Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Blog de Christian Eckert

Voisin du Luxembourg, une chance pour notre territoire !

3 Avril 2017 , Rédigé par Christian Eckert

Etre voisin du Luxembourg est un atout majeur pour notre territoire !

La Lorraine voit chaque jour près de 90 000 de ses habitants franchir la frontière pour travailler au Grand Duché de Luxembourg. Dans notre circonscription, plus d’un actif sur deux est un travailleur frontalier, très majoritairement au Luxembourg, même si nous avons déjà par le passé travaillé sur le dossier des frontaliers belges que je connais aussi.

 

Ce phénomène n’est pas nouveau, il s’amplifie avec le temps, même si certains annoncent périodiquement sa fin programmée.

 

Les explications en sont multiples : la prospérité du Luxembourg - c’est le pays du monde qui possède le plus fort PIB par habitant - trouve ses racines dans l’industrie minière et sidérurgique. Celle-ci reste présente mais est devenue sinon marginale, du moins résiduelle.

 

La présence de multiples institutions européennes - que le Brexit pourrait accentuer - est aussi une source d’activités très importante.

 

Mais le secteur financier est sans aucun doute aujourd’hui de loin le premier moteur de l’économie grand-ducale, autour des banques, des cabinets d’audit, des assurances, des fonds d’investissements… Le Luxembourg accueille aussi beaucoup de sièges sociaux de multinationales.

 

Le secret bancaire, la fiscalité « attrayante », les « tax-rullings » ont évidemment été à l’origine de l’exceptionnel essor de ces activités au Grand-Duché. Progressivement, certains diront trop lentement, le Grand Duché se rallie aux standards de l’OCDE, à la fin du secret bancaire, aux échanges automatiques d’informations entre administrations fiscales... Quel que soit le jugement moral et politique que l’on peut porter sur ces pratiques, le fait est là : le Luxembourg est durablement et de loin le premier employeur de notre circonscription !

 

La forte demande en emplois du Luxembourg a pour notre Pays-Haut d’énormes avantages mais provoque aussi quelques « effets secondaires » qui méritent des analyses et des réponses.

 

Le travail frontalier est une chance pour notre territoire :

 

  • - Il donne de l’emploi, et donc de la dignité à des femmes et des hommes qui, sinon, seraient socialement en situation d’exclusion.

  • - Il permet à des personnes d’avoir des salaires (souvent supérieurs aux salaires français) et ces revenus sont en grande partie dépensés en France, soutenant ainsi l’artisanat, le commerce et l’activité locale. Il génère entre autres des recettes de TVA en France.

  • - Il permet la croissance démographique dans les zones frontalières (les rares zones de Lorraine à gagner en population). En conséquence, les écoles et les services publics sont confortés, tout comme le marché de l’immobilier incluant les constructions neuves et la réhabilitation de l’habitat ancien.

     

    Le travail frontalier induit des difficultés :

     

  • - Il engendre des flux quotidiens qui saturent les axes routiers et que les transports collectifs peinent à accompagner. Les voies de chemins de fer ont été construites à une époque où on transportait du minerai de fer (voies uniques, sinueuses, à vitesse réduite…). Le réseau routier doit composer avec une urbanisation conçue quand on travaillait sur place…

  • - Il aspire la main d’œuvre qualifiée : une fois formés en France, les actifs trouvent au Luxembourg des situations (salaires et prestations familiales) qui les encouragent à passer la frontière. Les compétences quittent notre territoire national plus vite que la main d’œuvre non qualifiée.

  • - Il amplifie en France les inégalités sociales entre les habitants : pour un emploi comparable, un couple de travailleurs frontaliers a des revenus bien plus élevés que son équivalent actif en France. Il faut donc en France, dans des mêmes villes, proposer des logements, des prestations, des services différenciés suivant l’origine de la demande.

 

Certains candidats ou partis politiques préconisent la fin de l’ouverture des frontières consécutive aux accords européens ! Qui peut dans notre circonscription, imaginer un seul instant ce type de décision ? Il est important que chacune et chacun veille à intégrer lors de son vote la position de chacun des candidats et du mouvement qu’ils représentent.

 

Pour autant, les différences structurelles entre la France et le Luxembourg, en matière de droit du travail, de droit fiscal, de contributions sociales, justifient un travail de fond, tant dans les relations franco-luxembourgeoises que respectivement dans chacun de nos pays : impôts (pour les particuliers comme pour les entreprises), allocations familiales, constitutions des retraites, remboursements des soins, allocations chômage, aides à la garde des enfants, prise en charge de la dépendance… Autant de sujets qui s’ajoutent à la difficile question de la mobilité !

 

Bien sûr l’idéal consisterait à une harmonisation des règles entre pays voisins. Ce n’est pas renoncer à cette belle ambition que d’affirmer que l’expérience et le réalisme conduisent à constater que ce n’est pas pour tout de suite.

 

Pour autant, ma détermination à avancer sur ces questions, avec réalisme, pragmatisme et toujours sur des projets concrets est totale.

 

Ayant rencontré et travaillé avec de nombreux responsables luxembourgeois à tous les niveaux, je connais leur incontestable volonté de coopération comme leur ferme attachement à conserver leur spécificité.

 

Je sais aussi que le besoin de main d’œuvre au Luxembourg pourrait se reporter sur d’autres pays si nous n’arrivions pas à trouver sereinement avec lui les voies du dialogue.

 

Nul doute que la relation transfrontalière prendra une large place dans la campagne législative qui s’engage.

 

Pour ma part, j’y suis prêt

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :