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Texte Libre

23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 14:37

Ce vendredi, entre Sancy et Audun le Roman, à10h42, mon téléphone sonne dans ma voiture. Un numéro de portable, non reconnu... Exceptionnellement je décroche, sans le kit main libre qui équipe ma voiture habituelle retenue au garage pour réparations.

 

Un citoyen au bout du fil sollicite l'appui de son député. C'est urgent, on lui a donné mon numéro de portable.

 

La conversation dure deux minutes exactement. Je raccroche en lui promettant de le rappeler dès mon arrivée à la permanence pour organiser un rendez-vous.

 

Au même moment une sirène de police m'interpelle, venue d'une voiture banalisée qui me suivait.

 

Une gendarmette, me demande poliment mais froidement mes papiers : "Vous savez pourquoi on vous arrête ?". Hé oui, je le sais !

 

Je suis verbalisé et on m'informe que je peux payer 22€, en liquide ou en chèque sur le champ, ou par timbre amende dans les quinze jours. La gendarmette me dit aussi que j'encours la perte de deux points. La formule est étrange, vu que cette perte de points est quasi-automatique.

 

Sans me présenter, je demande simplement d'où vient cette patrouille. Les militaires me disent appartenir au PSIG, peleton d'autoroute de Jarny.

 

Je suis sur une route départementale, au centre d'Audun le Roman.

 

Une fois le PV récolté, je me présente, les informe du motif de mon coup de fil, en leur disant m'étonner de voir le PSIG très souvent sur Trieux et Audun. Ce n'est pas la première fois que je le constate. La nuit du nouvel an et quelques évènements de cette nuit là me reviennent en mémoire. Je dis froidement à ces militaires que je ne demande aucune faveur, ne l'ayant jamais fait pour moi même et l'ayant très peu fait pour d'autres.

 

Je devais retrouver tous mes points en septembre (il m'en reste 7) après trois ans sans infraction.

 

Les militaires disent ne pas me connaître (un peu étonnant) et me signalent que mon permis n'est pas signé (!).

 

Je les quitte donc, rassuré sur l'efficacité des forces de l'ordre, qui, sur ce coup là au moins, ont parfaitement rempli leur noble mission en appliquant avec rigueur et conscience les lois de la République que les parlementaires votent majoritairement.

 

Plus tard, une moto me double à une vitesse folle, et un coupé sport me double dans la descente de Longwy largement au delà de la vitesse autorisée.

 

Je repense à nos interventions pour garder une brigade de gendarmerie à Trieux, à la qualité du casernement que nous avons construit, aux prêts de salles et de matériels que nous avons gracieusement consentis... Je repense aussi à quelques affaires où j'ai convaicu des concitoyens de ne pas faire d'histoires lorsqu'ils se plaignaient -parfois à juste titre- du comportement des forces de l'ordre. Je connais la difficulté de leur métier. Mon père était policier. Mon mandat de Maire m'a souvent conduit à côtoyer les forces de l'ordre dans des situations dramatiques.

 

Je n'ai aucune excuse, ayant commis une incontestable infraction aux lois de la République, alors même que j'en représente un maillon.

 

Je ne peux m'empêcher de penser qu'il y a quelques années, on m'aurait sans doute demandé pourquoi je téléphonais et qui j'étais... On m'aurait légitimement réprimandé. On m'aurait peut-être verbalisé.

 

Le progrès, c'est qu'au moins on est sûr aujourd'hui qu'il n'y a pas de privilèges. On est sûr que les forces de l'ordre ne connaissent pas les parlementaires du territoire surlequel ils interviennent. On est donc certain qu'ils ne passent pas de temps à lire le journal enfermés dans leur brigade. Ils traquent le contrevenant sans aucun discernement, ce qui montre bien leur souci de l'égalité des citoyens devant la loi.

 

Au fait, il faut que je vous dise : La personne qui m'appelait me demandait de l'aider à rapatrier en France, un fils tombé dans le comma à l'étranger. Moi, prendre son appel au volant m'aura coûté deux points sur mon permis.

 

Cela m'aura surtout permis de mesurer le bonheur que j'ai d'avoir trois filles en pleine santé !

 

J'ai vraiment beaucoup de chance !

 

 

 

 

 

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Published by Christian Eckert
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commentaires

auto-ecole 24/08/2014 08:55

Merci pour le récit, la gendarmette...ça fait gamine tout de même à moins qu'elle était jeune

jpcmousse 01/05/2010 12:04



Bonjour Monsieur le Député


Je m'étonne qu'un homme politique ne sache pas faire la différence entre un Psig (peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie) avec un PA (peloton d'autoroute).


Si vous avez été verbalisé par une de ces deux unités, il est normal que les militaires les composant puissent ne pas connaître le député ou le maire car elles sont différentes des brigades
territoriales qui connaissent les élus de leur circonscription.


Pour terminer, on ne dit pas gendarmette (on est pas dans un film de Louis de Funès) mais gendarme.


Cordialement


Jpcm



Christian Eckert 01/05/2010 14:55



Pan sur le bec,


j'ai depuis l'écriture de l'article, effectivement remarqué que j'avais là commis une erreur. Je n'ai pas pris le temps de modifier. Il est vrai que trouver le Peloton
d'Autoroute de Jarny sur une départementale à Audun le Roman peut surprendre... Encore que plus rien ne m'étonne.


Quant à dire gendarmette, cela se dicute : certaines préfèrent être appelées Préfette, d'autre préfèrent Madame le Maire, Madame le Ministre... Sur ce point au moins il n'y avait pas
d'agressivité de ma part.


Pour les plus accros, j'ai depuis appris qu'un garagiste de ma commune, en essayant une voiture, s'est fait verbalisé pour ne pas avoir mis sa ceinture. Voilà encore la preuve du zèle efficace de
nos gendarmes, pour ceux qui avaient des doutes.


Je persiste et signe, le comportement des gendarmes devient ridicule et irritant. Pour moi, payer 22 Euros ne changera pas ma vie. Pour certains, c'est un repas de moins !