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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 14:45

Membre du Gouvernement, j'ai fait le choix de m'exprimer assez peu, et encore moins sur ce blog. Lorsque je le fais, je le fais toujours moi-même. Cela me prend du temps, ce dernier m'étant depuis avril 2014 assez rare....

Cela peut néanmoins être utile, voire nécessaire, pour redresser quelques contrevérités. Le silence pourrait passer pour de la validation voire de l'approbation, à ce qui peut être dit ou écrit ici ou là. Mais il est des limites que je ne laisserai pas franchir sans réaction.

Hier vendredi, Michel Sapin, le Ministre dont je suis le Secrétaire d'Etat, me tend le journal "Libération" et me dit avec un sourire complice : "Alors, Christian, tu me caches des choses ?"

Craignant d'avoir gaffé en dévoilant un secret d'Etat, je me penche avec angoisse sur la page 4 dudit journal et prend connaissance d'un article destiné à minimiser (voire ridiculiser) par avance, les annonces que le Premier Ministre doit faire l'après-midi même, sur les mesures destinées à relancer les politiques sociales, éducatives et d'aménagement des quartiers suite aux événements de janvier.

Les deux journalistes, pour prouver la fiabilité de leurs informations portant sur des annonces intervenant bien plus tard que la parution de leur papier, font référence à des arbitrages rendus à Matignon mercredi soir, lors d'un dîner où les ministres initialement concernés se seraient retrouvés ensuite consternés en voyant débarquer Michel Sapin et Christian Eckert, les Ministres de Bercy, histoire de leur faire comprendre que la disette, rigueur ou austérité budgétaire - chacun choisira -, réduirait à peau de chagrin leurs demandes de moyens supplémentaires....

Il se trouve que ce mercredi là, à l'heure où ces journalistes me décrivent en gardien impitoyable des cordons d'une bourse aussi plate que notre cœur serait sec, j'étais dans un TGV qui me ramenait de Nantes après une demi journée de travail sur le RSI et la politique immobilière de l'Etat.

Michel Sapin, lui, luttait à sa façon ! Pas contre nos collègues aux velléités dispendieuses qui tentaient de soutirer des subsides à ces pingres Ministres de Bercy, mais contre un mélange de grippe et d'angine ! Tant pis je cafte : il était au lit avec une grosse tisane et beaucoup de médicaments. Pour l'avoir côtoyé la semaine durant, certes en respectant une distance de sécurité, j'atteste sur l'honneur de l'effet continu des microbes ou virus qui justifiait pleinement son choix (contraint) de garder la chambre mercredi soir !

Michel Sapin et moi avons ri d'abord, mais j'ai suggéré à mon attachée de presse de demander quelques explications... Elle m'a dit que le journal était embarrassé, ne comprenait pas... qu'ils cherchaient un moyen de corriger les choses... J'attends toujours ou plutôt je n'attends rien... Ce n'est pas la première fois.

Ceci pour dire avec autant d'humour que de colère, que la Presse n'est pas toujours rigoureuse. Le constater sur ce type de fait ne saurait constituer un manque de respect ou une remise en cause de son indépendance. Chez moi, c'est un principe.

La difficulté, c'est que nos concitoyens ont cru ce qu'ils ont lu, en vertu du vieil adage : "C'est dans le journal, donc c'est vrai !"

Vérifier les faits, surtout lorsqu'on prétend leur donner un sens politique, c'est une règle que les vrais journalistes connaissent et pratiquent.

Le Premier Ministre a annoncé les mesures dans l'après-midi, en présence des Ministres rassurés par l'absence prolongée des deux "poches-cousues" de Bercy.

Tant pis je re-cafte : Michel Sapin et moi n'avons pas été sommés de ne pas venir pour donner raison aux deux plumitifs de "Libération". Nous accompagnions, comme prévu depuis quelque temps, le Président de la République au Grand Duché de Luxembourg. N'y avait-t-il pas là aussi matière à travailler sur quelques sujets concernant la fiscalité, le secret bancaire, l'échange automatique d'informations, la lutte contre l'optimisation fiscale agressive des entreprises ?

Ces questions ont fait l'objet de nombreux échanges, sans excès mais sans concession tout au long de la journée.

Ce qui n'a d'ailleurs pas empêché un journaliste commentant cette visite de considérer que le Président avait soigneusement éludé ces sujets... Sans doute que ce journaliste considère que 12 heures passées en Luxembourg pouvaient gommer d'un coup des années de pratiques. J'ai mesuré les évolutions déjà intervenues. J'ai entendu les engagements pris et les calendriers annoncés. A nous d'en être les garants, quitte à (re)mettre (collectivement) la pression si nécessaire.

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Published by Christian Eckert
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commentaires

Pascal 14/03/2015 16:37

Si la presse se met à la téléréalité, il va falloir faire de la spéléo pour avoir une information fiable. Merci pour ce retour sur le blog !

olivier de vergnies 09/03/2015 22:36

Merci pour cet article .

electricien paris 08/03/2015 23:24

J'apprécie votre blog, n'hésitez pas a visiter le mien.
Cordialement

Spaeter 07/03/2015 20:02

Ont vous donne toutes notre confiance monsieur Eckert.