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Blog de Christian Eckert

Voter, c'est choisir des valeurs !

19 Mars 2015 , Rédigé par Christian Eckert

Dimanche, il y aura des élections départementales. Comme souvent, le débat est animé pour savoir si ces élections conservent un caractère local ou si elles constituent un test pour ou contre le Gouvernement.

Pour ma part, peu m’importe. Mon parti est en situation de gouverner la France comme la Meurthe-et-Moselle. De plus, ma conception de la démocratie - et cela n’a rien d’original – me fait considérer que toutes les élections sont importantes. En se présentant comme candidat, ou pour le moins en exprimant son avis par un vote, chaque citoyen acquiert le droit à la critique, dans le sens large du mot. Ignorer voire mépriser les élections, quelle que soit leur nature, est une façon de nier son appartenance à une communauté humaine et condamne au silence.

Les résultats des élections précédentes, les sondages même avec les réserves d’usage, les rencontres et le dialogue avec les habitants, montrent un vrai risque d’installation durable du Front National dans notre paysage politique. Si par le passé le vote Frontiste a souvent été la conséquence d’un rejet des forces politiques en place, on constate aujourd’hui un vote d’adhésion plus profond et à vrai dire plus inquiétant. Nul ne peut contester les thèses d’exclusion développées par ce parti. Il suffit d’écouter les propos des candidats ou des leaders, pour remarquer que les discours flattent les plus bas instincts : exclusion, rejet de l’autre, populisme, nationalisme exacerbé…. Le plus choquant est que ces sentiments, contre-lesquels chacune et chacun a pu lutter, sont aujourd’hui exprimés ouvertement. Comme si l’histoire n’était pas une leçon. Comme si la terre industrielle de Lorraine n’avait pas été une terre d’accueil et d’intégration. Comme si, j’ose le dire, l’éducation chrétienne de beaucoup avait été vaine. Comme si la dureté de certains moments de nos vie n’exigeait pas la solidarité naturelle entre des êtres humains que chacun considère être nés libres et égaux en droit.

Pour ces raisons, Manuel Vals a eu raison de mettre le débat sur ce terrain, car ce sera la principale lecture des résultats de l’élection.

Résister à ces tentations de repli sur soi, c’est aussi être courageux et assumer des principes forts :

La solidarité en premier. La société est d’abord fondée sur les solidarités qu’elle permet. Chômage, maladie, handicap, difficultés à se loger, charges familiales, pauvreté, retraite sont autant de thématiques que notre modèle social forgé au fil de notre histoire aide à affronter. Plutôt que de s’indigner des abus très minoritaires - et qu’il convient d’éliminer - pourquoi ne pas se réjouir que dans notre pays, les aides existantes facilitent la gestion des situations difficiles. Les prestations sociales sont toujours considérées comme un droit quand elles bénéficient à nous même, à notre entourage familial ou à nos amis. On les estime même insuffisantes. A l’inverse, on parle volontiers d’assistanat lorsqu’elles s’adressent à des gens qui, sans qu’ils ne l’aient choisi, sont différents de nous.

Le respect ensuite. Liberté de croire ou de ne pas croire. Liberté de pratiquer ou de ne pas le faire. Liberté d’expression qu’elle soit politique, syndicale ou religieuse. Notre qualité d’être humain nous fait prendre conscience de la richesse qu’apporte notre diversité. Les croisements d’espèces, en agriculture, donnent souvent les plus belles plantes ! L’homme ne se distingue-t-il pas de l’animal par sa capacité à accepter les différences ? L’étude des civilisations montre que chacune d’entre-elles apporte son lot de richesses. Le respect des différences est sûrement un autre pilier de nos sociétés.

La justice enfin. Elle peut prendre un sens différent pour chacun de nous. Notre constitution prévoit que les contributions de chacun aux charges publiques doivent tenir compte de leur capacité contributive. Cela a conduit notre majorité à accentuer la progressivité de l’impôt. Assumer que les moins favorisés puissent échapper à l’impôt sur le revenu en s’appuyant sur celui des autres, c’est bien une valeur de gauche. La difficulté commence lorsque tous revendiquent leur appartenance à la classe défavorisée…

Sortir de l’Euro et faire ainsi exploser la dette, renoncer à la politique agricole commune qui soutient l’agriculture, mettre fin à la protection sociale, c’est le programme du FN.

La droite n’a ni projet national, ni projet départemental.

Dans un environnement difficile, les socialistes sont attachés à des valeurs. Ils ne cherchent pas la facilité, et refusent la démagogie.

Chacun a une voix. Chacun peut l’utiliser. Après, il sera trop tard.

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courant 20/03/2015 10:52

Monsieur le Ministre, les gens de gauche ne voteront pas pour les socio-traitres. Nous n'avions pas élu FH à la présidence pour la politique que mène ce gouvernement, la droite le faisait très bien. Donc pas de quartier ! Vive Siriza, Podemos et autres Gauche radicale (c'est-à-dire la gauche porteuse d'espoir, de lutte et non de renoncement).