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Blog de Christian Eckert

Le Parti socialiste doit faire "révision de vie" !

30 Novembre 2010 , Rédigé par Christian Eckert

 

 

La droite n'est pas crédible quand elle prétend s'attaquer au système financier international, qui se gave de taux d'intérêts fixés par les agences de notation qui sont aux deux bouts de la chaîne financière qui ponctionne jour après jour les États et les populations, pour servir le réseau des possédants et des décideurs auxquels les politiques ont laissé les commandes de l'économie mondiale.

 

Pour ceux qui en douteraient, il y a à cela beaucoup de preuves :

 

  • Le candidat Nicolas Sarkozy n'avait-il pas défendu dans sa campagne électorale, la généralisation des prêts hypothécaires, dont l'usage aux États-Unis est aujourd'hui reconnu comme une des causes de la crise financière mondiale ?

 

  • Le discours de Toulon (« Rien ne sera plus comme avant ! »), a-t-il été suivi d'effets autres que verbaux ?

 

  • Les bénéfices financiers, les rémunérations variables, les frais bancaires prohibitifs, n'ont-ils pas retrouvé en cette fin 2010 leur niveau d'antan ?

 

  • Les menaces sur l'Euro, sur les dettes de la Grèce hier, de l'Irlande aujourd'hui, d'autres pays demain, n'ont-ils pas conduit à soutenir les banques avec l'argent public, gagé par des politiques d'austérité qui plombent lourdement les salariés et les ménages ?

 

 

Pour autant, le Parti socialiste semble peu clair et peu audible sur ces questions. Les causes en sont identifiables :

 

  • Le patron du F.M.I. est issu de nos rangs. Cet organisme a pour le moins cautionné, voire initié, les différents plans de sauvetage en cours ou à venir. Qui plus est, le retour de Dominique Straus Kahn dans le jeu politique français est possible, et conduit certains socialistes à une prudence qui peut s'apparenter à de la complaisance.

 

  • Le Président de la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale est aussi un socialiste. Dans un rôle difficile, il ne peut être trop peu disert sur des sujets où les déclarations nourrissent la spéculation par définition irrationnelle et subjective.

 

  • La nécessaire approche responsable d'un Parti qui se veut parti de Gouvernement tempère les velléités d'appeler à des objectifs dont chacun mesure la difficulté de les atteindre, dès lors que les puissances de l'argent sont aujourd'hui infiniment plus fortes que celles des Gouvernements.

 

 

 

Ce double constat peut néanmoins trouver des réponses qui évitent à la fois la complicité et le populisme :

 


  • Certaines mesures fiscales et réglementaires sont possibles : L'imposition des revenus variables (comme dans une certaine mesure aux États-Unis), l'interdiction des ventes à découvert de certains produits financiers (comme d'une certaine façon en Allemagne), l'obligation de conserver une partie de ses créances sans les négocier (finalement pratiquée en Asie), la mise en place de régulateurs et d'agences de notation publics, des participations au capital des banques en échange des garanties des États...

 

  • Une véritable équité fiscale des particuliers comme des entreprises, mettant fin aux optimisations qui conduisent les grandes entreprises à payer proportionnellement moins d'impôts que les petites, comme les hauts revenus échappent aux taxations bien plus que les classes moyennes ou modestes outrageusement sollicitées.

 

  • L'hypocrisie devant les paradis fiscaux souvent à nos portes doit cesser. Comment crédibiliser une Europe où l'Irlande pratique le dumping fiscal aux entreprises, le Luxembourg prospère de la finance secrète et non taxée, certains pays s'assoient sur les précautions environnementales au motif de la croissance, tous faisant de la concurrence libre et non faussée l'alpha et l'oméga de l'Union !

 

 

Certes, cela passe au Parti Socialiste par une révision de vie sur la question qui fâche : La question Européenne ! Elle a divisé parce que certains avaient osé prévoir ce qui nous touche aujourd'hui. Elle divise encore sans que personne n'ose l'aborder sous peine d'être mis au ban de la pensée unique retrouvée contre l'avis du peuple.

 

Voilà bien un paradoxe qui sera sans doute le coeur caché des campagnes électorales de 2012.

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francis thill 15/12/2010 18:15



Mon cher Christian,


J'imagine la difficulté qui fut probablement la tienne d'avoir pris la décision de t'exprimer sur des questions quasi existentielles, certes, avec la retenue, le respect des personnes
et le sens des responsabilités qui te caractérisent.......Mais quand même, le message subliminal n'échappera qu'à ceux qui ne veulent rien entendre. Je me réjouis de constater, malgré tes
responsabilités, la permanence de tes convictions et de tes engagements. C'est un honneur de te compter parmi mes amis.


Oui le PS doive faire "révision de vie". La formule est forte, définitive. Elle traduit l'importance de ton trouble. J'y adhère, comme des milliers de militants historiques car elle est
à la hauteur des enjeux du Parti qui prétend représenter le peuple de gauche et, au delà, tous les républicains : Il y en a quelques uns encore égarés à droite.


Nos choix, pour ce qui concerne les candidatures aux primaires de la Présidentielle, ne seront peut-être pas les mêmes, mais sois assuré de mon soutien indéféctible dans tes combats. Il est fort
heureux que la "classe politique", dont la décadence nous est chaque jour mise en exergue, réhausse son prestige grâce à des hommes et des femmes, très nombreux, qui sont à ton image.


Amitiés,


Francis



Pascal 01/12/2010 20:58



"Certes, cela passe au Parti Socialiste par une révision de vie sur la question qui fâche : La question Européenne !"


Bonjour, je crois comprendre mais peux tu tout de même m'expliquer ce que tu entends par là ? Jusqu'où, jusqu'à quel point ? Merci.



Christian Eckert 02/12/2010 11:40



Je pense que l'Europe ne paut se limiter à la monaie et à la libre concurrence. On en mesure aujourd'hui les limites.


Il faut un vrai projet économique, de mise en commun de notre potentiel de recherche, de notre potentiel industriel, de notre potentiel humain :
Airbus a été une réussite économique, pourquoi ne pas, par exemple sur les véhicules propres, avoir une démarche industrielle commune.


Le droit à protection sociale doit être pris en compte, pour éviter dumping social et fiscal.
L'exemple Irlandais doit servir de leçon.


Voilà quelques pistes...


A bientôt.


 



ETIENNE Martine 01/12/2010 18:48



J'ai lu avec attention cet article. Ton point de vue est intéressant même si tu t'en doutes, je ne partage pas tout...Ce qui m'interpelle c'est que ce point de vue n'est sûrement pas partagé par
tous tes camarades du PS! J'ai toujours pensé que les socialistes qui avaient voté Non et appeler à voter NON au traité constitutionnel en 2005 auraient dû quitter le PS...Je n'ai jamais été
socialiste mais biensûr, tu le sais toujours voté pour leur candidat au 2ème tour et surtout ce vote sur le traité m'a amené à considerer "autrement" ceux qui étaient contre ce traité...Et si
aujourd'hui je te fais cette réponse, c'est qu'il m'a semblé "retrouver" cet esprit dans cet article...J'espère que tu comprends ce que je veux dire et de plus, je m'étonne que cette "expression"
n'est pas susciter plus de commentaires 



Christian Eckert 01/12/2010 18:57



Mon point de vue sur le projet de traité constitutionnel n'est pas nouveau et n'a pas changé.
Bien sûr, tous les socialistes ne sont pas de mon avis. Peut-il en être autrement dans un grand parti démocratique ? Ceci dit, avec ses défauts, le PS n'a rien à voir avec la droite ! Je les
côtoie ici à l'Assemblée, et crois moi, une réélection de Sarkozy serait terrible, car il n'aurait alors aucune retenue... Chacun devra réfléchir et je n'ai pas d'états d'âme... L'idéal, comme le
pire, n'est jamais certain !


 


PS : J'ai eu des réactions directement sur d'autres canaux. Elles sont très positives...