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Blog de Christian Eckert

Dernières cartouches du Président chancelant

1 Février 2012 , Rédigé par Christian Eckert

 

Fin de séquence, fin de règne, dernières cartouches, va-tout... On ne sait plus très bien ce qui caractérise cette période de la mandature du Président sortant, et cet épisode de la législature UMP et consorts...

 

En tout cas, à l'Assemblée Nationale, l'ambiance est curieuse : il y a un mois, on s'acheminait vers une fin des travaux législatifs vers le 27 février, avant un repli de chacun sur sa circonscription, pour faire campagne tant présidentielle que législative... Tout juste quelques petits textes (pas révolutionnaires) à achever...

 

Aujourd'hui, patatra, le Président impose avec son gouvernement, un bouleversement de la donne : La diarrhée législative reprend... Cette majorité vient d'ouvrir les yeux, et découvre que ce qui n'a pas été fait en 5 ans doit être bouclé en 80 jours ! Les députés auront 4 heures pour amender un texte majeur qui leur sera communiqué le 8 février à midi.

 

Mais le plus surprenant, c'est que ces mesures sont le contrepoint de ce qui a été prôné et fait durant les 5 dernières années :

 

  • - La TVA dite sociale, dont on nous avait dit qu'elle était injuste, contre-productive, frein à la consommation et au pouvoir d'achat, devient en quelques jours le remède miracle, facteur de compétitivité, et donc indispensable ! Madame Pécresse a même osé me parler de 100 000 emplois en jeu ! Si c'était si évident, pourquoi ces gens si courageux ne l'ont-ils pas fait plus tôt ! Et si c'était si vrai, pourquoi envisager de ne l'appliquer qu'en octobre, soit plusieurs mois après les élections !

  • - La taxation des transactions financières (TTF), que nous n'avons cessé de proposer par voie d'amendement à tous les textes financiers, était toujours refusée au Parlement. C'était impossible, source de pertes d'emplois dans les banques, facteur d'évasion des marchés, cela ferait fuir les investisseurs... Mieux même, ils avaient supprimé l'impôt de bourse en 2008, pour « faire de Paris une grande plate forme boursière concurrente de la City ». Aujourd'hui, il devient urgent de le rétablir, sans d'ailleurs instaurer une vraie taxe « TOBIN » !

  • - La Banque publique d'investissement, qui est un piliers de nos propositions en matière de réindustrialisation, ils nous disaient que cela existait un peu, que l'Etat devait laisser les banques privées faire leur métier... Tout à coup, c'est une idée tellement bonne que cela doit se faire toutes affaires cessantes, qu'un premier Milliard y sera consacré, et qu'Oséo, la Caisse des Dépôts, le Fonds stratégique d'investissement, l'Agence de Participations de l'Etat, c'est effectivement un peu court si l'on veut investir dans l'industrie pour ne pas devenir un pays sans entreprises.

  • - Le droit du travail et les 35 heures, bouc-émissaire depuis si longtemps de tous les désastres industriels d'après la droite, avaient été écornées, rognées, détricotées... Mais le Président a toujours dit qu'il ne les supprimerait pas. Tout à coup, la démarche dite d'accords de compétitivité, devient urgente et les accords locaux pourront piétiner les droits sociaux, comme si le « Conti » et autres salariés avaient eu le choix entre l'abandon de leurs droits légitimes et la disparition de leur entreprise!

 

En réalité, ces subites conversions philosophico-politiques, sont les derniers gages donnés à ses amis par un Président asservi au monde de la finance et de la macro-économie. En plus il s'agit là d'une véritable opération électoraliste : faire voter en février, dans la précipitation, des mesures applicables après les élections qui proposeront aux français d'arbitrer des choix économiques et fiscaux majeurs.

 

Sur les questions européennes, c'est du même ordre : céder aux pressions allemandes en adoptant sans ratification nationale des mesures qui ne préfigurent que de l'austérité sans croissance, c'est laisser les électeurs hors du jeu. Il est vrai que Madame Merkel a promis de soutenir le candidat Sarkozy dans ses meetings de campagne.

 

Comme si la chancelière allemande devenue Présidente de l'Europe pouvait sauver un président français devenu chancelant en Europe !

 

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Dautréaux 01/02/2012 21:49


Bonjour Christian .


Je viens de lire sur l'Est Républicain que dorénavent les employeurs ne seront plus obligés de faire une demande administrative auprès de la direction départementale du travail pour mettre en
place le chômage partiel . On reviens en courant vers l 'époque de Germinal . Encore un cadeau au medef et du mépris pour les salariés .Il ne faut pas oublier qu'une période régulière de chômage
partiel peut avoir  un impact sur les départs en retraite , car les périodes non travailées , si elles sont longues et c'est ce qui arrivera seront considérées validées mais non cotisées .Du
coup , suivant la longueur de ces périodes de chômage si les points annuels pour 4 trimestres ne sont pas atteints , le salarié devra rajouter les trimestres manquands pour pouvoir faire valoir
ses droits .Et si le patron use et abuse de ce cadeau , pourquoi se génerait-il ,ça peut faire pas mal de trimestres à travailler en plus et donc reculer une fois de plus l'âge de la retraite .


Avec mes amitiés  .Claude

Christian Eckert 01/02/2012 21:54



Bonne remarque, je n'y avais pas pensé !



Michael 01/02/2012 21:29


Dernieres "certouches"? Cartouches vous voulez dire? on aura compris


Sur les salaires, M Hollande semble bien muet si je ne me trompe?


Quelque chose me trotte dans la tête, je ne sais même pas si c'est faisable ou pas, mais ne peut on pas faire comme cela:


 


Faire payer aux patrons qui payent leurs employés 9euros22 de l'heure autant de charges que si ils les payaient 15euros et a ceux qui payent leurs employé 10.5 autant de charges que si ils les
payaient 9euros22?


L'argent "perdu" sera rattrappé par la consomation, non?


Ca peut paraitre trop facile comme ca mais pourquoi pas