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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 12:55

 

Notre monde n'est pas le pays des Bisounours. Partout, il existe des tricheurs, des gens qui profitent de leur situation, souvent pour des raisons financières, parfois par jalousie, quelquefois même tout simplement pour se prouver à eux-même qu'ils sont capables d'être au dessus des lois...

 

Si les lois de la République et les services chargés de leur application sont censés éviter et punir les abus, la frontière entre la maladresse, l'erreur, la faute ou le délit est souvent floue. Les principes de précaution, de présomption d'innocence ou du secret de l'instruction rendent encore plus complexe l'appréciation des citoyens sur l'opportunité, la transparence et la rigueur des poursuites.

 

Le contexte du moment des faits, la personnalité du fautif et les conséquences de la faute sont autant de facteurs susceptibles de minimiser ou d'amplifier les sanctions pénales ou civiles qu'une analyse à chaud peut conduire à estimer trop lourde ou trop insignifiante.

 

Ainsi, rappelons nous qu'un juge avait exempté de sanction des parents ayant volé de la nourriture pour leur famille dans la plus grande pauvreté. Souvenons nous aussi que tel ou tel brillant chirurgien peut dans une longue carrière commettre une faute aux conséquences irréparables. Ayons à l'idée que juger des conséquences sanitaires d'un vaccin, d'un médicament ou d'un aliment avec le recul d'une connaissance ayant progressé, peut faire accuser son concepteur d'une responsabilité exagérée eu égard à l'humilité nécessaire devant l'ampleur des paramètres scientifiques. L'amiante, le sang contaminé, la vache folle et peut-être demain les O.G.M. en sont des exemples non limitatifs. Avouons aussi que juger des fautes d'un Président de la République, très longtemps après les faits commis avant son élection, n'a pas le même sens que de le faire en temps et en heure. Constatons aussi que le pouvoir de la Presse dont Internet accélère la diffusion de l'information, et dont la recherche du « sensationnel » augmente eu égard à la concurrence médiatique, peut conduire à des raccourcis  aux effets dévastateurs individuellement ou collectivement.

 

Ce long préambule que certains pourraient trouver « jésuite », n'est nullement destiné à excuser, justifier ou minimiser certaines affaires récentes :

 

  • - Concernant le procès de Jacques Chirac : L'immunité d'un Président de la République durant son mandat devrait être limitée aux actes en rapport avec sa fonction. Le procès aurait dû avoir lieu plus tôt, et les reports décidés récemment ne servent pas l'image de la justice. D'autres grandes démocraties montrent régulièrement des exemples très différents.




  • - Concernant les « affaires » de certains socialistes marseillais : La justice est saisie et doit aller rapidement au bout de ses procédures. Les intéressés devraient se démettre de leurs mandats en cours, au moins jusqu'au jugement. Le Parti socialiste, comme il l'avait fait pour Georges Frêche, devrait clairement suspendre, fût-ce provisoirement, leur appartenance à nos rangs. Soulignons quand même que la concomitance de ce bruit médiatique soudain avec les échéances électorales (internes ou externes au PS), sur des faits pointés depuis longtemps, est pour le moins étonnante.



  • - Concernant les conflits d'intérêts en général : Une loi devrait être discutée avant l'été sur les membres élus ou fonctionnaires de l'exécutif. Le gouvernement semble reprendre en partie seulement les préconisations du rapport « Sauvé ». Je regrette que ce texte ne concerne pas pour l'instant les parlementaires. L'Assemblée fera très prochainement des propositions concernant les députés. Ayant participé au groupe de travail sur le sujet, je sais que le Président Accoyer annoncera une première série des mesures. J'ai plaidé au sein de ce groupe pour que l'on aille plus loin dans deux domaines : les sanctions et les incompatibilités. Sur le premier point, le Président ne souhaite pas rouvrir une réforme du règlement de l'Assemblée. Sur le second, une réforme de la constitution est à prévoir et la question ne lui semble pas « mûre ».

 

 

 

Pour autant, les juges et les magistrats instructeurs font leur travail. Il serait souhaitable que les moyens leur soit donnés pour qu'ils puissent le faire plus vite. Le travail de la justice encadré des procédures nécessairement contradictoires, n'empêche pas une auto-discipline rigoureuse des acteurs. Individuellement, en attente de jugement, un homme public s'honorerait d'interrompre de lui même l'exercice de son mandat. DSK l'avait fait. Un parti, une association, l'ordre d'une profession, peut également suspendre un adhérent à titre conservatoire le temps d'une instruction. Les légitimes questions posées par les journalistes d'investigation ne peuvent rester sans réponse lorsqu'il s'agit d'acteurs publics, en particulier des élus.

 

La défiance des électeurs de la classe politique notamment, est la conséquence du manquement à ces principes élémentaires. Perdre le sens démocratique et républicain serait néanmoins excessif et dangereux, pour l'avenir même de nos institutions.

 

 

PS : Depuis Paris, j'ai l'habitude de prendre connaissance tôt le matin sur Internet des « murmures politiques » du Républicain Lorrain. Arrivé tôt ce matin à mon bureau, j'ai consulté le site du journal avant 8 heures. Il était en « rideau ». J'ai rédigé cet article bien avant de prendre connaissance du « murmure » qui parlai « d'Omerta » de ma part sur l'affaire Guérini. Mes nombreuses activités de la matinée m'ont empêché de le relire et de le publier avant 13 heures, mais entre-temps, le site du Répu m'a été accessible. Ma promptitude à m'exprimer sur mon blog, gentiment soulignée par l'auteur du murmure, trouve ses limites eu égard à la maladresse d'un quinquagénaire bien sonné à écrire vite (toujours personnellement) depuis un clavier. Cet article n'est donc en rien une réponse au « murmure » de ce matin. J'essaie, avec le temps dont je dispose, de communiquer à mes lecteurs et électeurs, mes positions. Je suis leur représentant et leur dois informations et explications. Si j'en avais le temps, j'aurai ce matin pu écrire des article sur : le texte des droits des immigrés en cours d'examen, sur l'affaire Tapie qui pourrait rebondir bientôt, la crise de l'Euro qui est loin d'être finie, le différentiel de compétitivité entre la France et l'Allemagne, le prix de l'énergie, l'exploitation en Lorraine du gaz de houille... autant de sujets sur lesquels j'ai travaillé depuis mon arrivée à Paris lundi soir et sur lesquels j'ai plein de choses à raconter. Ce sera pour plus tard... là, je vais manger !

 

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Published by Christian Eckert
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commentaires

Maurice 12/03/2011 22:29



Très bonne analyse.Je ne doute pas un instant que le PS gagnera les présidentielles,allez savoir peut-être avant 2012.Il règne actuellement un capharnaüm à la tête de l'Etat que cette état de
fait pourrait accèlerer et anticiper cette élection.Encore bravo pour vos interventions.


                                                                              
Maurice



alphonse 10/03/2011 09:20



Merci, Mr le Député!


Fraternités!



alphonse 09/03/2011 23:28



Vous écrivez aussi bien que vous ne parlez à l'AN, Mr le Député, rassurez-vous!
Il y a de quoi clarifier, pour le moment, en effet.



Mais,  pour l'affaire Guérini, - même si on est plus dans "La Baie des Anges" de Max Gallo -, la lettre d'Arnaud Montebourg à Martine Aubry 
n'établit pas de lien avec les prochaines présidentielles, mais bien  avec le
peu de cas, semble-t'il, qu'on a fait de ses travaux de  rénovation du parti.



Préférez-vous la "démission" de sa  candidature par Moscovici aux Primaires PS,
au profit de DSK, motivée  explicitement par la poussée de fièvre de la fille
Lepen? Et surtout,  ses états d'âme, à Mosco, quant à la tenue même des
primaires?


Pouvons-nous savoir si vous faites partie des 60 députés qui ont dès à
présent opté pour la candidature de Martine, et si c'est une candidature aux
primaires, ou directement pour le premier tour...?


Amicalement, sinon fraternellement!



Christian Eckert 10/03/2011 08:25

Je fais, depuis le début, partie des 60 députés souhaitant que Martine Aubry soit candidate. Amicalement.