distribution du gaz et reporte la « taxe poids lourds »...
Souvenez-vous de Nicolas Sarkozy au Salon de l'agriculture en mars dernier : « Toutes ces questions d’environnement, ça commence à bien faire ! ». On l'avait compris !!!
Autant le dire tout de suite : le « Grenelle II » n'est qu'un catalogue de mesures techniques et d’ajustements que les députés sont sommés d’examiner...en 30 heures !! Rien que ça !

Les reculs sont partout : on renonce à une agriculture respectueuse de l'environnement en ne prenant aucune mesure forte pour le développement de l’agriculture biologique ; on recule sur l'interdiction des pesticides, sur l'étiquetage environnemental. Les mesures pour protéger la biodiversité ne sont ni contraignantes, ni financées.

Tout doit être bouclé en 30 heures, et j'en suis sûr, cette fois-ci, le gouvernement tiendra sa parole !

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Les retraites ne doivent pas cacher le reste !

28 Avril 2010 , Rédigé par Christian Eckert

Le gouvernement vient de découvrir l'urgence de la question des retraites. On en oublierait presque que la droite est au pouvoir depuis 8 ans !

 

Bien sûr, c'est une question très importante, mais quand on évoque des projections à horizon 2050, on en est plus à trois mois près !

 

La question des retraites ne doit pourtant pas cacher les autres questions sociales : baisse du pouvoir d'achat, hausse du chômage, stagnation du SMIC, multiplication des allocataires ASSEDIC en fin de droit...

 

Je suis de plus en plus frappé par un autre phénomène dont on ne parle pas assez et qui n'est pas sans lien avec la question des retraites : je veux parler des conditions de travail.

 

Auditionné par le groupe socialiste il y a quelques semaines, Brice Tinturier, grand spécialiste de TNS/SOFRES, nous indiquait que toutes les enquètes d'opinion mettaient aux tous premiers rangs des préoccupations des français le mal-être au travail.

 

J'ai eu récemment plusieurs rencontres avec des salariés qui m'ont tous fait part de la dégradation de leur vie au travail : harcèlement, relevé des moindres "écarts", avertissements, incitation au "départ volontaire"...

 

Cela n'est pas étranger au débat sur les retraites : j'ai souvent croisé des salariés dont l'impatience à partir en retraite était plus liée au "ras le bol" du boulot qu'à la simple question de l'âge.

 

Je pense sincèrement que si les conditions de travail étaient meilleures, surtout pour les "seniors", la question de l'allongement de la durée de cotisation ne se poserait pas de la même façon.

 

Le gouvernement s'est positionné sur la seule question de l'équilibre financier des régimes de retraite. Il aurait mieux valu proposer clairement aux partenaires sociaux et aux parlementaires de discuter simultanément de toutes les questions liées à l'emploi : niveau des rémunérations, conditions de travail, heures supplémentaires, durée du travail, chômage, accroissement des inégalités salariales...

 

Si on isole une problématique, on risque fort de passer à côté de l'essentiel : donner sens à la vie, au travail comme ailleurs, en rassemblant une communauté humaine au service du progrès et du bien être. La vie professionnelle en est un aspect important, probablement même structurant, mais ce n'est pas le seul. 


 

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Allocation différentielle pour les frontaliers

28 Avril 2010 , Rédigé par Christian Eckert

Samedi dernier, 24 avril, les salariés frontaliers ont manifesté à Metz devant la Préfecture, avec les soutien de l'OGBL que je remercie de m'autoriser à mettre en ligne cette petite vidéo où vous reconnaîtrez Francis Herbays, mon assistant parlementaire qui me représentait car j'étais engagé sur une autre manifestation au même moment.

 

Leur combat est juste, je les avais déjà vus et j'ai ait de nombreuses démarches à leur côté. Il faut faire revenir Nadine Morano sur son décret qui privera de nombreux frontaliers des ressources qui leur permettaient d'employer jusque là des assistantes maternelles. Ce n'est sûrement pas comme cela qu'on créera de l'emploi !

 

Pour voir la vidéo,   CLIQUEZ ICI

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Ce qui se décide à Paris se vit chez nous...

28 Avril 2010 , Rédigé par Christian Eckert

Je suis toujours frappé par le décalage entre ce que je vis ici à Paris et ce qui est vécu dans ma circonscription.

 

A Paris, lorsqu'on évoque le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux, les députés de droite jubilent, et applaudissent à tout rompre. A croire qu'ils ont un compte à régler avec cette catégorie, qui certes bénéficie (encore) d'une garantie d'emploi, mais qui n'est quand même pas surpayée. Je rappelle que l'économie budgétaire de cette mesure représente environ 500 Millions d'économie annuelle au budget de l'Etat, soit 7 fois moins que le manque de recettes lié à l'abaissement de la TVA dans la restauration dont chacun aura mesuré qu'elle n'a aucunement baissé les prix.

 

Sur le terrain, les parents d'élèves manifestent : A Mairy-Mainville, à Valleroy, à Longwy... Les écoles sont occupées, les barrages des routes sont organisés... Cela n'est que la conséquence des mesures décidées à l'Assemblée par le Gouvernement, appuyées et votées par leurs députés, UMP, Nouveau Centre, Sarkozyste, Villepinistes, tous complices. Les pauvres proviseurs, inspecteurs, recteurs, sont chargés de gérer la pénurie, et ne savent plus comment faire ! La colère monte.

 

Les socialistes ne sont pas parfaits, ne l'ont pas toujours été lorsqu'ils étaient aux manettes, et ne le seront sans doute pas s'ils y reviennent. Mais quand même ! Si les gens ne font pas la différence, ils en reprendront pour cinq ans.

 

A nous de prendre les engagements que les gens attendent, sans oublier les inévitables contraintes que nous devons clairement montrer : remettre de l'ordre dans le chaos libéral prendra beaucoup de temps et demandera beaucoup de combats.

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Une rentrée en fanfare !

27 Avril 2010 , Rédigé par Christian Eckert

Après une interruption de deux semaines, l'Assemblée a fait sa rentrée ce matin.


Une belle rentrée pour moi : Dès le matin, à 9h30, j'ai entamé la séance des questions orales sans débat par une question au Ministre de l'Aménagement du territoire au sujet du projet Esch Belval. Michel Mercier a quasiment répondu à ma sollicitation de créer sur ce territoire un Etablissement Public d'Aménagement. Il n'y a mis que quelques réserves d'usage, laissant à d'autres sûrement les annonces à venir.


Lors de la réunion du groupe, qui hésitait sur la forme d'une question sur la crise grecque, j'ai suggéré d'élargir le débat sur la régulation financière, et... sans vraiment le chercher, j'ai hérité d'une question au Gouvernement !

J'ai donc gratté en vitesse, avec l'aide toujours précieuse de Pierre, mon assistant parisien.


Les plus fans pourront visionner la question (et la réponse) à partir de la 35° minute en   CLIQUANT  ICI.


Tout cela s'est fait sous le regard curieux et intéressé de deux journalistes longoviciens venus dès l'aube suivre mon travail du mardi. Ils ont été servis, car (heureusement), ce n'est pas toujours pareil.

 

Quelques autres réunions entre-temps, et un déjeuner en commun à midi, au restaurant de l'Assemblée.

 

Une belle journée de travail qui s'achèvera tard car je suis le débat sur la réforme des chambres de Commerce et d'Industrie qui commence aujourd'hui.

 

Demain, je retrouve François Baroin en Commission des finances, qui présente son collectif budgétaire à partir de 9h30.

 

Mais demain sera un autre jour !

 


 



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Un lundi chargé avant une semaine lourde...

26 Avril 2010 , Rédigé par Christian Eckert

Ce lundi est une belle journée de travail avec un programme bien chargé.

 

Aujourd'hui, une délégation de trois parlementaires nationaux est en Lorraine pour examiner l'avenir des territoires frontaliers et les modifications réglementaires à envisager pour faciliter les échanges.

 

C'est important, même si les rapports d'information rédigés par les parlementaires sont nombreux et pas toujours suivis d'effets.

 

J'étais ce matin avec eux à Russange où des expériences concrètes ont été échangées, avec des élus locaux invités à faire part de leurs espoirs.

 

Je les rejoindrai à la Préfecture de Région en milieu d'après-midi, où nous devrions approfondir les échanges avec le Préfet de Région. Je passerai au Lycée de Longwy ensuite car les personnels ont prévu une action spectaculaire pour protester contre les conditions de la prochaine rentrée. Je finirai avec mes amis socialistes du secteur pour échanger sur la situation politique dans le Bassin.

 

Demain, retour à Paris où je serai accompagné par deux correspondants du Républicain Lorrain, qui souhaitent suivre une journée du Député à Paris. Ils ne devraient pas être déçus, car je commence dans l'hémicycle dès 9H30 par une question orale sans débat au Ministre Mercier, sur Belval et son O.I.N. J'enchaîne par les réunions du mercredi : 9H45 avec des députés Aubryistes pour se coordonner, le bureau du groupe SRC autour de Jean Marc Ayrault à 10H30, le groupe en entier à 11H, une réunion des socialistes de la Commission des Finances à 12H, le calage du temps de parole sur le texte Grenelle2 à 14H, les questions au Gouvernement à 15H, le vote solennel de deux textes dans la foulée, puis l'examen du texte sur la réforme des chambres de Commerce et d'Industrie qui devrait se poursuivre tard dans la nuit !

 

Je prendrai le temps de déjeuner avec eux et de leur faire la viste des locaux dans la journée...

 

Les journées des députés sont certes passionnantes, mais, tous peuvent le constater, plutôt bien remplies.

 

 

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J'ai beaucoup de chance ! Les gendarmes font leur travail !

23 Avril 2010 , Rédigé par Christian Eckert

Ce vendredi, entre Sancy et Audun le Roman, à10h42, mon téléphone sonne dans ma voiture. Un numéro de portable, non reconnu... Exceptionnellement je décroche, sans le kit main libre qui équipe ma voiture habituelle retenue au garage pour réparations.

 

Un citoyen au bout du fil sollicite l'appui de son député. C'est urgent, on lui a donné mon numéro de portable.

 

La conversation dure deux minutes exactement. Je raccroche en lui promettant de le rappeler dès mon arrivée à la permanence pour organiser un rendez-vous.

 

Au même moment une sirène de police m'interpelle, venue d'une voiture banalisée qui me suivait.

 

Une gendarmette, me demande poliment mais froidement mes papiers : "Vous savez pourquoi on vous arrête ?". Hé oui, je le sais !

 

Je suis verbalisé et on m'informe que je peux payer 22€, en liquide ou en chèque sur le champ, ou par timbre amende dans les quinze jours. La gendarmette me dit aussi que j'encours la perte de deux points. La formule est étrange, vu que cette perte de points est quasi-automatique.

 

Sans me présenter, je demande simplement d'où vient cette patrouille. Les militaires me disent appartenir au PSIG, peleton d'autoroute de Jarny.

 

Je suis sur une route départementale, au centre d'Audun le Roman.

 

Une fois le PV récolté, je me présente, les informe du motif de mon coup de fil, en leur disant m'étonner de voir le PSIG très souvent sur Trieux et Audun. Ce n'est pas la première fois que je le constate. La nuit du nouvel an et quelques évènements de cette nuit là me reviennent en mémoire. Je dis froidement à ces militaires que je ne demande aucune faveur, ne l'ayant jamais fait pour moi même et l'ayant très peu fait pour d'autres.

 

Je devais retrouver tous mes points en septembre (il m'en reste 7) après trois ans sans infraction.

 

Les militaires disent ne pas me connaître (un peu étonnant) et me signalent que mon permis n'est pas signé (!).

 

Je les quitte donc, rassuré sur l'efficacité des forces de l'ordre, qui, sur ce coup là au moins, ont parfaitement rempli leur noble mission en appliquant avec rigueur et conscience les lois de la République que les parlementaires votent majoritairement.

 

Plus tard, une moto me double à une vitesse folle, et un coupé sport me double dans la descente de Longwy largement au delà de la vitesse autorisée.

 

Je repense à nos interventions pour garder une brigade de gendarmerie à Trieux, à la qualité du casernement que nous avons construit, aux prêts de salles et de matériels que nous avons gracieusement consentis... Je repense aussi à quelques affaires où j'ai convaicu des concitoyens de ne pas faire d'histoires lorsqu'ils se plaignaient -parfois à juste titre- du comportement des forces de l'ordre. Je connais la difficulté de leur métier. Mon père était policier. Mon mandat de Maire m'a souvent conduit à côtoyer les forces de l'ordre dans des situations dramatiques.

 

Je n'ai aucune excuse, ayant commis une incontestable infraction aux lois de la République, alors même que j'en représente un maillon.

 

Je ne peux m'empêcher de penser qu'il y a quelques années, on m'aurait sans doute demandé pourquoi je téléphonais et qui j'étais... On m'aurait légitimement réprimandé. On m'aurait peut-être verbalisé.

 

Le progrès, c'est qu'au moins on est sûr aujourd'hui qu'il n'y a pas de privilèges. On est sûr que les forces de l'ordre ne connaissent pas les parlementaires du territoire surlequel ils interviennent. On est donc certain qu'ils ne passent pas de temps à lire le journal enfermés dans leur brigade. Ils traquent le contrevenant sans aucun discernement, ce qui montre bien leur souci de l'égalité des citoyens devant la loi.

 

Au fait, il faut que je vous dise : La personne qui m'appelait me demandait de l'aider à rapatrier en France, un fils tombé dans le comma à l'étranger. Moi, prendre son appel au volant m'aura coûté deux points sur mon permis.

 

Cela m'aura surtout permis de mesurer le bonheur que j'ai d'avoir trois filles en pleine santé !

 

J'ai vraiment beaucoup de chance !

 

 

 

 

 

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