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Blog de Christian Eckert

Evaluations : Du CM2 à l'Assemblée...

26 Janvier 2011 , Rédigé par Christian Eckert

 

 

 

Tous les mercredi, le Canard enchaîné fait l'objet à l'Assemblée Nationale d'une lecture attentive.

 

Je m'adonne moi-même à ce sport matinal hebdomadaire, en savourant avec mon premier café cette lecture édifiante, en particulier de la page deux, qui relate les « potins » dont j'ai parfois eu à connaître les détails, et dont je peux souvent mesurer la précision et la pertinence.

 

Mais le même jour à la même heure, depuis mon bureau parisien, grâce à la magie d'internet, je peux consulter les « murmures politiques » de notre quotidien régional le Républicain Lorrain.

 

Là encore c'est à la page deux, un peu sur le même modèle que le célèbre palmipède. Sur un ton humoristique et avec un soupçon d'impertinence de bon aloi, on y trouve quelques perles qui informent presque toujours, ironisent souvent et brocardent quelquefois les attitudes et les propos des élus locaux et nationaux.

 

Si les coins-coins du Canard n'ont que très rarement concerné le député de Longwy, les murmures du Répu font régulièrement siffler ses oreilles attentives.

 

Ainsi, ce dernier mercredi, l'ex-suppléante de l'ex-député UMP y souligne avec humour mon appétence aux évaluations de l'activité des parlementaires, qui révèlent probablement un changement notable des statistiques de l'actuel représentant de notre circonscription par rapport à son respectable prédécesseur.

 

Stigmatisant un peu ma fierté supputée (et en cela je plaide coupable), elle s'interroge ensuite sur mon appréciation des actuelles évaluations des élèves de CM2. Elle trouvera ici la position de l'enseignant que j'ai longtemps été, même si j'ai sévi à des niveaux différents :

 

L'évaluation de nos élèves est nécessaire et utile, et ma réponse ne souffre d'aucune ambiguïté. Comment un enseignant peut-il savoir s'il a réussi dans sa mission de transmission des connaissances s'il n'a pas contrôlé, de façon écrite ou orale, de façon annoncée ou impromptue, la capacité de ses élèves à restituer ou à utiliser ce que ses professeurs ont tenté de leur apprendre ?

 

Outre son rôle de bilan pour l'élève, le contrôle des connaissances peut conduire aussi l'enseignant à recommencer une leçon, à la compléter ou à la transformer, pour améliorer ses pratiques, sur le champ ou l'année suivante, afin d'obtenir les meilleurs résultats possibles.

 

C'est pourquoi les évaluations doivent être fréquentes et régulières, pour ne pas dire banales et acceptées. Les mauvais résultats d'un contrôle sont autant l'échec des élèves que de leur maître. Les remédiations s'imposent alors à tous !

 

Ce qui est choquant dans les pratiques actuelles, c'est de donner à ces évaluations de CM2 une simultanéité nationale, un contenu uniforme et une solennité exagérée.

 

Pourquoi en même temps dans tous le pays alors que le rythme de la progression dans chaque classe doit être adaptée aux capacités des élèves et aux pratiques de chaque professeur ?

 

Pourquoi le même contenu partout qui conduit parfois à tester des élèves de façon crétine sur des sujet qu'ils n'ont jamais abordé ? Chaque professeur fixe légitimement lui-même la chronologie des leçons en fonction de son expérience pédagogique. Il n'y a pas de méthode universelle que l'on peut plaquer indifféremment sur n'importe quelle classe.

 

Enfin la solennité et l'importance des évaluations érigées en juges de paix est un drame psychologique dans les familles, surtout pour des jeunes élèves et des parents toujours hyperattentifs -et cela se comprend- aux résultats de leurs enfants.

 

Combien de cauchemars nocturnes, de disputes familiales, de crises d'anxiété et d'insomnies ont généré cette médiatisation outrancière des évaluations par nos Ministres avides de nouveautés médiatisables ?

 

À moins que le but ne soit plus pernicieux, et ne vise qu'à culpabiliser élèves et professeurs, à comparer des choux et des carottes où pire encore à aggraver cette curieuse politique de déflation massive des effectifs qui dégrade jour après jour le service public de l'éducation.

 

En fait, les députés comme les élèves reçoivent à chaque rentrée, qu'elle soit parlementaire ou scolaire, leur cartable rempli d'outils de travail. Ils doivent régulièrement rendre compte de leur efforts. Ils sont soumis périodiquement à des examens de passage, à l'issu desquels ils sont parfois admis ou non à passer en classe supérieure. À chacun d'en accepter les règles et de savoir qu'un échec n'est jamais qu'une occasion de se remettre en cause et de fournir les efforts nécessaires à le transformer en réussite à plus ou moins brève échéance.

 

Pour avoir longuement enseigné en classe de Terminale, je sais qu'on a souvent tendance à considérer que la réussite au bac est attribuée au bon travail de l'élève, alors que l'échec au bac est souvent imputé à la médiocrité des enseignants. La réalité n'est certainement pas aussi simple !

 

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BACH 28/01/2011 18:54



Bonsoir!


Et bien il est vrai qu'uniformiser un examen de passage ou de compétences au niveau national n'est pas forcément la bonne solution pour évaluer les aptitudes de nos enfants.


Y a-t-il autant de politiques qui tirent des leçons de leurs echecs pour ainsi faire avancer notre pays que d'élèves en difficultés qui essaient d'y arriver?


Je me demande qui devrait aller en cours de soutien parfois..


Stéphanie