Tout le monde ne parle que de cela, comme si nous étions tous suspendus au fil des cotations des bourses du monde entier. De retour ce matin à Paris, j'entendais
les commentaires des "spécialistes", "experts", "gestionnaires", de ces miriades de produits financiers qui échappent à tout entendement. Achats d'options, titrisation, reventes de call, marchés
dérivés (bien nommés !), et autres fonds de fonds....
On marche sur la tête, avec de l'argent virtuel qui passe en une seconde d'un paradis fiscal à un autre....
Les économistes redécouvrent aujourd'hui l'Economie réelle, opposée à ce qu'ils n'osent pas nommer l'Economie virtuelle. La première a sans doute enfanté de la seconde, qui elle même plombe la
première. Comme quoi, à trop jouer avec le feu, on finit par se brûler.
La politique dans tout cela doit retrouver la raison.
Je me souviens du discours de notre marquise de ministre des finances qui, l'été dernier, larmoyait à la tribune de l'Assemblée sur les pauvres banquiers et traders obligés de prendre l'Eurostar
pour se livrer outre-manche à leur art préféré, et qui rêvait de faire de Paris une place financière digne du rang le la France !
Les voici tous renvoyés à plus d'humilité, comme si l'affaire Kerviel n'avait pas suffi à remettre un peu de réel dans ce monde virtuel où les requins de la finance finissent par
s'entredévorer.
Au delà de ces clichés, que certains jugeront faciles, je souhaite que chacun retrouve sa place. Que le pouvoir politique puisse se voir réhabilité, lui qui a laissé le pouvoir financier tout
régenter, par faiblesse parfois, par complaisance souvent.
Ces questions m'intéressent, et je pense sérieusement que l'actionnariat raisonné, des fonds souverains biens formatés, peuvent constituer dans notre économie moderne un levier stabilisateur et
répartiteur des fruits de la croissance.
Pour autant, la course effrénée aux rendements de court terme et l'absence de régulateur PUBLIC de ces mouvements financiers déconnectés de toute réalité économique et sociale auront de terribles
conséquences pour tout le monde. L'Europe pourrait là aussi y participer, encore faudrait-il remplacer le mot libéraliser par le mot réguler.
De toute façon, entre golden parachutes, bonus, stock-options et bouclier fiscal, certains semblent encore à l'abri tant que Madame Lagarde veille sur eux ! Tout juste changeront-ils leur Porsche
Cayenne un peu moins souvent, le temps que la bourrasque financière se calme.....
Pendant ce temps là, notre omniprésident et ses exécutants continuent leur travail de sape : Le salaire ne sera plus demain la contrepartie du travail. Le SMIC ne sera plus demain le niveau
minimal requis pour une vie décente. Pour se loger, se nourrir, se chauffer, se soigner, il faudra racheter ses RTT (por ceux qui en ont), faire des heures supplémentaires (si l'entreprise le
demande), débloquer sa participation (pour ceux qui en touchent), espérer recevoir de l'intéressement (si l'entreprise fait des profits), et compter sur la générosité de son employeur qui sera -
mesurez la portée de la formule - autorisé à vous verser jusqu'à 200 euros par an pour que vous puissiez vous rendre au boulot !
A force d'imagination, on en oublierait presque de penser à revaloriser les salaires !!!!!
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