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Blog de Christian Eckert

Des règles simples plutôt qu'une règle d'or !

20 Août 2011 , Rédigé par Christian Eckert

On nous propose de donner des gages aux marchés financiers en votant une règle d'or...

 

En réflexion et au travail depuis plusieurs mois sur ces sujets avec quelques collègues du groupe socialiste membres de la Commission des finances (Jérôme Cahuzac, Pierre Alain Muet, Dominique Baert, Christophe Caresche....), nous avons auditionné beaucoup de monde : des économistes, des banquiers, des agences de notation, nos collègues du SPD allemands... De quoi se forger un avis qui ne se résume pas à un parti-pris politicien.

 

Aucun de ces acteurs avisés ne nous a dit que l'adoption d'une règle d'or - par ailleurs bien floue - ne résoudrait une situation dont la complexité au moins fait l'unanimité.

 

Contrairement à ce que la droite affirme de façon méprisante, les socialistes travaillent et font des propositions, sans être obnubilés par des primaires qui, jusque là, montrent plutôt les compétences, les convergences et le sens des responsabilités des prétendants.

Demain, je serai avec quelques autres, en séminaire avec Martine Aubry, et les jours à venir confirmeront nos propositions d'action pour redonner sens à la politique qui ne devient qu'une course aux notes attribuées par des agences au service de circuits financiers qui se nourissent après s'être goinfrés du fruit de l'activité des salariés.

 

Pour ma part, je défend quelques idées simples :

  • Les activités des banques doivent être séparées : D'un côté l'activité classique qui consiste à recevoir l'argent des clients, gérer leurs opérations de bancaires, faire du crédit classique pour les particuliers et l'économie dite réelle. Cette activité de crédit doit être encadrée et sécurisée selon des pratiques bien connues. Surveillée par les autorités prévues pour cela conjuguée au respect de règles prudentielles et à l'obligation de conserver une grande part des créances, cette activité bancaire normale garantira les dépôts des clients, comme c'est déjà le cas en France avec des plafonds substantiels. D'un autre côté, en cloisonnant sérieusement les choses, les établissements financiers spéculatifs peuvent exister, prendre des risques, jouer sur les marchés, avec les fonds de ceux qui acceptent en toute connaissance de cause, de tenter, quitte à tout perdre, de gagner en achetant ou vendant du papier... Si ces établissements s'écroulent, ce n'est pas à l'Etat de les renflouer, comme cela a été fait récemment.

  • Bien sûr qu'une taxation des transactions financières serait juste et utile. Nous avons imposé au Parlement une résolution tendant à cela, après un travail avec nos collègues du SPD. Le Parlement Européen a voté aussi un texte en ce sens... Pourquoi attendre encore ? Les actions, obligations et autres produits financiers  tournent autour du globe à la vitesse des ordinateurs, laissant ici ou là des profits qui viennent bien au final du travail des entreprises et ne vont plus aux salariés. Outre un rapport substantiel qui pourrait réduire les déficit ou financer les pays pauvres, cette taxation dissuaderait les échanges inutiles. La bourse est utile, l'actionnariat des salariés est dynamisant, mais les achats et ventes spéculatifs n'apportent aucune plus value.

  • La fiscalité de notre pays a complètement déraillé depuis dix ans, et particulièrement depuis 2007. On a fait des trous dans les recettes, privilégiant de façon éhontée les plus fortunés : gros revenus et grosses entreprises contribuent proportionnellement moins aux finances publiques que le plus grand nombre. On a privilégié les réductions de dépenses, cassant la consommation intérieure et massacrant les services publics. Niches fiscales, allègement de l'ISF, réductions de TVA et de charges sociales, ont plus contribué aux déficits que les minimas sociaux dont d'ailleurs tout le monde a salué l'efficacité en temps de crise ! La fiscalité doit être totalement repensée et redevenir progressive et juste. Nous avons bien préparé cette évolution dans le projet socialiste pour 2012.

  • L'Europe révèle jour après jour ses insuffisances encore que ce mot est faible. Comment peut-on dire que l'on ne laisse pas tomber les pays en situation délicate et ne pas mutualiser une part signicative de la dette ? Des propositions simples ont été faites : gérer ensemble une dette de l'ordre de 60% des PIB des pays, qui serait alors sûre et peu coûteuse, et laisser au delà chaque pays assumer seul la part supplémentaire qu'elle irait "chercher" sur les marchés. Responsabilité commune et plafonnée pour une part, et responsabilité individuelle du risque supplémentaire pour chacun d'autre part. Notre proposition d'Eurobonds est sérieuse et responsable, et permettrait de sécuriser un dispositif devenu instable pour tous. Au delà du raisonnable, les prêteurs doivent participer aux défaillances éventuelles.

 

Quand les situations se compliquent, il faut revenir à des idées simples. L'incantation et les polémiques autour de la règle d'or sont ridicules. Qui pourrait se présenter avec un autre projet que de réduire les déficits budgétaires ? Mais bien sûr, tout dépend des moyens pour le faire : les nôtres sont clairs et socialement justes.

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Dautréaux 22/08/2011 13:27