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Blog de Christian Eckert

Budget 2014 : des principes de vérité...

27 Août 2013 , Rédigé par Christian Eckert

Les vacances sont bel et bien finies. De retour à Paris dès ce mardi, j'aurai durant cette semaine plusieurs entretiens avec différents membres du Gouvernement, dont le Premier Ministre, pour échanger sur les grandes lignes du Projet de Budget pour 2014.

 

Les choses se dessinent progressivement, et les journalistes s'empressent de faire des annonces, alors même que bien des choix restent encore à trancher. La discussion parlementaire permettra aussi des modifications, dès lors que le Gouvernement aura transmis son projet.

 

Deux grands sujets occupent l'actualité, plus quelques autres choix importants surlesquels il nous faudra faire preuve de pédagogie, de courage politique et d'un grand sens des responsabilités.

 

La réforme des retraites est un des points central. Peu disert sur ce sujet, je me donne encore quelques jours de partage et d'écoûte avant de donner ma position. D'ores et déjà, quelques grands principes reçoivent mon soutien : la vraie prise en compte de la pénibilité, l'égalité hommes-femmes, le maintien de l'âge légal du départ, la meilleure prise en compte des périodes d'apprentissage ou de temps partiel... Reste la question des choix de financement sur lesquels plusieurs options sont ouvertes.

 

Le second sujet essentiel est cette vision unilatérale qui consiste à ne regarder que les hausses de fiscalité, et à considérer que l'amélioration des comptes publics que nous avons déjà bien amorcée, ne serait dû qu'à des impôts nouveaux qui frapperaient aveuglément tous les français.

 

Tout d'abord ce serait faire fi des diminutions de dépenses de l'Etat et de ses opérateurs, qui ont été inédits tant dans leur ampleur que dans la méthode, et qui se poursuivront en 2014. La droite ne saurait nous donner de leçons sur ce point. Les déficits qu'elle a creusés en sont les preuves irréfutables.

 

Concernant la fiscalité proprement dite, on doit ici rappeler que des baisses de fiscalité ont d'ores et déjà été faites ou annoncées, dans un ampleur non négligeable :

 

- Le Crédit d'impôts compétitivité emploi (CICE) permet aux entreprises une diminution de charges de 20 Milliards d'Euros par an et a déjà permis de mesurer une baisse du coût du travail.

 

- La TVA verra ses taux modifiés, mais si deux d'entre-eux augmenteront en 2014, le taux des produits de consommation courante passera de 5,5% à 5%.

 

- Concernant cette même TVA, le taux sur les logements sociaux et leurs petites réparations sera ramené au taux minimum de 5%.

 

- L'imposition des plus values immobilières, que la droite avait fait très fortement augmentée en bloquant le marché de l'immobilier, sera réduite dès septembre de façon considérable.

 

- L'imposition des plus values mobilières, comme annoncé suite aux assises de l'entrepreneuriat, sera simplifiée et fortement allégée.

 

Certes, ceux qui ont des revenus supérieurs à 150 000 Euros par part atteindront marginalement un taux de 45%, et les gros revenus verront le bénéfice du quotient familial plus sévèrement plafonné... Mais ce n'est que justice car l'impôt doit tenir compte des facultés contributives de chacun. Le gel du barême de l'impôt ne touchera pas ceux qui n'en payent pas (la moitié des foyers) et ne touchera pas ceux dont les revenus sont inchangés. Les réductions de niches fiscales ne toucheront que ceux qui s'y engouffraient, et épargneront par nature les foyers "ordinaires".

 

En 2007, la Droite avait imprudemment voté une funeste loi TEPA, en additionnant cadeaux fiscaux, niches fiscales, allègements de l'ISF et boucliers tristement célèbres. Les déficits et la dette ont explosés. La crise lui a imposé de revenir - à reculons et tardivement - sur quelques unes de ces mesures.

 

La Gauche prend ses responsabilités, et concilie croissance et efforts dans un équilibre difficile. Ne pas le faire et reporter sur d'autres générations les difficultés du moment serait une faute.

 


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immobilier viager 06/09/2013 19:52


Pour renjoindre les commentaires, je dirai que l'Etat a pris une bonne initiative vis-à-vis des nouvelles reformes sur les plus-values immobilières. Mais, ce qui a gâché le lot ce sont les durées
d'attentes trop longues, comme celles de 22 ans pour être éxhonéré d'impôts.

alphonse 28/08/2013 10:41


Il y a quand même quelque chose à reprendre dans ce que racontait le chef des troupes CGT ce matin sur Frinter.


Dans les milliards prévus pour le CICE...on pourrait éviter d'en distribuer à certains secteurs qui n'en n'ont strictement pas besoin, comme les casinos et leurs machines à sous (j'espère quand
même que vous ne comptez pas là-dessus pour 1 point de croissance!!!)


Cet excédent de CICE inutile peut être chiffré à 50 milliatds, qu'il dit...


De quoi résoudre le finacement des retraites...jusqu'aux retour des socialistes en Allemagne (je crains en effet que la mutti Merkel ne leur gagne encore les élections cete fois-ci)


D'autant que vous voulez faire contribuer aussi la taxe carbone au CICE...!!


Bon sang, Mr le député, faites mettre un peut l'intelligence AVANT  les buldozers pour les effets d'annonce et les dépôts de projets au Parlement!


La taxe carbone ne doit pas être un bonbon à sucer pour les écolos!


Mais un élément d'amorçage de la nécessaire transition énergétique qui doit devenir l'axe essentiel de la politique des prochaines décennies, mais à commencer dès AVANT les municipales.


Pour moi, s'il y a un ministre qui tient ce gouverment sur ses deux jambes depuis plus d'un an, c'est est UNE: Cécile DUFLOT.


Qui sait aussi bien tenir ses troupes (sans avoir les pouvoirs régaliens que Hollande a enfin pour tenir à peu près les siennes) que tenir sa place et la ligne du gouvernement, même pour la
gauche!


Au milieu de la cacophonie durable, hélas, du PS.

seb 28/08/2013 10:21


Avant de songer à réformer les retraites ou/et à réduire notre l’endettement
public, peut être faudrait-il commencer par établir des diagnostics sérieux. Quand on voit la distance entre les prévisions fantaisistes des gouvernants et la réalité économique, on ne peut que
comprendre la lassitude des Français à être mis à contribution pour résoudre des problématiques qui ne peuvent l’être puisque les bases du raisonnement sont, en elles-mêmes, déficientes.


http://www.les-crises.fr/previsions-de-croissance/


 


Etablir un plan d’action ou des budgets en se basant sur des hypothèses
venant de comités indépendants (comme au Pays Bas) pourrait être une piste de réforme pour partir du bon pied. Il conviendrait également d’utiliser des scénarios prudentiels, ce qui éviterait la
multiplication des collectifs budgétaires.


 


Cette même lassitude ne peut que tourner à l’exaspération, quand ces mêmes
citoyens s’aperçoivent que les efforts qu’on leur demande, sont en faites dévoyés de leur fondement juridique (l’intérêt général) pour satisfaire quelques intérêts particuliers.


http://www.les-crises.fr/quand-l-europe-sauve/


 


S’il semble qu’il y ait eu un « tournant » avec l’affaire
chypriote, j’observe que la « solution » européenne consiste – encore et toujours – à faire participer le contribuable à hauteur de 5% (via le MES) et que les déposants sont taxés (à
8%) à la même enseigne, alors même que leur participation à la recapitalisation de la banque devrait être corrélée à connaissance des risques pris…Et le contribuable ne pas être entraîné dans
cette galère.  


http://www.rbnz.govt.nz/regulation_and_supervision/banks/policy/4368385.html


 


Des efforts oui…S’ils sont justifiés (a) et s’ils ne sont pas employés pour
d’autres causes (b).

Marquéro 27/08/2013 14:44


Il est tout à fait louable de vouloir diminuer les dépenses publiques et la plupart des concitoyens sont conscients de l'effort à faire au cours des prochaines années pour revenir à une situation
saine.


Concernant les retraites, la plupart des gens sont également d'accord pour dire que quelque chose doit être fait pour sauver le système. Doit-on travailler plus, cotiser plus ? Laissons les
"experts" en juger. Vous parlez de tenir compte de la pénibilité du travail, de l'égalité hommes-femmes mais un point que vous occultez est l'équilité public-privé.


Quelles que soientt les décisions prises, elle seront douloureuses pour les salariés qui verront sans doutes en 2014 des augmentations de cotisations et:ou de CSG et/ou d'impôts et éventuellement
apprendront qu'ils devront travailler plus longtemps.


Difficile dans ces conditions de garder le moral. Certes les plus modestes sont un peu épargnés (difficile de réclamer plus à quelqu'un qui n'a pas grand chose) mais encore une fois c'est la
tranche moyenne de la population va sentir le plus les effets de ces réformes sur sont porte monnaie. Les plus riches deront certes plus contribuer mais le ressenti sera indéniablement moindre.


Attention donc, à force de tirer surla corde....

luinel 27/08/2013 14:33


Monsieur le Député,


Je suis très largement d'accord avec le commentaire d"'Alphonse" et le propos rapporté de JL Bianco. La gauche a été élue pour réintroduire la justice dans ce pays. Et je ne vois pas en quoi la
diminution des taxes sur les plus-values (mibilières et immobilières) sont un sujet de gloire pour la gauche. La question n'est pas tant du niveau d'imposition (quant aux "dépenses publiques" il
n'y aucune honte à ce qu'elles soiernt les plus fortes en Europe car elles sont censées correspondre à des interventions utiles), mais la répratition de cette contribution (je ne parle pas de
charge...)