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Blog de Christian Eckert

Réforme ou Révolution ?

18 Décembre 2012 , Rédigé par Christian Eckert

Question qui peut paraître "pompier" ou "enfonçage de portes ouvertes", mais qui nous revient à l'esprit en cette période qu'il faut reconnaître difficile pour les socialistes. La gauche, ma famille politique, a toujours eu ce débat entre révolutionnaires et réformistes, surtout en Lorraine où je vis. A tel point que "réformiste" était souvent chez les gueules jaunes de chez nous, une insulte synonyme de "ventre jaune" ou encore de "social-traitre" ou de "c****** molles". Comme si seules les révolutions pouvaient changer les choses...

 

A l'heure ou une quinzaine de députés socialistes signent une tribune demandant à François Hollande un changement de cap, nous devons réfléchir et reprendre un peu de hauteur.

 

Sur la forme tout d'abord :

 

Des tribunes fleurissent ici et là depuis le début de cette législature. Sans moi. Sur le droit de vote des étrangers aux élections locales, le mariage pour tous, le traité constitutionnel européen, la nationalisation du site de Florange... Mes positions sont connues, ce blog y contribue. Ma parole y est libre et souvent relayée. Les députés socialistes m'entendent très souvent en réunion du groupe défendre mes points de vue, avec force et vigueur. Mais une fois la décision collective prise, je suis solidaire. La réussite et la crédibilité d'une majorité passent par là.

 

Sur le fond ensuite :

 

Je suis bien placé pour mesurer le chemin parcouru par cette majorité depuis 6 mois de législature : On nous dit, mais où est la révolution fiscale ? Il suffit d'ouvrir les yeux : le retour de l'ISF, la tranche d'impôt à 45% pour les hauts revenus, la taxe à 75% pour ceux supérieurs à 1 Million d'Euros, la fin de la niche Copé, l'assiette de l'impôt sur les sociétés privée de la déduction des frais financiers, l'annulation de la TVA Sarkozy à 12 Milliards, la taxation des dividendes et intérêts au barême comme les revenus salariés, le traitement des plus-values de cessions des valeurs mobilières...

 

En même temps, l'allocation de rentrée scolaire est revalorisée, les français qui ne paient pas d'impôts sur le revenu (la moitié) n'en paient toujours pas, des enseignants sont recrutés, le prix de l'énergie est au mieux maîtrisé, le déficit se réduit, l'âge de la retraite revient pour beaucoup à 60 ans... Aurions nous pu faire mieux avec la situation désastreuse dont nous avons hérité ? La droite avait prédit que notre élection ferait exploser nos taux d'intérêts. C'eut été une catastrophe budgétaire. Aujourd'hui, la France a des taux d'intérêts négatif !

 

En même temps, l'Etat fait des réductions de dépenses pas suffisamment mises en avant : pour la première fois depuis des lustres, les dépenses de l'Etat diminueront en 2012 de 200 Millions. Si nous n'avions pas pris des mesures en juillet, leur augmentation aurait atteint 10 Milliards ! On entend dire partout qu'aucune mesure d'économies n'est prise. C'est faux et tous les Ministres ont réduit les dépenses de leur secteur.

 

Pour autant, la détresse sociale existe, le chômage progresse, la précarité au travail se développe et cela nous oblige à réagir. Le plan Compétitivité Emploi du Gouvernement, les emplois d'avenir et les contrats de Génération sont autant de facteurs de retour à l'activité. Mais cela prendra du temps, dans un contexte international difficile.

 

La dette doublée et pesant sur nos comptes, la politique industrielle délaissée et détruisant les emplois, la fiscalité au service des plus favorisés, voilà ce que nos réformes veulent faire disparaître.

 

Sans doute n'avons nous pas assez dit que les efforts à fournir seraient lourds et que le temps de l'efficacité serait long.

 

Mais être taxé de trop d'immobilisme et de ne pas penser à ceux qui souffrent est injuste pour cette majorité. J'entends les "pigeons entrepreneurs" et Gérard Depardieu se plaindre de devoir contribuer au redressement des comptes. Cela me rassure. La grande majorité des français a plus de décence.

 


 


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GUEHENNEC 04/01/2013 18:20


Voilà encore un ex-enseignant (comme beaucoup des représentants socialistes) ne connaissant, pour la plupart, rien à la société civile et qui veut mettre à l'amende les riches et qui parle de
réduction de la dette en embauchant des enseignants à tour de bras, grassement payés mais avec quel argent?


Celui des travailleurs bien sûr.


Que pense-t-il de la prime de ''chauffage'' de 4600 euros des fonctionnaires du Sénat?


On est toujours le riche de quelqu’un. Prenons le cas de ce ‘‘POVRE’’ Monsieur Christian Eckert, professeur agrégé de mathématiques (15 h de ''travail'' hebdo) , encore jeune,
quoique s’il était resté enseignant il serait à la veille de la retraite, donc ce Monsieur, lui aussi est le riche de quelqu’un.


En effet, député-maire, détaché le l’éducation nationale, qu’il peut rejoindre en cas d’échec aux prochaines élections, Monsieur Christian Eckert empoche non pas un salaire, mais
des indemnités qui se montent au total à 13 512 euros bruts par mois.


Réparti de la manière suivante :
Indemnité mensuelle : 7 100, 15 € bruts par mois qui comprend une indemnité de base (5 514, 68 €), une indemnité de résidence (165, 44 €) et une indemnité de fonction non imposable (1 420, 03 €).
Cela représente 5 189, 27 € net par mois.
Indemnité représentative de frais de mandat : 6 412 € bruts par mois, pour faire face aux diverses dépenses liées à l'exercice de leur mandat (voiture, loyer, frais de réception, d'habillement...
).



Avantages : les députés disposent de 9 138 € bruts par mois sous forme de crédit destiné à rémunérer ses collaborateurs, accès gratuit à l'ensemble du réseau SNCF en 1re classe,
remboursement des forfaits de cinq lignes téléphoniques et d'un abonnement internet. Le président de l'Assemblée nationale jouit d'une indemnité propre de plus de 14 000 €.



Cumul : possible. Un député ne peut cumuler son indemnité parlementaire et les indemnités d'autres mandats électifs que dans la limite d'une fois et demie le montant brut de
l'indemnité parlementaire de base, soit 8 272, 02 €. Un parlementaire ne peut donc percevoir plus de 2 757, 34 € au titre de ses mandats locaux



Auxquels s’ajoutent les indemnités de maire, mais là c’est juste un pourboire.



Quant à sa retraite de député, il faut y ajouter celle de professeur de l’éducation nationale et si nous faisons le compte elle sera très confortable. Plus que celle du mari de
madame Michu dont le mari a été cantonnier.

seb 25/12/2012 22:34


**Sur la forme…


 


-Je ne suis pas du tout partisan des tribunes médiatiques
(ou pas), je vous suis donc sur ce point. Pour moi, c’est à l’Assemblée qu’un député doit s’exprimer (1), et ce dans les endroits requis pour ce faire (2) car prévus à cet effet.


 


-S’agissant des réunions de groupe en revanche, mon avis
est plus nuancé. Pour moi, le groupe a deux missions : veiller à ce que le programme commun aux députés (qui n’est pas nécessairement celui du parti) soit respecté par le Gouvernement (1),
se prononcer sur les moyens/outils pour parvenir à cette finalité (2).


 


-L’unité c’est bien, la cohérence c’est beaucoup mieux. Un
député ne pouvant être engagé que par sa propre profession de foi – et non celle d’un autre, fut il le Président de la République – il me semble malsain d’exiger des parlementaires qu’ils renient
celle-ci, parce que l’Exécutif ne s’est pas montré à la hauteur (1) ou fait du chantage affectif (2) ou non.


 


**Sur le fond…


 


-Qu’est ce qu’une Révolution ? L’instauration, de
manière irréversible, d’un ordre nouveau. Y a-t-il un seul élément, dans votre exposé, qui puisse être défini ainsi ? Pas que je sache...


 


-Qu’est ce qu’une Réforme ? Un changement radical ou important réalisé en vue d'une amélioration. Je n’ai pas souvenance que le statu quo ou la restauration
d’une situation passée, puissent se définir ainsi…


 


-Auriez-vous pu faire mieux ? Bien sur…Puisque vous
aviez toutes les cartes en main (1) et la légitimité requise pour agir (2) ! Que vous soyez desservi par un contexte (3) ou un legs (4) peu flatteur, n’y change rien.


 


Après tout, Charles VII a hérité d’un Royaume bien plus
dévasté que ne l’est notre France ! Cela ne l’a pas empêché d’être l’instigateur d’une révolution fiscale : le passage de l’impôt ponctuel à l’impôt permanent !


 


La Constituante va, elle aussi, en dépit d’un contexte
difficile – une coalition européenne contre la France, des finances dans le rouge – révolutionner la fiscalité, en instaurant, notamment, l’égalité devant l’impôt…Quant à Necker, on ne saurait
oublier qu’il fut le premier de nos Ministres à publier les comptes de l’Etat !


 

alphonse 18/12/2012 10:54


Ni réforme, ni révolution, Monsieur le Député...


Mais un peu de JUGEOTTE...


20 milliards aux gros employeurs toutes catégories confondues, SANS CONDITIONS...C'est quoi?...Recalé au Sénat, heureusement!


Refiscalisation pure et simple des heures supplémentaires....Il y en a tout de même de bien nécessaires, des HSUPP, pour la croissance, non?!


75% sur ce qui dépasse 1 millions /an de revenus...SANS CONDITIONS...


On ne pourrait pas imaginer l'une ou l'autre exception intelligente à cela.


Par exemple si le riche place tout ou partie de son pactole à la Banque Publique dInvestissement (plutôt que de laisser encore les banques fourrer leur nez à la BPI...!!!). Vous pourriez appeler
ça l'amendement "reviens Gérard!!!"....


Alors, vous pourriez facilement faire la morale aux socialistes belges, qui à force de compromis à la belge ne se rendent toujours pas compte que leur fiscalité royale ne touche aucunement les
RENTIERS mais pourchasse les salariés avec l'aide puissante des employeurs qui leur retiennent l'impôt à la source (et plus qu'il n'en faut!!!!)