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Blog de Christian Eckert

La Politique et ses acteurs...

6 Décembre 2012 , Rédigé par Christian Eckert

La politique passionne. Tant mieux.


Après tout, n'est ce pas une formidable qualité de l'Homme que d'être capable de penser et décider de sa vie en commun, présente et future?


Elle passionne ses acteurs : Contrairement aux idées reçues, il faut être passionné pour y consacrer de longues heures de travail.

  • Je me suis souvent exprimé sur l'argent qu'on y gagne, et je sais que je ne convainc pas. Les exemples fourmillent de situations professionnelles mille fois plus rémunératrices que celles de l'immense majorité des élus, sans pour autant la plus part du temps exiger un engagement personnel aussi important.
  • On me rétorquera sans doute que  les élus sont tout autant attirés par le besoin de pouvoir ou de reconnaissance. Le pouvoir qui leur est prêté est bien souvent surestimé. Les remerciements pour services rendus là encore moins fréquents qu'on ne le pense. Je connais bien des gens qui me font grief de ne pas avoir résolu leur problème. Ceux pour lesquels j'ai pu faire quelque chose considèrent très souvent que je n'ai fait rien de plus que mon boulot... Ils ont d'ailleurs raison.
  • La fierté voire l'orgueil d'être "représentant du peuple" motivent sans doute aussi quelques uns d'entre nous. Mais là encore les choses changent et l'estime et le respect portés à priori  dans le passé aux élus tends à se transformer en suspiction présumée. Là aussi, les élus en sont souvent responsables car des comportements (certes minoritaires) déplorables ont pu décrédibiliser la fonction.

La politique passionne aussi le grand public : Malgré les propos récurents du style "je m'en fous", "tous les mêmes", "ça sert à rien", les conversations des repas de famille, l'audience et la multiplication des espaces audiovisuels consacrés à la politique, la place des sites politiques sur internet, sont autant de signes d'un intérêt soutenu pour la chose politique. Pourquoi le regretter, tant la foi républicaine ne saurait se passer d'une participation large aux débats publics.

 

Dans ce tableau mi-figue mi-raisin, je veux dire ma chance depuis des années et de plus en plus souvent, d'avoir pu croiser et souvent travailler au contact de grandes figures locales ou nationale. Le grand public connait souvent ses élus au travers de trop de filtres nécessaires mais déformants. Notre société communicante incite tous les acteurs publics à travailler leur image : cela passe par la qualité du maquillage ou de la coiffure, la couleur de la cravatte ou du chemisier, la gestuelle ou le timbre de la voix, tout cela comptant au moins autant que le contenu du discours ou la force des propositions...

 

Pour moi, rien ne remplace le contact direct : La force de la poignée de main, la droiture du regard croisé, la chaleur du repas partagé, la solidarité née d'une séance de nuit difficile, le petit mot de soutien devant le doute perçu chez le collègue, le temps accordé malgré l'urgence à l'écoute d'une interrogation légitime, sont autant de facteurs de cohésion des relations entre élus, parfois même en dehors des clivages politiques.

 

Ce long préhambule pour dire mon honneur et mon bonheur d'avoir hier déjeuné à l'Hôtel Matignon en tête à tête avec Jean Marc Ayrault entre le Conseil des Ministres et la réception du Premier Ministre danois, avant le stress des questions d'actualité et la reception des syndicalistes de Florange.

 

Une heure et demie d'échanges studieux sur notre travail commun, entrecoupés d'appréciations sur nos sentiments sur nos vie personnelles ou publiques :

Jean Marc Ayrault n'est pas un homme du sérail. Professeur d'allemand de métier, il a gravi avec mérite tous les échelons de nos fonctions d'élu. Il connait le terrain, les gens, les doutes et les réussites. Il en conserve la force et la proximité qui engendrent le respect. Le même que celui que l'on porte à une équipe de ligue départementale qui terrasse des professionnels nantis habitués aux honneurs de la Ligue 1.

Entre les arbitrages d'une loi de finances ou d'un texte de loi, nous avons tous deux constaté la puissance des réseaux faits de camarades de promotion d'écoles prestigieuses, la force des corps "constitués" et plus ou moins cooptés, l'influence parfois outrancière des "visiteurs du soir" rarement désintéressés.

Sa force et sa grandeur viennent de son originalité et de sa résistance forte à se couler dans le confort de la délégation trop fréquente aux professionnels connaissant tous les ors de la République, tous ses rouages, tous ses relais dans les milieux qui font autant l'opinion que les affaires.

Pour autant il n'ignore rien de la nécessité de "faire avec". Il sait diriger, pas avec des crises d'autorité, mais plutôt avec le sens de la conviction naturelle chez ceux qui ont animé un territoire de proximité, les assemblées générales des petites associations ou un conseil municipal "de province".

S'il souffre, ce n'est pas d'être raillé. C'est surtout de mesurer l'Etat dans lequel il trouve le Pays dont il a la charge avec le Président. C'est surtout de voir la difficulté de répondre à la détresse sociale. C'est aussi de voir l'arrogance d'une droite gestionnaire du Pays depuis 10 ans lui reprocher de n'avoir pas tout redresser en 6 mois.

 

Jean Marc Ayrault sait jouer collectif. J'en ai eu la preuve pendant les 5 ans où je l'ai côtoyé comme Président du Groupe Socialiste. Il m'a toujours fait confiance. Sans en atttendre de retour. Il reste attaché à son rôle de représentant de la Nation. Un grand bonhomme...qui réhabilite la fonction.



 


 

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pitos 09/12/2012 15:42


Monsieur Jean Marc Ayrault ,si vous lisez ces mots,Herr Eckert will auch  Minister sein.Ein Blinder hätte es verstanden.


Il est aussi rare de trouver un bon député,et c'est ce que je pense de vous,que de trouver une personne de religion opposée à la notre qui ne soit pas notre
ennemi.


On ne peut se faire une opinion que sur ce qui nous entoure,alors on va voir plus loin et c'est encore pire.


Avant de faire le procès de la politique,il faudrait commencer par faire celui des profs.


Dans le genre:pourquoi font-ils de la politique? Croient-ils tout savoir? On mène la France comme une salle de classe? Croyez-vous que nous soyons des
enfants?....


Les enseignants sont socialistes,les avocats sont de droite.Une erreur???


 

alphonse 08/12/2012 23:53


Je ne crois pas me tromper énormément, Francis, en reconnaissant les lumières des Bords d'Eaux aquitaines dans votre post..!


C'est bienvenu par ici, où l'on se fait de gros complexes de désertification. Notre hôte, mon député préféré (pour lequel je ne puis voter car même les européens imposés depuis plus de 5 ans en
France ne peuvent élire qu'un député ...européen ou leur maire), notre hôte donc, se fait gentiment éconduire de certaines commissions du palais Bourbon composées principalement de médecins, au
prétexte qu'il n'y connaît vraiment rien, mais surtout parce qu'il essaie de leur inculquer un peu  de socialisme..!


Mais, par ici, en fait, Paris, c'est Nancy..!


Nancy qui depuis belle lurette a appris les leçons de Colbert et renvoie ses déserts extérieurs à se débrouiller pour toutes sortes de choses avec les nations limitrophes: Belgique, Grand-Duché
de Lux et Allemagne...pour toutes ces choses  ordinaires et vulgaires comme l'emploi, le consommation même, et pourquoi pas ...la santé aussi..!


Ce n'est pas dans le grand Ouest que les Louis XIV locaux peuvent trouver pareille aubaine!


Le dos à l'Océan, vous, vous êtes bien obligés de faire avec, et donc d'exiger votre dû à Paris..!...Ou je me trompe fort?...


A moins que.....peut-être, le motif caché de ND des Landes ne soit de faire aller les bordelais zé les bordelaises ou environs...se faire soigner bien ailleurs...en avions..??!

francis 07/12/2012 11:21


article un peu trop louangeur pour etre totalement honnête...


par exemple : que pensez vous de l'attitude de JMA sur votre amendement "taxation des oeuvres d'art ?"


l'Etat dans lequel se trouve le pays est ce que nous en avons tous fait, les responsabilités sont partagées, les succès et les échecs.


quant à l'argent des hommes politiques, l'absence de transparence, de comptes, est en effet problématique, comme l'ensemble des compléments en nature...


mais la drogue dure de la politique est certainement plus le pouvoir et le statut que la fortune... le cumul des mandats, la difficulté à laisser son siège en sont des éléments visibles...


le niveau de vie d'un parlementaire est certainement supérieur à celui d'un cadre supérieur, inférieur à celui d'un grand dirigeant.


ses obligations pro sont quand même peu contraignantes...

seb 06/12/2012 21:52



J’ai en tête, pour ex, le désagréable souvenir de l’hommage rendu par les députés à J.M. DEMANGE…Alors même qu’il était acquis que ce dernier avait, avant de se suicider, tué sa compagne, mère
(au surplus) de deux enfants ! A ma connaissance, la République n’a pas à honorer les assassins, et ce qu’aient pu être les qualités de ce député par ailleurs !



 



Là encore, la balle est du coté des élus. Si la majorité « vertueuse » se décidait de prendre le taureau par les cornes, en infligeant une sanction morale à ceux qui discréditent
l’Institution par leurs comportements, il est certain que les élus seraient regardés d’un autre œil.



  

seb 06/12/2012 21:51



Quelques remarques :



 



**S’agissant de l’argent des politiques, ce qui pose problème, ce n’est pas tant la somme, que le manque de transparence (1) et de comptes rendus (2).



 



Dans une entreprise du CAC 40, n’importe quel actionnaire peut prendre connaissance des dépenses du PDG (1), il peut savoir dans quoi celles-ci ont été faites (2) et surtout il peut lui demander
des comptes (3) s’il considère que ces dépenses ne se justifient pas. Le PDG peut dépenser, comme il l’entend, son salaire. (4) Il a, en revanche, l’obligation morale (et juridique) de
s’expliquer sur ses « frais ». (5)



 



Un député n’a pas ce genre de contrainte. Il n’a pas à justifier ses frais, ni auprès ces citoyens (1) ni auprès des impôts (2) comme le fait un commercial, par ex à l’endroit de son employeur et
du fisc.



 



C’est ce coté « deux poids deux mesures » qui pose problème et hérisse les citoyens. Parce qu’il ne se justifie pas (1) et aussi parce qu’il est possible d’y remédier (2) quoi qu’en
disent certains élus ! Un « deux poids deux mesures » qu’on retrouve aussi en terme d’embauche. Le code du travail par ex ? L’élu employeur ne connaît pas. On ne voit pourtant
aucune raison qui puisse justifier qu’un collaborateur parlementaire soit payé au lance pierre ou grassement (1) en fonction du bon plaisir du député. Et si je considère, comme pas choquant, le
fait qu’un élu embauche un membre de sa famille (2) il n’est pas normal que l’élu ne soit pas mis à la même enseigne qu’un chef d’entreprise qui emploierait sa parentèle (3) !  



 



On le voit, la balle se trouve du coté des élus ! A eux d’avoir l’intelligence de la saisir !



 



**S’agissant de la « suspicion présumée » à l’encontre des élus, je ne pense pas qu’on puisse l’attribuer aux comportements déplorables de certains élus. Les citoyens sont parfaitement
capables de séparer le bon grain de l’ivraie. Ce qui pose problème, je pense, c’est que la majorité, qui devrait condamner lesdits comportements, ne le fait pas et donc s’en rend complice car
elle parait les excuser. Résultat ? Alors que les patrons des PME gardent une image positive auprès de l’opinion, car ils condamnent de temps à autres les petitesses des PDG du CAC 40 ou de
leurs pairs…Les élus sont mis dans un même paquet (tous pourris !) parce que leur silence vaut consentement.



 



J’ai en tête, pour ex, le désagréable souvenir de l’hommage rendu par les députés à J.M. DEMANGE…Alors même qu’il était acquis que ce d